Mickey and the Bear : critique du film (2020)

Drame | 1h29min
Note de la rédaction :
8/10
8
Mickey and the bear : affiche du film d'Annabelle Attanasio

  • Réalisateur : Annabelle Attanasio
  • Acteurs : James Badge Dale, Ben Rosenfield, Rebecca Henderson, Camila Morrone
  • Date de sortie: 12 Fév 2020
  • Nationalité : Américain
  • Scénariste : Annabelle Attanasio
  • Distributeur : Wayna Pitch
  • Editeur vidéo : Inconnu
  • Date de sortie vidéo : Inconnu
  • Box-office France / Paris-Périphérie : A suivre
  • Festivals : SXSW Festival 2019, Festival de Cannes 2019 (Sélection ACID), Festival de Deauville 2019, Festival du Nouveau Montréal 2019 - Gangneung International Film Festival 2019 - Festival International du Premier film d'Annonay 2020

Mickey and the Bear est le portrait sensible d’une adolescente de bonne volonté, livrée à elle-même dans une Amérique qui n’a pas grand-chose à lui offrir.

 Synopsis : Mickey Peck, une adolescente du Montana, a la lourde responsabilité de s’occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Quand l’opportunité se présente de quitter pour de bon le foyer, elle fait face à un choix impossible…….

Critique : Mickey est une adolescente de 17 ans à la maturité et à la détermination exceptionnelles. Isolée dans cette campagne du Montana, un état de montagnes de de lacs du nord des Etats-Unis, elle est en couple avec Aaron, un garçon gentil et sans doute amoureux d’elle mais dont les réactions primaires révèlent un esprit peu futé et plutôt machiste. Quand le destin met sur sa route Wyatt, un musicien de son âge doux et attentionné, des rêves d’émancipation la gagnent. L’ours, c’est Hank, son père, un rescapé d’une de ces nombreuses guerres que la puissance Amérique essaime régulièrement aux quatre coins de la planète, laissant quelques-uns de ses concitoyens perclus de traumatismes, sans jamais chercher à leur venir en aide. Sa femme étant décédée, c’est donc à Mickey qu’incombe la lourde tâche de récupérer son père au commissariat après une nuit de beuverie, de veiller au renouvellement des produits nécessaires à calmer ses crises, et d’assurer l’entretien de ce mobile-home brinquebalant.

Camilia Morrone dans Mickey and the bear

Copyrights : Wayna Pitch, Thick Media Co.
Shorelight Pictures

 Voilà certes suffisamment d’éléments réunis pour laisser imaginer un énième drame social nourri de pathos ou de violence. Pourtant, la jeune réalisatrice Annabelle Attanassio, dont c’est le premier long-métrage, évite habilement cet écueil en se dotant d’un casting de choc et bien plus encore en faisant le choix d’une narration nuancée, entre pudeur et distance, pour à la fois dessiner la complexité d’une relation père/fille mise à mal par la folie et le manque d’argent et dresser le portrait d’un pays, réputé le plus riche du monde, à la grandeur altérée par ses carences sociales, sans oublier de pimenter le tout d’une touche féministe.

Mickey and the Bear : portrait d’une Amérique laissée pour compte

Tout au long du récit, Mickey promène son caractère bien trempé et son apparente assurance pour répandre une énergie assez solide pour ne jamais laisser s’immiscer le moindre soupçon de tragédie. Si derrière son regard placide pointe parfois le désespoir ou la colère contre les hommes de son entourage, bien moins valeureux qu’elle, ou contre l’incompétence de médecins censés lui venir en aide, elle trouve toujours la ressource nécessaire pour faire apparaître la face la moins sombre de son père et s’attirer la sympathie d’une psychiatre au grand cœur qui la prend sous son aile. Il faut dire que la comédienne Camila Morrone sait parfaitement puiser dans toute une palette de sentiments pour accorder candeur et authenticité à ce personnage qu’un juste équilibre entre spontanéité d’une enfance pas tout à fait achevée et maturité gagnée au gré des tourments de la vie rend attachante. Sa fraîcheur se mesure sans heurts à l’impressionnant James Badge Dale, un monstre potentiel qu’il aurait été facilement de rendre haïssable. Le scénario en fait une description plus fine. En exploitant les contours sensibles de ce malade perdu entre l’amour sincère qu’il porte à sa fille et les démons qui le dévorent, il le transforme en objet d’empathie.

Mickey Wiatt Mickey and the bear, photo du film

Copyrights : Wayna Pitch, Thick Media Co.
Shorelight Pictures

La mise en scène se met au diapason de ses personnages. La caméra filme sans tapage et même avec une certaine douceur la désolation autant que les instants de bonheur volés, les paysages grandioses de la région tout comme l’indigence de l’habitation, imprimant à l’ensemble des scènes un réalisme étonnamment serein.

Mickey and the Bear est donc un premier film vivifiant et prometteur qui donne toutes ses lettres de noblesse au cinéma indépendant américain.

Critique : Claudine Levanneur 

Sorties de la semaine du 12 février 2020

Mickey and the bear : affiche du film d'Annabelle Attanasio

Copyrights : Wayna Pitch, Thick Media Co.
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