Acteur, réalisateur et producteur allemand, Gustaf Gründgens est né en 1899 à Düsseldorf. Très jeune, il se passionne pour le théâtre et devient acteur dès 1918. Grâce à son succès de scène, il peut même tâter de la mise en scène théâtrale dès 1924.
Un grand nom du théâtre…
Cette belle notoriété acquise sur les scènes germaniques lui permet d’être sollicité par le cinéma, notamment à l’arrivée du parlant où l’on cherchait à attirer des sommités du théâtre.
On le voit notamment dans la comédie policière à succès Hokuspokus (Gustav Ucicky, 1930). En 1931, il incarne un saisissant Robespierre dans Danton (Hans Behrendt, 1931), puis devient chef de la pègre pour Fritz Lang dans son chef d’œuvre M le maudit (1931). On le revoit dans Yorck (Gustav Ucicky, 1931), mais aussi dans Liebelei (Max Ophüls, 1933).
… qui se compromet avec le régime nazi
C’est durant l’année 1933 que l’ambitieux comédien passe à la réalisation avec Eine Stadt steht kopf (1933) où il adapte Gogol. Malheureusement, l’année 1933 est aussi celle de l’accession au pouvoir du Parti Nazi qui va lui dérouler le tapis rouge.
Gustaf Gründgens, visiblement sensible aux honneurs, accepte de devenir le directeur du Théâtre d’Etat de Berlin et commence à tourner dans des films de la UFA sous le contrôle de Goebbels. Il réalise la comédie Die Finanzen des Großherzogs (1934), puis il incarne Charles VII dans Jeanne d’Arc (Gustav Ucicky, 1935) où son personnage fait largement penser à Joseph Goebbels. Ensuite, il met en scène Cabrioles (1937) et La chair est faible (1939) qui sont surtout des divertissements plutôt inoffensifs.
Retour au théâtre après la guerre
En tant qu’acteur, on le revoit dans Le président Krüger (Hans Steinhoff, Karl Anton, Herbert Maisch, 1941). N’ayant pas toujours su éviter les compromissions, Gustaf Gründgens quitte le monde du cinéma pour la scène après la Seconde Guerre mondiale. Il revient au grand écran en 1960 avec une nouvelle version de Faust qu’il coréalise avec Peter Gorski qui est son fils adoptif. Il y incarne le rôle de Méphistophélès. Un moyen de faire amende honorable par rapport à son passé ? En tout cas, la même année, il est aussi présent à l’écran dans Le verre d’eau (Helmut Käutner, 1960).
Gustaf Gründgens décède peu de temps après, en 1963, alors qu’il était à Manille aux Philippines. Il aurait succombé à une hémorragie interne durant sa 63ème année.