Réalisateur tunisien, Abdellatif Ben Ammar est considéré comme un pionnier du septième art dans son pays. Après des études de mathématiques, il étudie le cinéma à l’IDHEC où il obtient un diplôme en prise de vues. Il contribue alors à la photographie de quelques films dont Les aventuriers de Robert Enrico et Indomptable Angélique de Bernard Borderie, tous deux réalisés en 1967.
Il devient aussi assistant réalisateur pour George Cukor (Justine, 1969), Roberto Rossellini (Le Messie, 1976) et Franco Zeffirelli (Jésus de Nazareth, 1977). Entre-temps, Abdellatif Ben Ammar est retourné en Tunisie, se faisant embaucher par la Société anonyme tunisienne de production et d’expansion cinématographique.
Après avoir réalisé des courts métrages, il se lance dans le format long avec Une simple histoire (1970, interprété par Juliet Berto), en compétition officielle au Festival de Cannes. Il devient ensuite son propre producteur, y compris pour des documentaires et des films publicitaires. Suivent quatre autres longs métrages dont le plus célèbre demeure Aziza (1980), primé aux Festivals de Berlin et Carthage.
Le film aborde notamment l’émergence du libéralisme et de l’islamisme en Tunisie. Chantre d’un cinéma à la fois romanesque et social, le réalisateur est actif jusqu’en 2010 et se voit honoré pour l’ensemble de sa carrière au Festival d’Alexandrie 2021. Abdellatif Ben Ammar est décédé le 6 février 2023 à l’âge de 79 ans.