Réalisateur, directeur de la photographie et scénariste autrichien, Gustav Ucicky est né en 1899 à Vienne. Il est l’un des fils illégitime du peintre Gustav Klimt, puisque sa mère fut la domestique, puis modèle du grand artiste, connu pour ses frasques.
Un brillant directeur de la photographie
Le jeune Gustav Ucicky entame une formation militaire, avant de se réorienter vers le cinéma naissant pour lequel il devient assistant. Dès 1919, il franchit avec succès les étapes et devient l’un des meilleurs directeurs de la photographie de Vienne. Ainsi, il dirige la photographie de longs métrages importants comme Le sixième commandement (Douglas Sirk, 1922), L’enfant dans la tourmente (Douglas Sirk, 1923), L’Esclave Reine (Michael Curtiz, 1924).
Après la faillite des studios viennois, Gustav Ucicky choisit de quitter l’Autriche pour venir s’installer en Allemagne. Là, il prend du galon et devient très rapidement réalisateur. Ainsi, il fait tourner Marlene Dietrich dans Trois nuits d’amour (1927), puis entame une riche collaboration avec l’acteur Heinrich George sur Le Forçat de Stamboul (1929).
Grâce à des œuvres résolument commerciales, il trouve le succès à plusieurs reprises et se lance même avec bonheur dans le cinéma parlant qu’il est un des premiers à maîtriser en Allemagne. On compte parmi ses réussites Hokuspokus (1930) et Yorck (1931). Pourtant, au moment de l’ascension du Troisième Reich, Gustav Ucicky se lie avec le nazi convaincu Gerhard Menzel qui devient son scénariste attitré. Ainsi débute la carrière du cinéaste sous l’égide du Parti Nazi.
Un des cinéastes du Troisième Reich
Il tourne notamment L’aube (1933) qui est l’un des premiers films officiels du nouveau régime, salué par la présence d’Adolf Hitler lors de la première du film. Ensuite, Goebbels lui confie d’importants budgets pour signer des œuvres de propagande qui ne soient pas trop orientées. Ainsi, il signe un Jeanne d’Arc (1935) caricatural mais qui possède quelques bons moments. Le film fut toutefois un échec commercial. Il retrouve le succès avec les drames Savoy-Hotel (1936) et Une mère (1939). Toutefois, son meilleur film de cette période est une adaptation de Pouchkine qui s’intitule Le maître de poste (1940), toujours avec Heinrich George. Durant la guerre, il continue à œuvrer pour le régime dans le film patriotique et ose même tourner Retour au pays (Heimkehr) (1941), film qui justifie a posteriori l’invasion de la Pologne.
Une fin de carrière peu enthousiasmante
Cela lui vaut un arrêt de ses activités lors de la défaite de 1945. Toutefois, revenu à Vienne, le cinéaste va pouvoir revenir sur les plateaux de tournage. Il parvient même à obtenir quelques succès commerciaux avec Après la tourmente (1948) ou encore Die Hexe (1954). Durant cette deuxième période, il réalise essentiellement des drames qui sentent bon la naphtaline et qui ont du mal à passer le cap des années.
Finalement, Gustav Ucicky décède d’une crise cardiaque en 1961 à Hambourg alors qu’il n’avait que 61 ans. Son nom demeure attaché à l’une des pires périodes de l’histoire du 20ème siècle et sa complaisance envers le régime nazi entachera à jamais son nom du sceau de l’infamie.