Intraçable : la critique du film (2008)

Thriller, Epouvante, Horreur | 1h40min
Note de la rédaction :
4.5/10
4.5
Intraçable de Gregory Hoblit, affiche

  • Réalisateur : Gregory Hoblit
  • Acteurs : Diane Lane, Billy Burke, Colin Hanks, Joseph Cross, Mary Beth Hurt
  • Date de sortie: 05 Mar 2025
  • Année de production : 2008
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Untraceable
  • Titres alternatifs : Introuvable (Québec), Thanasimos episkeptis (Grèce), Непроследим (Bulgarie), Crime online (Roumanie), Sin rastros (Mexique, Venezuela, Argentine), Untraceable - Jeder Klick kann töten (Allemagne), Не оставляющий следа (Russie), Tabamatu (Estonie), Rastro oculto (Espagne, Équateur), Neatrodamais (Lettonie), Nieuchwytny (Pologne), Black Site / ブラックサイト (Japon), Kill with Me (Corée du Sud), Той, що не залишає сліду (Ukraine), Utan spår (Suède), Gyilkosság online (Hongrie), Öldür.com (Turquie), Nella rete del serial killer (Italie), Untraceable - jälkiä jättämättä (Finlande), Indetectável (Portugal), Portal smrti (Serbie, Croatie), Live殺人網站 (Taïwan), Nesusekamas (Lituanie), Sem Vestígios (Brésil), Web Tử Thần (Viêt Nam)
  • Casting : Diane Lane, Billy Burke, Colin Hanks, Joseph Cross, Mary Beth Hurt, Peter Gray Lewis, Tyrone Giordano, Perla Haney-Jardine, Tim DeZarn, Christopher Cousins, Jesse Tyler Ferguson, Trina Adams, Brynn Baron, John Breen, Dan Callahan, Erin Carufel, Ryan Deal, Marilyn Deutsch, Gray Eubank, Pete Ferryman, David Freitas, West A. Helfrich, Zack Hoffman, Sarah Brillhart, Diana Brillhart, Ryan Hopkins, Len Huynh, Jim Hyde, Dax Jordan, Daniel Liu, Kimberly Maus, Kirk Mouser, Betty Moyer, Katie O’Grady, Jamal N. Qutub, Mike Smith, Kerry Tomlinson, David Wilson
  • Scénariste(s) : Robert Fyvolent, Mark R. Brinker, Allison Burnett
  • D'après une idée de Robert Fyvolent, Mark R. Brinker
  • Compositeur : Christopher Yoing
  • Directeur de la photographie : Anastas Michos
  • Monteur : David Rosenbloom
  • Chef décorateur : Paul Eads
  • Cheffe maquilleuse : Molly Craytor
  • Cheffe costumière : Elisabetta Beraldo
  • Directrices de casting : Deborah Aquila, Tricia Wood
  • Scripte : Susie Sax
  • Premier assistant réalisateur : Scott Robertson
  • Producteurs : Steven Pearl, Andy Cohen, Tom Rosenberg, Gary Lucchesi, Hawk Koch
  • Producteurs exécutifs : Richard Wright, Eric Reid, James McQuaide, Harley Tannebaum
  • Société de production : Lakeshore, Screen Gems, en association avec Cohen/Pearl Productions
  • Distributeur : Universal Pictures France (France) / Screen Gems (USAà
  • Editeur vidéo : Universal Pictures Home Entertainment
  • Date de sortie vidéo : 30 septembre 2008 (DVD, Blu-ray)
  • Budget : 35 000 000$
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 124 491 entrées / 53 656 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : 28 933 513$ / 52 933 513$
  • Classification : Interdit aux moins de 16 ans (le film "enchaîne les scènes de torture dans un contexte lié à l'usage de l'internet et susceptible d'être perçu comme incitatif par le jeune public")
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (35 mm) / DTS, Dolby Digital, SDDS
  • Illustrateur/Création graphique : © Creative Partnership. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2008 Universal Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Tagline : Voulez-vous tuer avec moi?, Plus vous les regardez, plus vite ils vont pourrir
Note des spectateurs :

Réalisé par Gregory Hoblit (Peur primale, Le témoin du mal et La faille), Intraçable se positionne au croisement entre Le silence des agneaux et Saw, sans en retracer le talent. Un thriller mineur, mais qui se regarde sans trop de remords, avant de disparaître de votre esprit pour l’éternité.

Synopsis : Portland. L’agent spécial Jennifer Marsh appartient à la section Cybercrime du FBI, chargée de traquer les “hackers”, fraudeurs et pédophiles qui utilisent Internet à des fins criminelles. Technicienne aguerrie, elle croyait avoir tout vu, avant qu’un prédateur d’un style inédit ne commence à diffuser sur la Toile les images des tortures infligées à ses victimes, et qu’il n’invite les spectateurs à participer à leur exécution.
L’affaire ne tarde pas à mobiliser la police locale, mais le criminel reste insaisissable, et son site introuvable. La traque prend bientôt une tournure personnelle lorsque Jennifer et ses plus proches collaborateurs sont pris pour cible. Un jeu du chat et de la souris s’engage alors dans l’urgence, mais il est peut-être déjà trop tard…

Critique : Années 2000. L’internet, le dark net, les réseaux sociaux ouvrent des perspectives nouvelles pour les scénaristes. Au Japon, dès 2001, Kaïro du maître Kiyoshi Kurosawa, investit de façon poétique et macabre le virus de l’internet qui efface les humains du monde des vivants. Hollywood en livrera un remake dans la foulée, mais pas que. Les sites qui tuent, c’est une idée qui est aussi développée dès 2003 par William Malone avec TerreurPointCom, ou en 2010, par Hideo Nakata avec Chatroom. 

Mort aux enchères

En 2007, ScreenGem et Lakeshore développent Intraçable. Cet ersatz de thriller glauque, dans la lignée des succès des années 90, s’intéresse à la thématique du site mortifère qui donne la possibilité aux internautes d’enchérir sur la mort d’un individu, leur permettant de participer, consciemment ou non, à l’assassinat d’êtres humains. La victime kidnappée est torturée en direct jusqu’au trépas, ce qui ne va pas sans évoquer quelques tendances de la deuxième moitié de la décennie 2000. La torture est alors à la mode à l’écran, avec Hostel d’Eli Roth qui rebondissait sur la thématique du “snuff movie”, et évidemment Saw et ses stratagèmes sadiques est une autre source d’inspiration évidente. On lui enlèvera le gore, puisqu’Untraceable veut davantage rester dans les rouages du thriller télévisuel que de tenter des incursions dans l’horreur graphique.

Intraçable de Gregory Hoblit en DVD et Blu-Ray

© 2008 Universal Studios. All Rights Reserved

Revoir le film des années après sa sortie discrète démontre en fait le caractère historique de l’œuvre dans ses thématiques émergeantes. Il y est question de sites de rencontres et de ventes en ligne, de lutte contre le téléchargement de fichiers illégaux, de sadisme viral, de voyeurisme anonyme de la part de l’internaute, et de la manipulation malveillante par des sites fraudeurs et spammés… Ces thèmes à peine convoqués sur le grand écran renvoyaient l’internaute et donc le spectateur à sa complicité. Cet ensemble pourrait être séduisant si l’investigation portée par Intraçable était fraiche. Mais il n’en est rien. Les idées comestibles baignent dans la somnolence du thriller paresseux qui sévissait également beaucoup depuis le succès du Silence des Agneaux en 1991, puis de Se7en (1996).

Intraçable touche au code du “torture porn” et du “cyber-thriller”

Intraçable œuvre ainsi dans la banalité de saynètes toutes plus dispensables autour des méthodes du F.B.I., de la vie sociale abîmée de ses agents (sempiternelle scène de l’anniversaire de l’enfant négligé que la maman doit abandonner pour reprendre l’enquête…). Le tueur, joué par Joseph Cross en contre-emploi, est perturbé (il a un passé), sadique (il aime torturer), d’une intelligence remarquable (il conçoit des plans de torture irréalisables). Ici notre génie du mal opère sur internet ; il filme le trépas de ses victimes, précipitant leur agonie à chaque nouvelle connexion d’internaute. Les scénaristes, forcément dans le vent, ont ajouté cette touche de “snuff” et de “cyber technologies”, moins pour prendre le pouls d’une société malade que pour surfer sur les tendances. Les jeunes aiment bien ça. Donc pourquoi pas en faire un film ?

Au niveau des talents, Gregory Hoblit réalise comme il faut, sans chercher à se mettre en avant. Il n’en est pas à son premier suspense (Peur primale et La faille). Son travail est propre et sans bavure, mais complètement impersonnel. La musique de Christopher Young noie joliment les images. Le compositeur aime bien le cinéma de genre. Et nous son style. Le résultat présenté est toutefois illustratif. Enfin, dans le rôle principal, Diane Lane, éternel second rôle sur plusieurs décennies, est toujours là, vieillissant bien. Sa présence en haut de l’affiche n’est pas forcément rassurante, annonçant bien les ambitions peu élevées de ses producteurs, de par le jeu lisse de la comédienne. Pourtant comme toujours, l’actrice, très pro, s’en sort avec les honneurs. A l’image de cette série B qui, si elle n’a rien de neuf à nous proposer, se laisse regarder sans trop de déplaisir, à condition d’être ailleurs que dans une salle de cinéma, car Intraçable relève entièrement du téléfilm ou de ce que l’on appellerait aujourd’hui du produit original pour plateforme.

Box-office d’Intraçable

A sa sortie en 2008, l’échec fut relatif. Aux USA, le produit fait illusion avec 11M$ au démarrage et des recettes qui seront multipliées par 2,8 en fin de carrière. Ses 29M$ restent toutefois sous le budget de 40M$.

En France, la série B est sauvée par le Printemps du cinéma. Après une première semaine à 53 000 entrées, elle connaît une vraie stabilité en semaine 2 grâce à la manifestation printanière (47 000), mais la chute est conséquente en semaine 3, le film réalisant 81.4% de sa fréquentation lors des 15 premiers jours.

Depuis, le film trace sa route en DVD-blu-ray (Universal, 2009) et sur les plateformes de SVOD sans provoquer de désir ou d’émoi.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 5 mars 2008

Intraçable de Gregory Hoblit, affiche

© 2008 Universal Studios. All Rights Reserved

Biographies +

Gregory Hoblit, Diane Lane, Billy Burke, Colin Hanks, Joseph Cross

Mots clés :

Les films d’horreur des années 2000, Torture porn, Les flops de l’année 2008

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Intraçable de Gregory Hoblit, affiche

Bande-annonce de Intraçable

Thriller, Epouvante, Horreur

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