Film coup de poing, The Furious de Kenji Tanigaki mérite bien son titre et s’affirme comme une nouvelle référence en matière d’action martiale.
Synopsis : Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.
Mission : refaire de Hong Kong la capitale du cinéma d’action
Critique : Le grand producteur Bill Kong (à l’origine de Hero, Le Secret des poignards volants et La Cité interdite de Zhang Yimou) a décidé en 2024 de réactiver un genre tombé quelque peu en désuétude, le film d’arts martiaux made in Hong Kong. Effectivement, depuis la rétrocession de l’île à la Chine, le succès n’était plus vraiment au rendez-vous et les ventes internationales ont été en chute libre dans ce domaine.

© 2025 Edko Films, XYZ Films, Zhejiang Hengdian Film Production. All Rights Reserved.
Aussi, le producteur entend mettre tous les atouts de son côté pour faire de The Furious un spectacle impressionnant ayant pour vocation de cartonner aussi bien en Asie que dans le monde entier. Pour cela, il engage le coordinateur de cascades japonais Kenji Tanigaki qui a déjà une certaine expérience derrière la caméra pour tourner un nouveau sommet dans le domaine des arts martiaux, dans le style de The Raid (Gareth Evans, 2011) et sa suite.
Des pointures martiales venues de toute l’Asie
L’ambitieux producteur obtient une aide financière de la part des distributeurs américains (notamment Lionsgate) et parvient à mobiliser un budget colossal de 20 millions de dollars qu’il va utiliser au mieux en délocalisant le tournage en Thaïlande. Comme le deal était de tourner le film en langue anglaise, The Furious va intégrer à son casting des artistes martiaux issus de plusieurs pays asiatiques. Ainsi, la star chinoise Xie Miao obtient le rôle principal d’un père muet qui recherche sa fille enlevée par un réseau de trafic d’êtres humains, tandis que l’Indonésien Joe Taslim (déjà vu dans The Raid justement) vient lui donner un coup de main (et de pied), lui qui recherche sa femme journaliste, disparue lors de ses investigations sur ces disparitions d’enfants.
Si le long métrage a été entièrement réalisé en Thaïlande avec des équipes locales, le film ne précise pas dans quel pays l’action se déroule, sans doute afin de justifier l’emploi de la langue anglaise par les différents protagonistes. De toute façon, cela importe peu puisque le script rédigé par Frank Hui est un canevas totalement futile qui n’a pour but que de permettre l’enchainement de combats martiaux toujours plus violents.
L’action pure, dans ta face!
En fait, le métrage commence directement par les enlèvements de la journaliste, puis de la gamine du héros, avec déjà une volonté de montrer que le film ira jusqu’au bout de sa noirceur en proposant la mort d’un enfant à l’aide d’une flèche qui transperce sa tête. Dès les cinq premières minutes, le spectateur sait que les auteurs ne s’interdiront rien et ils iront effectivement jusqu’au bout de leur idée en n’hésitant pas à supprimer des protagonistes importants en cours de route.

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Mais bien évidemment, ce qui rend la quête des deux hommes particulièrement intéressante vient de leur capacité à combattre à mains nues (ou aidés d’un marteau qui fait très mal) des armées d’antagonistes, tous plus dangereux les uns que les autres. D’ailleurs, le long métrage n’a pas volé son titre international tant la furie se déchaine à l’écran à l’aide de chorégraphies virevoltantes, mais toujours crédibles et exécutées sans câbles. Pour mettre en valeur les prestations physiques de ses comédiens, le réalisateur Kenji Tanigaki prend le parti de ne pas trop découper ses plans et préfère suivre les affrontements en plan large, de manière que le spectateur ne soit jamais perdu.
Le shoot d’adrénaline que les fans d’action attendaient
Grâce à cette réalisation, The Furious devient un uppercut cinématographique et un véritable shoot d’adrénaline qui nous renvoie aux plus belles heures de The Raid, les fusillades en moins puisque tout passe ici par les mains, des lames affutées ou encore le fameux marteau qui ravale Old Boy (Park Chan-wook, 2003) au rang de bluette. Bien entendu, ce déferlement de violence gratuite pourrait indisposer certains membres du public, d’autant que le cinéaste va jusqu’au gore lors de quelques plans bien gratinés, mais il franchit surtout un nouveau stade dans l’évolution du film d’action, cherchant à ne pas se laisser dépasser par la saga hollywoodienne des John Wick.
Le but était bien de reprendre la main et de rappeler au monde entier qui sont les maîtres en matière d’arts martiaux. On peut clairement affirmer que The Furious gagne son pari haut la main, devenant en moins de deux heures une nouvelle référence du genre.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 10 juin 2026

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Kenji Tanigaki, Xie Miao, Joe Taslim
Mots clés
Cinéma hongkongais, Les films d’action au cinéma, Les enlèvements au cinéma, Les enfants maltraités au cinéma, Metropolitan Filmexport