Héctor Alterio fut un grand nom de la scène en Argentine et en Espagne. Au cinéma, il a été dirigé par Leopoldo Torre Nilsson, Carlos Saura, Luis Puenzo…
De la scène argentine à l’exil en Espagne
Acteur argentin, Héctor Alterio débute à la scène en 1948. Sa carrière théâtrale est importante, de la fondation de la compagnie Nuevo Teatro (1950) qui redonne un souffle à la scène dans son pays natal, à des spectacles autobiographiques montés en fin de parcours. Il aborde le cinéma par le court métrage en 1959, avant de jouer dans un premier long en 1966. On le voit notamment dans des films de Leopoldo Torre Nilsson avec El santo de la espada (1970), La maffia (1972) et Los siete locos (1973). Il est tête d’affiche de La tregua (1974) de Sergio Renán, nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère ; et de La Patagonia rebelde (1974) de Héctor Olivera (Ours d’argent à Berlin).
Exilé en Espagne (qui lui donnera sa deuxième nationalité) pendant la dictature argentine, Héctor Alterio y est dirigé par Carlos Saura dans Cría cuervos (1976) et Antonieta (1982). Il ne néglige pas le cinéma de genre avec Le voyeur (1977) de José Ramón Larraz. Son rôle d’homosexuel dans A un Dios desconocido (1977) de Jaime Chávarri lui vaut le prix d’interprétation au Festival de San Sebastián. Il est également remarquable dans Le crime de Cuenca (1980) de Pilar Miró et El nido (1980) de Jaime de Armiñán.
Héctor Alterio, une carrière d’une belle longévité
La fin de la dictature lui permet d’envisager à nouveau des tournages en Argentine. Il joue alors pour María Luisa Bemberg dans Camila (1984, nommé à l’Oscar du film étranger) et Yo, la peor de todas (1990). Son rôle le plus important reste toutefois celui du mari sans scrupules de Norma Aleandro dans L’histoire officielle (1985, Oscar du meilleur film étranger) de Luis Puenzo, qui relate un trafic d’enfants réalisé par le pouvoir totalitaire argentin.
Désormais partagé entre l’Argentine et l’Espagne, alternant premiers et seconds rôles, Héctor Alterio est vu dans des films aussi divers que La chair et le sang (1988) de Paul Verhoeven, Cenizas del paraíso (1997) de Marcelo Piñeyro, Le fils de la mariée (2001) de Juan José Campanella et Loco 33 (2002) de Diego Arsuaga. En 2004, il reçoit un Goya d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Il continue ensuite de jouer, notamment dans Un poco de chocolate (2008) d’Aitzol Aramaio, Intruders (2011) de Juan Carlos Fresnadillo et La consecuencias (2021) de Claudia Pinto, son dernier film. Héctor Alterio est décédé le 13 décembre 2025 à l’âge de 96 ans.