Vent chaud est surtout un vent de liberté qui convoque Fassbinder, Anger, Genet et João Pedro Rodrigues dans un Brésil homo-érotique.
Synopsis : Sandro travaille au département ressources humaines d’une compagnie minière. A la fin de la journée il retrouve son collègue Ricardo dans la forêt avoisinante où ils ont des relations sexuelles. Régulièrement il se rend à la piscine où il fantasme sur le beau Maicon qui ne le remarque pas. Lorsque celui-ci commence à travailler dans la même compagnie, le désir de Sandro se transforme en obsession, et cela empire lorsqu’il apprend que Ricardo et Maicon ont une aventure.
Quand plane le fantôme d’O Fantasma
Critique : Pour sa première fiction longue, Daniel Nolasco met en scène le Brésil rural de son enfance sous un angle homo-érotique, charnel et sensuel, à l’esthétique porno qui veut s’approprier le droit à la différence dans un cadre normé.
Avec une photographie onirique agressive et crue qui dérive dans un fétichisme SM, Vent chaud parle la même langue que le classique de João Pedro Rodrigues, O Fantasma, le portugais, et exploite similairement la masculinité homosexuelle underground, sans se soucier des valeurs canoniques d’une société étriquée.
Film fantasme qui se découvre avec la fraicheur moite d’un OVNI libre dans son ADN, Vent chaud et ses afterworks de butinage dans les bois, ses plans hardcore que d’aucuns trouveront sales ou excitants, dérangeants ou fascinants, est surtout une romance différente, où l’amour se concrétise sur le mode de l’épiphanie.
Avec pas mal de psychologie barrée, de rencontres atypiques et de violence intrinsèque, le film propose sa différence dans un environnement géographique et professionnel frustre, pour un oxymore du mâle que Genet, Fassbinder et Kenneth Anger, tous des références assumées du réalisateur, n’auraient pas renié.
Vent chaud : le cinéma queer contre-attaque
Présenté à Berlin dans le cadre de la section Panorama, et au festival gay et lesbien Chéries-Chéris où il a remporté le Grand Prix, Vent chaud est une proposition de cinéma radicale, puissamment sensorielle, qui ose l’audace dans un XXIe siècle de cinéma aseptisé qui a perdu le goût de la débauche et de la provocation, car enlisé dans des romances universelles pour un public large et unique.
Esthétiquement splendide, Vent chaud est l’œuvre la plus déstabilisante de l’été 2021 et mérite donc la curiosité cinéphile des âmes marginales qui rêvent encore d’une cinématographie non viciée par l’uniformisation. Osez donc la singularité et célébrez le vrai droit à la différence. Le septième art a besoin de trublions de cet acabit pour survivre à la consommation des masses en produits manufacturés.


