Premier jour France : Indiana Jones et le cadran de la destinée n’est pas, à cette heure, le blockbuster incontournable que tout le monde espérait et n’ouvre qu’en 11e position annuelle.
Ce sont 112 000 spectateurs qui ont célébré le retour d’Indiana Jones, 15 ans après l’épisode 4 qui, lui, avait ouvert à 224 035 aficionados d’aventures exotiques. Le score est forcément décevant puisqu’il est moitié moindre que celui de Fast & Furious X qui avait carburé à 200 418 pilotes de courses pour son premier jour. Indiana Jones et le cadran de la destinée est long de 14 minutes de plus et pâtit d’environ 120 écrans en moins, mais cela n’explique pas tout. L’âge de la franchise et une réception critique très tiède ont limité l’attrait de ce blockbuster au démarrage. La Fête du cinéma viendra réguler tout cela du 2 au 5 juillet, en attendant, Harrison Ford n’incorpore pas le top 10 des meilleurs démarrages de 2023.
Les vengeances du maître Poutifard à la recherche de l’effet Ducobu
En deuxième place, Les vengeances de maître Poutifard, avec Christian Clavier et Isabelle Nanty, a du mal à se positionner pour cette journée. 26 729 entrées dans 477 cinémas, essentiellement en mâtinée, dont 9 919 en avant-premières, c’est évidemment maigre. A Paris, c’est carrément un accident industriel, avec 3 626 spectateurs dans 47 cinémas. La province rattrape donc le coup. A l’instar des épisodes de la franchise L’élève Ducobu, qui a souvent bénéficié de sorties à cette date, il faut se méfier des chiffres de cette étape. Ce type de comédie familiale est fait pour fonctionner pendant deux mois, grâce au bouche-à-oreille sur tout l’été. Aucune conclusion ne peut être tirée. UGC en est conscient puisque la société, bien ancrée dans l’exploitation, a également distribué les Ducobu. Néanmoins, l’avertissement est réel pour UGC, car à 15M d’euros de budget, il faudra dépasser les 1 500 000 entrées en fin de course pour satisfaire tout le monde.

Affiche : RYSK – Photos : Marc BO © 2022 Les Films du Premier – Les Films du 24 – TF1 Films Productions – Umedia. All Rights Reserved
Ruby, l’ado Kraken laisse Dreamworks aux abois
Une animation Dreamworks au mois de juin, c’est souvent perçu comme un impératif de saison pour le studio d’animation qui, via Paramount ou actuellement Universal Pictures, a très souvent favorisé cette période qui s’étend jusqu’à la première semaine de juillet, pour lancer ses blockbusters animés. On citera évidemment Shrek 2 (23/06/2004), Madagascar (22/06/2005), Shrek le troisième (13/06/2007), Shrek 4 (30/06/2011), Dragons 2 (2/07/2014)… La liste est longue et dépend évidemment de la concurrence du Pixar ou de Fox animation quand cette dernière était encore dans le coup avec la franchise L’âge de glace. En 2023, le studio Dreamworks propose Ruby, l’ado Kraken un 28 juin. Le démarrage est mauvais, avec 15 122 petits poulpes, dans 504 salles, dont 5 367 entrées en previews. Cela nous rappelle le revers de Pixar avec Elémentaire qui, avec un premier jour à 116 727 spectateurs a piétiné pendant le reste de la semaine pour ne cumuler que 426 818 spectateurs en fin de premier cycle. Les deux films n’ont pas le même budget non plus.

Affiche : RYSK – Photos : Marc BO © 2022 Les Films du Premier – Les Films du 24 – TF1 Films Productions – Umedia. All Rights Reserved
Nanni Moretti vers un avenir pas si radieux ?
Nanni Moretti distille un petit air cannois dans les salles, avec 13 695 spectateurs dans 245 cinémas. C’est le 5e meilleur démarrage du cinéaste italien qui fait un peu mieux qu’à l’époque difficile de Tre Piani (11 664 le 10 novembre 2021), mais le contexte n’était pas le même, puisque ce dernier sortait pendant la crise de la Covid 19 et jouissait d’une combinaison moindre, avec 75 écrans en moins. Si Vers un avenir radieux réalise peu ou prou la même chose que La chambre du fils (14 849 entrées le 19 mai 2001), ce dernier devait composer avec 153 copies en moins. Bref, l’avenir lui sera-t-il radieux ? Cela dépendra du bouche-à-oreille. Ce type de production a tout l’été pour fonctionner dans un circuit art et essai amateur de beaux films d’auteur.
En 5e place, on retrouve Xavier Gens et son nouveau long, Farang. Le cinéaste français disposait de 197 cinémas pour sa série B d’action, soit 69 copies en moins que le nauséabond Frontière(s) en 2008 qui avait attiré autant de monde (8 417), sans trop souffrir alors de son interdiction aux moins de 16 ans (Farang est seulement interdit aux moins de 12 ans). Pour mémoire, la comédie populaire Budapest, avec les vedettes Manu Payet et Jonathan Cohen, avait démarré à 14 503 spectateurs pour finir sa carrière à 202 000 spectateurs. Avec un budget moyen de 5 millions d’euros, Farang a un potentiel moindre que Budapest et aimerait bien réaliser autant d’entrées, notamment grâce à la Fête du cinéma.
Fatih Akin face à l’échec de sa carrière ?
La catastrophe de la journée du 28 juin 2023 s’intitule Rheingold. Le film allemand de Fatih Akin est invisible aux yeux des spectateurs qui ne le calculent pas. 1 168 spectateurs dans 142 salles, c’est à peine 8 tickets vendus par salle. Il faut dire que cette sortie est opaque. Film d’auteur ou commercial? Titre complexe. Concurrence directe de Farang qui cible a priori les mêmes spectateurs… Pour Pathé qui distribue, la déroute est totale. En dehors de Paris et de sa périphérie, c’est même le néant. Fatih Akin qui a connu en France son plus gros succès en 2018 (In the Fade) et son plus gros échec en 2019 avec Golden Glove (8 232), l’heure n’est pas à la réjouissance.

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