Pas un bruit (Hush) : la critique du film (2016)

Thriller, Epouvante | 1h22min
Note de la rédaction :
7/10
7
Sans un bruit

Note des lecteurs

Hush, de l’ingénieux Mike Flanagan, est un home invasion glaçant qui se joue de nos sens avec une efficacité de chaque instant ; le film a surtout contribué à pérenniser le genre horrifique sur Netflix.

Synopsis : Une écrivain sourde et muette se retrouve séquestrée dans son chalet par un tueur aussi sadique que déterminé…

Critique : Décidément, Mike Flanagan n’est, a priori, pas des plus chanceux. Ses thrillers horrifiques, malgré à chaque fois de flatteuses réputations, peinent à trouver le chemin des salles. The Mirror (alias Oculus en V.O.) n’a connu qu’une carrière en vidéo et sur OCS, et Hush (oui énième film baptisé de la sorte !) a connu un sort semblable avec une exclusivité sur Netflix pour sa première française. Même le pertinent Ne t’endors pas, sorti un peu partout dans le monde en 2016, a atterri dans l’Hexagone sur la célèbre plateforme boulimique, tout comme son adaptation très réussie de Stephen King, Jessie.

Un huis clos sensoriel produit par Jason Blum.

En fait le seul gros succès en salle de ce spécialiste de l’épouvante demeure au cinéma Ouija 2. Cette petite pépite de cinéma morbide a fait sensation, aidée par la production de Jason Blumhouse, redorant le blason d’une franchise notoire. La suite de Shining, Doctor Sleep lui offrira de nouveau le chemin du grand écran pour Halloween 2019. Entre temps, il est vrai, le monsieur a quand même signé l’une des séries les plus fracassantes de 2018, The Haunting of Hill House dont il est le créateur. Respect.

Donc, en 2016, pour revenir au thriller glaçant Hush, c’est avec habileté qu’il a fait d’un huis-clos sensoriel (la victime retranchée chez elle est muette) un succès évident pour Netflix. Cette petite production placée sous le signe de l’économie de moyens, a ainsi vu son tournage réduit à 3 semaines. Un budget  chiche, puisque c’est l’inévitable Jason Blum qui produit, voulu aussi par l’unité de lieu, l’équipe artistique réduite. Et son casting. Dans le rôle central, on retrouve l’épouse du cinéaste, Kate Siegel, co-scénariste du film…

Hush n’est donc pas des plus braillards en tant que film de genre, mais pose les bases d’une authentique série B, de celles qui peuvent confiner au génie ou au contraire rejoindre la vaste catégorie des navetons intégraux.

Pensez Funny Games, The Strangers, You’re Next !

Avec une efficacité de mise en scène absolue, un jeu délicieux sur les effets sonores, le film de Flanagan rejoint largement le rang des excellentes découvertes du marécages des DTV. Avec son script mineur d’Home Invasion, il manifeste une concision narrative perverse, qui oppose une femme sourde à un assaillant masqué qui en veut à sa vie. En toute gratuité.

Avec pareil script, on pense immédiatement aux jalons douloureux qui ont marqué le chemin, de Funny Games à Ils, en passant par The Strangers, American Nightmare et You’re Next

Forcément, les références sont multiples, et le procédé narratif contribue à la familiarité. Le cinéaste joue avec dextérité sur le handicap de la victime, comme d’autres bien avant lui. Nous citerons les plus ou moins oubliés Témoin muet, Double vue (ça c’était dans les années 90), In the dark, ou le pionnier Terreur aveugle de Richard Fleischer, en 1971. Autant de films qui ont placé les victimes, muettes ou aveugles, dans des situations sensorielles similaires de malaise et de mort. Hush, le retardataire, ne paraît pas téléphoné face à la concurrence. Le thriller est juste terrifiant d’efficacité et se revoit aisément après avoir passé l’épreuve du temps.

Critique de Frédéric Mignard

Sans un bruit

Copyrights : Blumhouse Porduction

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