Note des spectateurs :

Premier jour France (28 juillet 2021). Rien ne va plus pour les nouveautés émergeant en pleine crise du variant Delta. Les blockbusters font un flop. Tout cela à cause de la Covida.

On n’incriminera pas la qualité des films, la plupart des nouveautés ont eu d’excellents échos, y compris les grosses machines comme The Suicide Squad, mais aucune sortie ne parvient à remplir les salles.

Le temps maussade sur la moitié Nord était pourtant propice aux démarrages musclés, notamment sur Paris et sa périphérie. Mais c’était sans compter l’omniprésence médiatique de la Covid-19 : peur des endroits clos, passe sanitaire qui ne permet pas à certains d’improviser une toile, boycott des établissements réclamant le passe par certains antivaccins, jauge de 49 spectateurs chez certains indépendants… Les mauvais coups se sont additionnés contre les distributeurs et les exploitants qui subissent de façon astronomique les peurs et les colères.

The Suicide Squad ouvre 250 000 entrées derrière l’original

Ainsi, le bien-aimé The Suicide Squad (Warner) démarre à 45 224 spectateurs quand le segment originel avait ouvert à 307 000. La différence de 262 000 spectateurs pour les exploitants et le studio est une manne perdue. Les exploitants jouent gros. La rentrée est peu propice aux films de divertissements spectaculaires, puisque synonyme d’école, de stress généralisé… En cette actualité chargée, les salles ne pourront retrouver ces blockbusters estivaux programmés pour ratisser très large pendant les vacances.

The Suicide Squad, affiche définitive

Copyrights DC, Warner Bros Pictures

Les sorties de la semaine du 28 juillet 2021

En 2e place, Jungle Cruise démarre à l’identique (43 384). Les deux films ont une moyenne de 81 spectateurs, puisque la production Disney partait avec un léger désavantage de 23 écrans. Pour Dwayne Johnson, il s’agit d’un faux pas similaire à celui de Skyscraper qui avait ouvert à 41 000, mais l’acteur se situe loin des 65 000 entrées de Rampage – hors de contrôle qui avait été pourtant considéré comme un semi-échec en 2018.

En 3e place, la production Dreamworks Spirit l’indomptable ne répond pas aux exigences d’un film d’animation lancé dans 454 salles : 20 278 contre 61 000 pour la première chevauchée qui avait été lancée en septembre 2002.

Les distributeurs indépendants en danger

Si Orange Distribution et UGC, associés pour C’est la vie peuvent encaisser l’échec de la comédie (11 714 entrées dans 344), Ad Vitam (Profession du père d’Améris), Haut et Court (True Mothers de Kawase), Memento Distribution (Milla), ASC (Les voleurs de chevaux), UFO (Les sorcières de l’Orient), Pyramide (Sème le vent), ou encore Alba Films (The Sparks Brothers) voient toute la diversité qu’ils offrent mise en danger. Et ce choix éclectique de programmation est unique au monde. Leur cinéma plutôt adulte devrait pourtant au moins attirer des spectateurs vaccinés de plus de 45 ans… Mais au vu des entames calamiteuses, c’est toute la santé économique d’un secteur qui est en jeu, après des mois de fermeture. D’où la nécessité d’aides de l’État, ce que Roselyne Bachelot a évoquées mercredi 28 juillet. A suivre.

Le seul distributeur qui peut, à la rigueur, se satisfaire d’un beau démarrage, c’est Wild Bunch. La loi de Téhéran, thriller carcéral et social qui a remporté le Grand Prix de Reims Polar, trouve tout de même 5 063 spectateurs dans 128 cinémas. C’est peu, mais bien au-dessus des moyennes dérisoires des sorties concurrentes. Ce qui signifie que ce polar, dans d’autres circonstances, avec les mêmes écrans et les mêmes critiques élogieuses, aurait pu ouvrir entre 8 et 15 000.

Frédéric Mignard

Les premiers jours France sur Cinédweller

La Loi de Téhéran, affiche du film

© Design Monsieur X / Distributeur : Wild Bunch