Actrice, chanteuse, réalisatrice et productrice espagnole, Ana Belén (de son vrai nom María del Pilar Cuesta Acosta) est née en 1951 à Madrid. La jeune fille d’origine modeste souhaite étudier l’art dramatique et commence à se produire sur scène dès l’adolescence. Elle est rapidement repérée par les producteurs de cinéma qui l’emploient en vedette dans le film Zampo y yo (Luis Lucia, 1966), une comédie musicale inoffensive typique du cinéma franquiste. Dès lors, la jeune actrice va multiplier ses apparitions à la télévision dans des rôles d’ado pure et sensible. On peut l’admirer dans toute sa jeunesse dans le film Des Espagnoles à Paris (Roberto Bodegas, 1971).
Alors qu’elle tourne Morbo (Gonzalo Suárez, 1972), elle fait la rencontre de Víctor Manuel et les deux amants vont rapidement se marier. Comme Víctor Manuel est également musicien et chanteur, il pousse sa femme à passer à la chanson. Avec son aide, Ana Belén devient une véritable star de la chanson en Espagne, publiant de nombreux albums, à raison d’une galette par an jusqu’en 2019. Ce qui fait une sacrée discographie.
Parallèlement, elle continue une carrière au cinéma, mais en acceptant des films de plus en plus engagés et audacieux. Ainsi, on a pu la voir dans Tormento (Pedro Olea, 1974), La petición (Pilar Miró, 1976) et surtout La Créature (Eloy de la Iglesia, 1977) où elle ose jouer le rôle d’une femme qui tombe amoureuse de son chien. Si elle se consacre essentiellement à sa carrière de chanteuse, on a pu l’admirer à nouveau dans Démons dans le jardin (Manuel Gutiérrez Aragón, 1982), La ruche (Mario Camus, 1982), Sois infidèle avec le premier venu (Fernando Trueba, 1985) et La casa de Bernarda Alba (Mario Camus, 1987).
En 1991, Ana Belén passe même derrière la caméra pour un unique long métrage de fiction intitulé Cómo ser mujer y no morir en el intento (1991) avec en vedette Carmen Maura. En tant que simple actrice, elle se signale par la comédie L’amour nuit gravement à la santé (Manuel Gómez Pereira, 1996), La reine d’Espagne (Fernando Trueba, 2016) ou encore Islas (Marina Seresesky, 2025). Assurément une grande dame du divertissement espagnol, doublé d’une militante féministe très engagée.