Acteur, réalisateur et scénariste allemand, Paul Verhoeven est né en 1901 à Unna en Allemagne. Il ne doit pas être confondu avec son homonyme, le réalisateur néerlandais de RobCop (1987) et de Basic Instinct (1992). Cependant, il est bien le père du cinéaste Michael Verhoeven (Danse macabre en 1967 ou Killing Cars en 1986).
Un homme de théâtre avant tout
L’artiste nait dans une famille modeste et envisage tout d’abord d’effectuer des études d’architecture. Finalement, un ami le persuade de devenir comédien de théâtre et il débute comme acteur sur les scènes allemandes. A la même époque, il devient même un metteur en scène de théâtre prisé. Puis, il entame une carrière cinématographique à l’avènement du parlant. Vers 1933, Paul Verhoeven est repéré comme comédien dans L’empereur de Californie (Luis Trenker, 1936), puis dans le film musical Les étoiles brillent (Hans H. Zerlett, 1938).
Entre-temps, l’artiste ambitieux se lance dans la réalisation en 1937 avec la comédie La chauve-souris (coréalisée avec Hans H. Zerlett). Toutefois, son premier véritable essai en solo intervient avec une autre comédie : Lendemain de divorce (1938). Il commence ainsi une impressionnante carrière qui va compter plus d’une soixantaine de titres pour le cinéma et la télévision. D’ailleurs, il échappe à toute critique quant à son implication dans le nazisme puisque le cinéaste ne tourne que des divertissements inoffensifs durant cette période trouble.
Au cours des années 40, un certain nombre de ses films ont été projetés en France occupée. S’il fut très actif en tant que réalisateur et acteur jusqu’en 1944, l’après-guerre lui est moins favorable. Il se replie sur le théâtre et dirige pendant quatre ans le Théâtre National bavarois de Munich.
Un réalisateur prolixe au service des studios allemands
Il ne retrouve le chemin des studios qu’en 1948 avec des films musicaux comme Le petit concert (1948). Toutefois, il doit s’habituer aux contraintes de production de la partie Est-allemande où il réside. En 1950, il obtient de la part de la DEFA (compagnie d’Etat de la RDA) une somme coquette pour tourner la féérie La légende de la Forêt-Noire, également connue sous le titre Cœur de pierre (1950). Le film est une belle réussite commerciale, mais Paul Verhoeven se sent à l’étroit en RDA et décide de passer à l’Ouest. Dès lors, il va signer un nombre conséquent d’œuvres commerciales dans tous les genres possibles. On lui doit bien entendu des films musicaux – sa grande spécialité – comme Le beau Danube bleu (1954), des mélodrames comme Roman d’une adolescente (1955) et des drames sentimentaux comme Lily Marlene (1956).
Parallèlement, le cinéaste commence également à œuvrer à la télévision avec un nombre conséquent de téléfilms dès la fin des années 50. Durant la décennie 60, il ne travaille plus que pour le petit écran en tant que réalisateur. C’est à peu près le même constat en ce qui concerne sa carrière d’acteur. On notera toutefois quelques exceptions. Ainsi, il joue pour son fils dans Danse macabre (Michael Verhoeven, 1967), ainsi que dans la comédie Oh Jonathan (1973) pour le réalisateur Franz Peter Wirth.
Paul Verhoeven décède en public alors qu’il faisait l’éloge funèbre de l’actrice Therese Giehse d’une foudroyante insuffisance cardiaque. Il s’est donc effondré sur scène le 22 mars 1975 à Munich. Il avait 73 ans.