L’Ospite : la critique du film (2019)

Comédie, comédie dramatique | 1h34min
Note de la rédaction :
6/10
6
L'ospite de Duccio Chiarini, affiche fantaisiste

  • Date de sortie: 10 Juil 2019
  • Nationalité : Italien
  • Distributeur : Urban Distribution
  • Éditeur vidéo :
  • Date de sortie :
  • Box-office France / Paris-périphérie :
  • Festival : Locarno Festival Piazza Grande 2018, Toronto Film Festival 2018
Note des lecteurs

L’Ospite insinue le doute dans le couple et plus généralement dans l’existence de jeunes quadragénaires au seuil des grandes décisions. Pertinent, malgré un manque de fantaisie pourtant vendu par une promotion trop axée sur l’humour qui fait défaut au film.

Synopsis : A Rome, Guido, presque quarante ans, voit sa paisible vie chamboulée quand sa petite amie Chiara remet brutalement en question leur couple. Il se retrouve alors contraint de squatter chez ses parents et amis. D’un canapé à l’autre, il s’invite malgré lui dans l’intimité de ses proches et prend conscience de la complexité des relations amoureuses.

Critique : Pour son deuxième long de fiction, le réalisation Duccio Chiarini se détourne de l’adolescence de L’éveil d’Edoardo, qui mêlait découverte de la sexualité et romance, à une comédie de quadragénaire où le couple oppresse, étouffe, et vit des palpitations qui remettent les voies empruntées par chacun en question.

L’Ospite invite la crise de la quarantaine à l’écran

Un accident de préservatif, qui ouvre de façon cocasse et fantaisiste, et en toute nudité, le film très terre à terre, permet de dégager l’éventualité d’un bébé à un couple. Mais ancré dans une réalité sociale, professionnelle, pas toujours satisfaisante, se posent alors moult questions. Qu’impliquerait financièrement l’enfant quand on ne peut pas même changer de canapé? L’autre est-il la bonne personne? Quid de sa liberté, de son besoin d’étancher son instinct dans la spontanéité?

La crise de la quarantaine n’est jamais très loin dans L’Ospite, oeuvre conjugale où le couple ne se restreint pas à celui du professeur-écrivain qui se recherche, Guido, mais aussi à ses amis, hommes ou femmes. Tous semblent paumés, avec des aspirations foncièrement contraires à celle du conjoint, qu’il soit époux, futur père… L’on retrouve ses premiers amours, l’on trouve une situation professionnelle plus satisfaisante, forcément très loin du foyer… L’on se rend compte surtout que le couple est un peu un boulet, du moins à un instant T de sa propre histoire forcément en cours d’écriture, avec ses ressorts, car l’image de l’amoureux-amant-ami est surtout celle d’une routine, reflet d’un microcosme de vie banale.

La banalité s’invite donc souvent dans le film de Chiarini qui traite ses personnages avec le pinceau de l’universalité dans des décors italiens peu gratifiants. L’Ospite est empreint d’un réalisme ensoleillé dans son cadre, d’une vision pointilleuse de la psychologie de ses personnages dans lesquels on peut aisément se retrouver. C’est à la fois la force et la faiblesse du film, nos vies n’étant pas forcément des modèles de cinéma, à l’image du personnage central de Guido qui fond en larmes lors d’un très beau moment de séparation que l’on a forcément tous connu.

Moins jovial que ce qu’annonce son affiche française, L’Ospite tempère les humeurs, rationalise les douleurs, et délivre un cinéma qui plaira aux acharnés de la fiction vérité.

Critique : Frédéric Mignard

Sorties du 10 juillet 2019

L'ospite de Duccio Chiarini, affiche fantaisiste

Copyright : Thommaso Arrighi pour Mood Film
Illustration : Charlotte Wiltz

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L'ospite de Duccio Chiarini, affiche fantaisiste

Bande-annonce de L'Ospite

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