Émile Breton est né à Alès en 1929. Il adhère au Parti communiste français en 1947 et devient journaliste à La Voix de la Patrie, journal communiste de Montpellier, puis au quotidien régional La Marseillaise. C’est dans la revue provençale Contre-champ qu’il publie ses premières critiques de cinéma, avant d’intégrer en 1971 la revue intellectuelle communiste La Nouvelle Critique, dont il devient un membre influent jusqu’à la disparition de ce titre de presse en 1980. Il écrira ensuite à Révolution, Futur, et L’Humanité dans les années 2000.
Distant vis-à-vis du dogme officiel des communistes, Émile Breton a pu défendre des réalisateurs soviétiques dissidents, notamment aux « Semaines du Cinéma », proposées par le Festival d’Avignon, dès 1973 ou aux « Quinzaines du Cinéma Soviétique à Beaubourg » dans les années 80, contribuant à faire découvrir Paradjanov ou Iosseliani.
On doit aussi à Émile Breton plusieurs ouvrages de cinéma dont Femmes d’images (Messidor, 1987), Miklós Jancsó. Une histoire hongroise (Yellow No, 2015) et Luce Vigo : conversations (Yellow Now, 2019).
Les jeunes cinéphiles des années 80 et 90 ont par ailleurs découvert ses mises à jour successives du Dictionnaire des cinéastes et du Dictionnaire des films de Georges Sadoul (éditions du Seuil), dans lesquels il rectifiait certaines erreurs de jugement de son prédécesseur, avec une réhabilitation de Samuel Fuller, Douglas Sirk et Jacques Tourneur.
Émile Breton est décédé en 2024 à l’âge de 95 ans.