Note des lecteurs

Numéro 1 annuel aux USA, devant Disney en 2015, 3e en 2017 et 2018… Universal est le studio numéro 2 aux USA, en 2019. Mais quelle est sa recette?

Universal est très souvent cité comme la seule vraie alternative à Disney aux USA. Le studio sort désormais tous les films animés Dreamworks (donc Dragons 3, cette année, 519M$ dans le monde), distribue la plupart des productions Blumhouse, hors Conjuring, qui ne coûtent pas bien cher à réaliser, mais qui s’avèrent être d’excellentes affaires au cinéma et en vidéo. On citera le thriller glaçant de Jordan Peele, Us, qui a été la meilleure affaire de l’année pour le groupe, avec 175M$ aux USA, pour un tournage à 20M$.

Universal, le Disney des petits budgets?

La société américaine propose aussi des franchises lucratives comme Jurassic Park/World et Fast & Furious. Cette dernière, a offert, via le spinoff Hobbs and Shaw, de belles réjouissances à la firme, avec une première place pendant 15 jours aux USA, certes seulement – à ce jour – 133M$ de recettes sur ses terres, mais pas moins de 303M$ dans le monde en plus. Et ce, sans compter les résultats chinois qui tomberont dans le mois.

Mais Universal célèbre également ce mois-ci sa 3e semaine en tête du box-office américain avec une petite comédie de 20M$ de budget, au potentiel énorme (sa qualité, le rythme de ses gags), mais pourtant très risquée : ce sont des gamins qui en sont les principaux protagonistes, et par conséquent il n’est pas aisé d’attirer un public plus âgé, pour seule cible, puisque Good boys est interdit aux mineurs non-accompagnés. Avec 21M$, cette comédie insolente classée R, est donc un énième bon coup pour le studio qui se donne ainsi la possibilité de démarrer une franchise, sur une mise financière modeste. La recette ici est simple… Parler aux adultes via la cible privilégiée de Disney, les enfants, mais en détournant les codes du film de môme. Banco !

Good Boys en avant la critique
Universal Pictures
La critique de Good Boys à décourvrir ici

La firme, lourdement diminuée par les échecs du Zemeckis Bienvenue à Marwen et de Mortal Engines, démontre donc une fois de plus ses capacités à gérer les comédies pour adultes à budget moyen, qu’ils ont relancé dans les années 2000 avec les triomphes d’‘American Pie et 40 ans toujours puceau.

Quand Disney dort, les autres studios essaient de danser

En cette semaine sans blockbuster Disney, les studios se sont lâchés et ont donc lancé pléthore de nouveautés. Outre Good boys, nous citerons Angry birds 2, suite du navet distribué à une date plus favorable, en mai 2016. Ce sequel tardif s’en mord les doigts : 16M$ en 5 jours, on est bien loin du démarrage foudroyant du premier film Sony, à savoir 38M$ en trois journées. Les 100M$ du segment originel sont inaccessibles.

Angry Birds 2 affiche teaser américaine
© 2019 Sony Pictures – Rovio ANimation Ltd and Rovio Entertainment Ltd.

Autre suite improbable, 47 meters down : uncaged réalise 9M$ dans 2 853 cinémas. A cette époque de l’année, Hollywood pilote toujours un thriller aquatique. Sauf que cette année, Crawl (39M$), a déjà frétillé dans les salles, en juillet, avec d’excellentes critiques pour asseoir la bête dans les eaux marécageuses des grands circuits d’exploitation. C’est pourquoi 47 Meters down 2, avec 500 écrans en plus que la première série B sous-marine, réalise 2M$ en moins. Son budget, qui a doublé en deux ans, n’étant que de douze millions de dollars, cela reste un score convenable – sans plus.

Bruce Springsteen ? On connaît la musique !

Pas de chance pour Warner Bros. La firme espérait lancer un feel-good movie musical sur les chansons de Bruce – the Boss – Springtseen, et ainsi capitaliser sur le succès de son dernier album, paru en juin. Toutefois Music of my life, qui sera lancé chez nous en septembre par Orange Studio Cinéma et UGC Distribution, affiche des recettes ternes, voire insuffisantes, de 4 450 000$ dans 2 307 cinémas. Après Rocketman / Elton John en mai, puis Yesterday / les Beatles en juin (tiens, un autre succès Universal), les Américains se seraient-ils enfin dit : “non, on connaît la musique”?

Nouvel échec pour Richard Linklater

Dernière sortie du week-end à s’abîmer, Where’s you go, Bernadette? est un projet mal-aimé de Richard Linklater. Bernadette a disparu, en français, est le moins apprécié de tous les films du cinéaste, aux USA. Cela peut expliquer le peu d’intérêt manifesté par les spectateurs, face à cette comédie dramatique avec Cate Blanchett et Kristen Wiig, qui désaspère exploitants et producteurs avec seulement 3 450 000$ dans 2 404 salles.

En ce qui concerne les continuations, nous mentionnerons les 496 M$ du Roi Lion, en 5 semaines. Un score énorme, mais pas forcément à la hauteur des scores européens où le film, comme en France, trône au sommet annuel. Scary Stories confirme, avec 40M$ en 10 jours, et un second week-end au-dessus des 10M$. Dora, elle, court toujours (33M$ en 10 jours).

Tarantino, “the glourious basterd”

Alors qu’il s’apprête à dépasser les 120M$ de Inglourious Basterds, Tarantino, désormais à 114M$ en 3 week-ends, pourrait égaliser les 162M$ de Django Unchained. Le chef d’oeuvre du cinéaste américain ne perd que 35% de ses recettes, et accuse donc baisse la plus faible du top 10, alors qu’il était impacté par l’une des plus grosses pertes d’écrans (- 1 003).

Source : Box-office Mojo.com

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Frédéric Mignard