Actrice et productrice chinoise puis singapourienne, Gong Li est née en 1965 à Shenyang, en Chine. Elle a grandi à Jinan et souhaite rapidement devenir comédienne. Pour cela, elle intègre l’Académie centrale d’art dramatique de Pékin en 1985 et va poursuivre ses études jusqu’à obtenir son diplôme en 1989.
La star chinoise de la contestation du régime communiste
Pourtant, elle n’a pas encore fini ses études lorsqu’elle est repérée par le cinéaste de la Cinquième génération Zhang Yimou qui lui propose le rôle principal dans Le Sorgho rouge (1988), un véritable bijou gagnant l’Ours d’or à Berlin. Dès lors, elle va connaître une relation amoureuse avec le réalisateur qui va faire d’elle une star mondiale et une icone de la contestation en Chine. Ensuite, on la retrouve dans Opération Jaguar (Zhang Yimou, 1989), mais surtout Ju Dou, le sang du père (Zhang Yimou, 1990) et le chef d’œuvre Epouses et concubines (1991) qui remporte le Lion d’argent à Venise et réunit 436 117 spectateurs français en salles, alors un record pour une œuvre d’origine chinoise.
Le couple continue sa brillante collaboration avec Qiu Ju, une femme chinoise (1992) qui gagne le Lion d’or à Venise et offre à la comédienne un prix d’interprétation. Désormais, Gong Li est considérée comme une grande star internationale et elle confirme ce statut en jouant dans Adieu ma concubine (Chen Kaige, 1993) qui, cette fois, rafle la Palme d’or au Festival de Cannes. Il faut dire que ce corpus de films est tout à fait exceptionnel, ce que confirme encore le mélo Vivre ! (Zhang Yimou, 1994). Toutefois, le couple qu’elle forme avec le réalisateur se délite et ils ratent leur film suivant, le décevant Shanghai Triad (1995).
La star se mondialise
Ainsi s’achève un cycle pour la comédienne devenue une star mondiale et une égérie de la marque L’Oréal depuis 1996. On la retrouve ensuite en vedette de Temptress Moon (Chen Kaige, 1996) qui reste inédit dans nos salles, puis dans Chinese Box (Wayne Wang, 1997) où elle donne la réplique à Jeremy Irons. On préférera retenir de cette période L’Empereur et l’assassin (Chen Kaige, 1998) ou encore le mélodrame Plus fort que le silence (Sun Zhou, 2000).
Toutefois, durant les années 2000, Gong Li sélectionne davantage ses films et n’apparaît plus que dans des œuvres de prestige comme 2046 (Wong Kai-Wai, 2004), le film à sketchs Eros (Michelangelo Antonioni, Wong Kar-Wai et Steven Soderbergh, 2004). Un temps, elle se fourvoie à Hollywood avec deux films peu enthousiasmants comme Mémoires d’une geisha (Rob Marshall, 2005) et Miami Vice : Deux Flics à Miami (Michael Mann, 2006). On retrouve Gong Li comme on l’aime dans un nouveau chef d’œuvre tragique tourné en Chine, à savoir La Cité interdite (Zhang Yimou, 2006). Enfin que dire de sa participation inutile à Hannibal Lecter : Les Origines du mal (Peter Webber, 2007).
Une star devenue quasiment invisible au cinéma
A cette époque, Gong Li fait une pause et renie sa nationalité chinoise, prenant désormais la nationalité singapourienne. Ce n’est qu’en 2014 qu’elle retrouve une fois de plus Zhang Yimou pour Coming Home. Mais la fameuse alchimie d’autrefois a disparu et le cinéma chinois est désormais fermement tenu par le pouvoir en place. Dès lors, la comédienne ne tourne quasiment plus, ou seulement dans des productions internationales ratées comme le désastreux Mulan (Niki Caro, 2020).
En couple avec le musicien Jean-Michel Jarre depuis 2019, Gong Li n’a pas mis les pieds sur un plateau depuis 2020 et aucun projet ne semble à l’ordre du jour. Elle a en tout cas le grand mérite de ne jamais s’être compromise avec le régime chinois.