Note des spectateurs :

Pour son deuxième album, Cœur, Clara Luciani surpasse son prédécesseur, Sainte Victoire, et offre l’hymne pop disco de notre été 2021.

Quand nous avions découvert Sainte Victoire en 2018, avant sa sortie printanière, le coup de Coeur avait été immédiat. Clara Luciani, qui avait participé au groupe La femme et multiplié les projets et premières parties d’artistes célèbres, jetait en pâture au public un grand moment d’amour à la chanson française. Elle brisait ainsi les sempiternelles variations hip hop, RnB, pour un son qui réconciliait les années 70 et 2010, entre Françoise Hardy ou même Farmer, avec des moments disco funk, notamment La Grenade, qui explosait de sa puissance de tube à streamer en mode repeat

Le dernier opus de Clara Luciani, fort de la notoriété croissante de la chanteuse, récompensée deux fois aux Victoires, ne change pas le style et fidélise son amour autour de variations pop-funk dansantes, ou de moments plus intimistes marqués de sa voix grave. Sur 11 nouveaux morceaux, elle retrouve la puissance de La grenade sur les hymnes au dance floor Le reste, premier single imparable et surtout Respire encore.

Véritable cri d’une existence anesthésiée par la dépression et le confinement, Respire encore milite pour un retour à la frénésie de la vie, pour retrouver le cycle émotionnel qui a besoin de l’extase du moment pour filer dans le bon sens. Même l’incipit, la chanson éponyme Cœur, paraît presque enjouée dans son rythme débordant alors que les mots dénoncent le féminicide. La réussite de ces enchaînements rythmés reposent aussi sur le poids des textes, équilibrés, jamais dans la lourdeur démonstrative ou la légèreté inconséquente.

Si l’on se défaussera rapidement de la carte insipide d’un duo avec Julien Doré, on appréciera les clins d’œil appuyés à Michel Berger (le piano funk du Chanteur et sa vision allumée de la vie d’artiste), et même à Christophe, lors du final éblouissant Au Revoir aux nappes de synthé d’humeur déprimée. Le titre s’installe au firmament des bombes émotionnelles de 2021. Finir pareil album d’allégresse sur ce sommet de beauté est une manière de confiner, certes, mais de confiner au sublime.

Le second album de Clara Luciani « cogne le cœur » et suscite un enthousiasme qui ne retombe pas. Ne serait-ce pas le fameux « coup de foudre » loué dans cette harmonie d’arrangements sophistiqués ?

And the beat goes on. Notre album de l’été 2021.

Frédéric Mignard