Une barque sur l’océan : la critique du film (2020)

Drame, Romance | 1hmin
Note de la rédaction :
7/10
7
Une Barque dans l'océan, affiche du film

  • Réalisateur : Arnold de Parscau
  • Acteurs : Hari Santika, Dorcas Coppin
  • Date de sortie: 19 Août 2020
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Une barque sur l'océan
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2018
  • Scénariste(s) : Arnold de Parscau
  • Directeur de la photographie : Arnold de Parscau
  • Compositeur : Cyrille Marchesseau
  • Société(s) de production : © Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion
  • Distributeur (1e sortie) Wayna Pitch
  • Editeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris Périphérie : -
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / 5.1
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Classification : Tous publics
  • Festivals et récompenses : -
  • Crédits : © Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 5/5]

Une barque sur l’océan est une romance somptueuse sur fond de musique classique dont l’emphase touche sur la fin au sublime.

Synopsis : Eka est un jeune Balinais de 25 ans vivant dans un petit village perdu au nord de Bali. Par amour pour Margaux, belle étudiante en piano expatriée sur l’île avec sa famille française dans une luxueuse villa, Eka décide d’apprendre à composer de la musique. Le jeune homme va se laisser envouter par ce monde artistique qu’il cherche à conquérir, lui faisant espérer une nouvelle vie loin de la pauvreté et de la dureté de son milieu. Mais sa chute sera à la mesure de son ascension vers le succès : vertigineuse et tragique.

Arnold de Parscau et la musicalité de l'amour dans Une barque sur l'océan

© Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion

Picturale, musicale, une œuvre éminemment sensorielle

Critique : Arnaud de Parscau semble avoir réussi à tourner la page de l’échec d’Ablations, thriller aux noms de casting célèbres qui ne lui avait pas attirer les égards du public. Avec sobriété, il se tourne vers un sujet plus lumineux, dans le décor paradisiaque de Bali, au milieu de comédiens inconnus, la plupart amateurs. Il filme la romance entre deux jeunesses aux classes sociales diamétralement opposées, s’abîmant de prime à bord à risquer la redite.

L’exil asiatique, il l’assume dans ses clichés narratifs qu’il balaie avec une certaine nonchalance. Il ne s’appuie que sur la surface des êtres dans ce qu’elle a de plus extérieure. La beauté de ses deux protagonistes amoureux, l’osmose des corps juvéniles et leur attirance incessante, et, bien évidemment, des paysages d’une splendeur magnifiquement contrastée par la photographie, donnent du cachet à son regard pictural. Relater une romance a priori simpliste à travers des torrents de stéréotypes vains aurait pu tordre le cou à ses ambitions. Il n’en est rien.

Hari Santika dans Une Barque dans l'océan

© Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion

La leçon de piano

Malgré une caméra parfois figée, Une barque sur l’océan ne perd rien de son vrai sujet, la musicalité universelle des éléments, des instruments, et la fascination avec laquelle la symphonie de la vie peut remplir des coquilles vides. Et son cinéma devient alors contemplatif dans ce que ce type d’art a de plus noble.

Hari Santika et Dorcas Coppin, lui homme du système D qui multiplie les petits boulots dans un Bali de la débrouille qui est sien, elle, fille de notables français qui semblent posséder le monde, se trouvent au détour d’un air de Ravel. Des notes occidentales inédites pour le jeune homme qui prennent le pouls de sa curiosité sur l’autre. L’attrait pour cette jeune femme, sa culture, l’ailleurs, s’épanouit par la musique. Soudain, le néophyte souhaite prendre des cours auprès de l’héroïne qui refuse de voir en lui une couleur locale. Aussi, jamais il ne sera question de misérabilisme. L’œuvre n’est pas sociale, elle se veut sentimentale. Ancrés à Bali, nous n’irons jamais patauger dans l’insalubrité des bidonvilles de Jakarta, une façon pour le cinéaste de prendre ses distances avec le cinéma-vérité et de s’écarter du tourisme de bidonvilles qui tente un nombre grandissant d’Occidentaux voyeurs.

Dorcas Coppin, Une barque sur l'océan

© Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion

Une barque sur l’océan dérive parfois sur le sublime contemplatif

Arnold de Parscau se fait peintre des émotions, des ressentis qui saisissent l’âme et le corps ; il valorise un pan de cinéma que d’aucuns trouveront peu nuancé. Il cadre, colorise, harmonise. Il se distraie de la narration qu’il conduit vers le mélodrame mais sans l’obsession d’une linéarité narrative. Les tumultes de la jouissance, de l’euphorie et des désillusions sont autant d’éléments qu’il sait prégnants sur l’instant captés. Cela peut susciter une certaine confusion quand il mêle l’ellipse à son avancée dans le drame.

Dorcas Coppin et Hari Santika dans Une Barque dans l'océan

© Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion

Surpasser le sentimentalisme vain par la profondeur des émotions

Travaillant par touches, le cinéaste se perd forcément dans le manque de profondeur de son océan sur lequel sa barque dérive. Mais sa réflexion sur la musicalité des âmes est surtout frappée par la grâce de la musique. Le score de Cyrille Marchesseau est essentiel à la réussite de son approche, et apporte ce supplément d’âme qui sonde les lagunes pour y trouver les joyaux enfouis. La bande originale est l’une des plus harmonieuses entendues depuis longtemps, une splendeur qui rehausse la vision du cinéaste. Le travail en binôme entre le réalisateur et son compositeur, avec lequel il avait déjà collaboré sur un court, confine à certains moments, notamment sur la toute fin, au sublime. Certes, cela se fait au détriment du récit auquel certains spectateurs essaieront de se rattacher avec agacement. D’autres prendront le large pour se laisser submerger par la beauté.

De ce fait, il serait injuste de vouloir rabaisser cette curiosité à du sentimentalisme clicheton quand elle a tant de splendeurs à offrir.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 26 août 2020

Une Barque dans l'océan, affiche du film

© Fleurs d’Argent Productions, Cinéastre, Le Trublion

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