Villegas : la critique du film (2012)

Drame | 1h39min
Note de la rédaction :
4/10
4
Villegas, l'affiche française

Note des spectateurs :

A vouloir trop en dire, Villegas, premier film de Gonzalo Tobal, se noie dans des digressions inutiles qui diluent l’intérêt du spectateur. Inabouti.

Synopsis : Esteban et Pipa, deux cousins autrefois inséparables, se rendent ensemble à l’enterrement de leur grand-père à Villegas, le village où ils ont passé leur enfance. Les deux trentenaires affrontent pour la dernière fois leur passé et vont devoir apprendre à grandir, entre tensions et complicité.

Un premier long-métrage fondé sur l’opposition de caractères

Critique : Premier long-métrage du jeune Gonzalo Tobal, Villegas cherche à faire le portrait d’une génération (les jeunes trentenaires) qui n’arrive pas vraiment à trouver sa place dans la société et qui, face à cette difficulté, refuse de mûrir et d’affronter de lourdes responsabilités. Le cinéaste nous invite donc à suivre durant la première demi-heure du film le voyage en voiture de deux cousins qui ont été très proches durant leur adolescence et que la vie a séparé.

L’un est sérieux, rangé, voire rigide, tandis que l’autre est une espèce de hippie totalement irresponsable qui prend la vie comme elle vient. Les deux hommes vont devoir s’apprivoiser durant le trajet qui les mène dans leur famille, à l’occasion de l’enterrement de leur grand-père. Une fois arrivés sur place, ils seront confrontés à leur passé et devront faire table rase de leur jeunesse pour enfin entrer dans le monde adulte.

Un manque évident de maturité qui nuit à l’ensemble

Sur ce thème ambitieux, le jeune Gonzalo Tobal manque curieusement d’une certaine maturité puisqu’il se révèle incapable de susciter l’intérêt du spectateur en restant à la surface de son sujet. Lorsque le cinéaste semble s’orienter vers le règlement de compte familial, il esquive aussitôt cette piste pour mettre en place une forme de nostalgie. Toutefois, la multiplication de plans séquences interminables ruine toute sensation de mélancolie, d’autant que les non-dits finissent par empêcher toute forme d’identification entre le spectateur et des personnages qui demeurent des ombres fugitives.

En cherchant à évoquer le passé de l’Argentine, mais aussi la rupture entre monde urbain et rural, Gonzalo Tobal noie progressivement son propos principal dans des digressions ennuyeuses qui ne font que diluer un thème déjà passablement ténu. Interprété par des comédiens solides et crédibles, ce tout premier film présenté en sélection officielle au festival de Cannes est donc une déception, malgré quelques bons moments.

La fiche film du distributeur

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 7 novembre 2012

Villegas, l'affiche française

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