Dans The Wandering Earth, en Chine aussi, l’apocalypse menace. Pour le meilleur et pour le pire.
Synopsis : Un groupe d’astronaute doit trouver une nouvelle planète pour l’humanité, le soleil étant en train de mourir.
Critique : Notre planète se meurt. Une seule solution : changer de système solaire.
Sous l’impulsion d’une coalition mondiale, de gigantesques moteurs à propulsion sont créés afin de faire de la terre un gargantuesque vaisseau spatial capable de transporter sa population vers un monde meilleur (vous suivez ?). Mais alors que cette sympathique épopée suit tranquillement son cours, une collision prochaine avec Jupiter risque de provoquer la fin de l’humanité. Une équipe de sauvetage, formée par un heureux hasard, va porter l’espoir du monde entier … sous l’égide de la bannière étoilée ? Eh bien non, dans The Wandering Earth, seule la chine portera sur ses solides épaules le salut de l’espèce humaine.
Fort de ses 50 millions de dollars de budget (37 de plus qu’un Detective Dee par exemple), la troisième réalisation de Frant Gwo se positionnait clairement en Blockbuster à l’ambition internationale, promettant son lot d’images fortes et un vrai fossé visuel comparé aux productions chinoises habituelles. Mission à moitié réussie, disons-le d’emblée.
Au niveau domestique, le métrage aura profité de l’absence de la concurrence étrangère pour s’ériger en gros carton du box office de son pays d’origine, battant tous les records (près de 700 millions de dollars localement). Suite à ces recettes phénoménales, le distributeur chinois Capital Medias annonce une très importante couverture sur le territoire américain. C’est finalement 25 villes (Canada compris) qui diffuseront le film à travers Amérique du Nord pour un score pas inintéressant (5M$). In Fine, Netflix – encore – mettra la main sur les droits de diffusion mondiaux, pour une sortie en avril 2019, soit un peu plus de deux mois après la sortie salle.
Mais alors qu’il débarque dans nos salons auréolés de ses records locaux, le film tient-il toutes ses promesses ? Intéressons nous d’abord à l’aspect visuel et technique de l’œuvre.
La Production Value (costumes et accessoires), confiée à Weta Workshop, fait ici figure de brillante réussite (comme souvent avec la compagnie néo zélandaise, historiquement rompue aux contraintes de l’Under Budget). Le constat est bien moins reluisant du coté des effets numériques, souffrant d’une irrégularité assez frustrante. Si certains plans spatiaux tirent leur épingle du jeu, la majeure partie de la post-production se montrera au mieux correcte, bien souvent désuète (mention spéciale à l’animation des transporteurs, complètement aux fraises). Difficile à avaler devant un métrage qui promettait tant visuellement.
Soutenu par un casting homogène (même si l’excellent Wu Jing surnage au-dessus de la mêlée) The Wandering Earth se contentera d’appliquer les codes de ses modèles américains, sans jamais vraiment tenter de s’affranchir du cinéma catastrophe que l’on ne connait que trop bien. Même le patriotisme exacerbé propre aux destruction porns de l’Oncle Sam, se retrouve ici transposé en République Populaire de Chine, appuyé par d’incessantes vagues de bon sentiments guimauves plutôt indigestes. Mais alors, ce qui hérisse les poils de certains chez Roland Emmerich ou Michael Bay doit-il bénéficier de plus de mansuétude de par sa provenance inhabituelle pour le genre ? Pas sur.
The Wandering Earth avait tout pour convaincre : une vraie ambition visuelle, un budget confortable, et même l’apport de consultants scientifiques chargés d’étudier la véracité des théories avancées dans le film. Malheureusement, l’œuvre finira plombée par sa maladresse générale, tant dans l’exécution technique que dans sa volonté de reproduire à l’identique le schéma de ces métrages dont nous sommes déjà abreuvés à longueur d’années.