Koko-di Koko-da : la critique du film (2019)

Drame, Epouvante-horreur, Survival | 1h26min
Note de la rédaction :
8,5/10
8,5
Koko-di Koko-da, l'affiche

  • Réalisateur : Johannes Nyholm
  • Acteurs : Leif Edlund, Ylva Gallon
  • Date de sortie: 13 Nov 2019
  • Nationalité : Suédois, Danois
  • Scénariste : Johannes Nyholm
  • Directeur de la photographie : Tobias Höiem-Flyckt, Johan Lundborg
  • Compositeur : Olof Cornéer, Simon Ohlsson
  • Distributeur : Stray Dogs Distribution
  • Editeur vidéo : Blaq Out
  • Sortie vidéo : 18 février 2020
  • Box-office France 2 186 entrées
  • Classification : Tous publics avec avertissement (des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs)
  • Festivals : Films présenté à Sundance (2019) / Prix du meilleur film attribué par la jeunesse au Festival de Bruxelles / Prix Camera Lucida au festival Fantasia 2019 / Prix du meilleur acteur pour Leif Edlund à Fantasporto (2020)
  • Format : 1.78 : 1
  • Crédits visuels : © 2019 Stray Dogs. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Koko-di Koko-da porte haut les couleurs d’un cinéma de l’étrange, entre onirisme poétique, univers de conte et cauchemar psychologique. De la graine de culte.

Synopsis : Pour surmonter les problèmes que traverse leur couple, Elin et Tobias partent camper au cœur de la forêt suédoise. Mais des fantômes de leur passé resurgissent et, plus que jamais, les mettent à l’épreuve.

Koko-di Koko-da ou le deuil impossible

Critique : Cinéaste suédois indépendant, Johannes Nyholm s’est surtout fait connaître dans les festivals grâce à des courts-métrages ambitieux et particulièrement réussis, puis avec l’étrange long-métrage The Giant (2016) qui n’est malheureusement pas parvenu jusqu’à nous. Précédé d’une excellente réputation acquise au fil des festivals où il a été présenté, son second effort Koko-di Koko-da a réussi à se faufiler dans quelques salles en novembre 2019. L’occasion de découvrir enfin un nouvel auteur à l’univers bien particulier.

Koko-di Koko-da, photo d'exploitation 1

© 2019 Stray Dogs. Tous droits réservés.

Projet qui a connu une conception compliquée, étalée sur près de dix ans, Koko-di Koko-da se présente à nous sous la forme d’un conte cruel qui serait la métaphore d’un deuil impossible. Le film commence par une scène surréaliste qui nous présente trois personnages curieux et leurs deux chiens (un mort et l’autre vivant) errant dans la forêt.

Du réalisme, Koko-di Koko-da bascule dans le fantastique et l’onirique

Après cette introduction qui prépare le spectateur à une œuvre hors norme, le cinéaste nous convie à suivre le quotidien d’un couple et de leur fille à la veille du huitième anniversaire de la petite. Ces séquences s’inscrivent délibérément dans la veine réaliste d’un certain cinéma suédois. Le naturel des situations nous permet de ressentir une proximité avec cette petite famille sur laquelle s’abat un terrible drame, à savoir la mort inexpliquée de la gamine. La séquence en question bouleverse d’autant plus qu’elle intervient de manière brutale, sans autre forme d’explication.

Koko-di Koko-da, photo d'exploitation 2

© 2019 Stray Dogs. Tous droits réservés.

A partir de ce moment, le drame réaliste se mue en film d’horreur, précipitant le couple en deuil dans une spirale infernale digne d’Un jour sans fin (Ramis, 1993) ou de Happy Birthdead (Landon, 2017). Le couple, incapable de faire le deuil de leur enfant disparu, plante sa tente dans une forêt et se retrouve assailli par les étranges personnages vus en amorce. Dès lors, ils sont condamnés à revivre encore et encore leur propre exécution, sans jamais pouvoir échapper à leur destin.

Des métaphores qui dessinent un univers mental cabossé

La force de Koko-di Koko-da vient de l’absence totale d’explication quant à la raison de cette boucle temporelle infernale. Le spectateur comprend alors que les deux personnages ne parviennent pas à se sortir du cauchemar que représente la perte de leur enfant. Dès lors, les personnages des contes viennent en quelque sorte leur régler leur compte. A eux de parvenir à s’extirper de cet enfer en reprenant goût à l’existence, ou tout simplement en expulsant leur mal-être, comme dans l’ultime scène, bouleversante d’émotion.

Koko-di Koko-da, photo d'exploitation 3

© 2019 Stray Dogs. Tous droits réservés.

Alors que les différentes mises à mort sont alternativement monstrueuses ou drôles, le cinéaste ose parfois le dérapage Z, notamment par l’intervention de ce trio de tueurs iconoclastes, figures grotesques échappées d’un livre pour enfants. Mais là où le réalisateur emporte totalement l’adhésion, c’est lorsqu’il investit totalement l’univers du conte enchanté par l’intrusion d’éléments fantastiques. On adore notamment le chat qui pousse l’héroïne à aller « de l’autre côté du miroir », ainsi que les séquences du petit théâtre d’ombres.

Un cinéma mélancolique qui se joue des formules

Koko di Koko Da, en DVD chez Blaqout

© 2019 Stray Dogs. Tous droits réservés.

Ces moments comme en suspension, portés par une superbe musique de Olof Cornéer et Simon Ohlsson, évoquent la beauté mélancolique des clips vidéo de Steven Wilson. Ils font également songer aux moments les plus poétiques des films d’Ari Aster (Hérédité et Midsommar) auxquels on songe beaucoup. Certes, Johannes Nyholm n’a pas encore la maîtrise technique du cinéaste américain, mais il partage avec lui un goût évident pour le symbolisme et l’onirisme.

Déstabilisant par son aspect protéiforme, Koko-di Koko-da est donc une œuvre ambitieuse, souvent bouleversante, qui a assurément tous les éléments pour devenir un film culte. Au cœur d’une production mondiale de plus en plus formatée, le long-métrage apparaît comme une vraie bouffée d’oxygène et s’impose donc comme un incontournable de ces dernières années.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 13 novembre 2019

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Bande-annonce de Koko-di Koko-da (VOSTF)

Drame, Epouvante-horreur, Survival

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