Little Monsters : la critique du film (2019)

Comédie horrifique, Film de zombies | 1h34min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
Little Monsters : des zombies australiens comiques, affiche

  • Réalisateur : Abe Forsythe
  • Acteurs : Lupita Nyong’o, Josh Gad, Alexander England
  • Date de sortie: 18 Oct 2019
  • Titre original : Little Monsters
  • Nationalité : Australien
  • Distributeur : CGR Events / Original Factory
  • Distributeur vidéo :
  • Sortie cinéma exclusive : Le vendredi 18 octobre 2019, dans 12 cinémas CGR (séance de 20:00 exclusivement)
  • Classification : Inconnu
Note des spectateurs :

Présenté en avant-première à Sundance, en 2019, Little Monsters est une comédie horrifique dans la tradition de Bad Taste et Shaun of the dead, le trash et le politiquement incorrect en moins. Trop respectueux des règles dans sa tentation de différence, le divertissement, aussi sympathique soit-il, n’imprègne pas.

Synopsis : Dave, musicien raté, égoïste et irresponsable, tombe sous le charme de l’institutrice de son neveu, Miss Caroline.  Il se porte volontaire pour accompagner la classe lors d’une sortie éducative dans une ferme voisine. Non loin de là, un virus s’échappe d’un camp militaire et une épidémie de zombies prolifère. Face à l’invasion, Miss Caroline décide de présenter la terrible menace aux enfants comme un jeu éducatif, pour ne pas les effrayer et protéger leur innocence. Dave voit ses plans s’éloigner et va devoir faire face à ses responsabilités…

Critique : Présenté en France en salle exclusivement le temps d’une séance chez CGR, dans une douzaine de cinémas en France, Little Monsters se prépare surtout à vivre une sortie plus large en vidéo et sur les plateformes de contenu vidéo. L’initiative de CGR de nourrir, le temps d’une soirée, sur quelques écrans, les spectateurs de la viande rouge de cette série B australienne, est louable, et ce genre d’initiative toujours à renouveler pour plus de diversité dans les multiplexes trustés par les blockbusters et comédies familiales.

Mais quid du film dont la promo aime mettre en avant la présence charismatique de Lupita Nyong’o, vedette de Us et de Black Panther, et une filiation de ton et de genre avec Shaun of the dead ? Ce dernier représente le maître étalon en matière de zombie flick déjanté : il avait révélé les talents d’Edgar Wright, à la réalisation, et Simon Pegg, en tête d’affiche, mais d’autres parodies dans le domaine avaient déjà compilé les moments de franche déconnade : détournant les codes de la trilogie originelle de George A. Romero, Le retour des morts vivants de Dan O’Bannon, en 1985, fut le plus gros succès de cette engeance.

Little Monsters ne révolutionnera en rien le genre. Avec sa réalisation pop fluide extrêmement agréable à regarder, comme un catalogue d’applications sur un store, cette production australienne mise beaucoup sur l’immaturité du personnage principal, jeune trentenaire totalement hors sol, largué par sa légitime, qui finit sur le canapé de sa sœur, célibataire avec un fils de cinq ans sur les bras. L’exercice de séduction auprès d’un public geek amateur de loufoqueries un peu grasses est évident, et l’on ne remettra pas en cause la capacité du personnage central à susciter le sourire. Confrontant son neveu à son attitude de rockeur cracra et craignos, le film démarre comme une comédie de sale môme qui tarde à mettre les premiers monstres au menu.

Alexander England dans Little Monsters

© 2019 Little Monsters Holdings PTY LDD, Create NSW Screen Australia

Il faudra que le frangin parasite accompagne son neveu à une sortie scolaire, afin de se rapprocher de la séduisante institutrice, incarnée par Lupita Nyong’o, pour que le carnage commence. Un carnage peu carnassier, mais les zombies sont bien fichus, suffisamment pour créer un petit frisson auprès des spectateurs qui déploient un goût limité pour le gore, pourtant formule bien aimée des puristes du cinéma de macchabées ambulants. C’est que le plat est aseptisé.

L’invasion de zombies devient alors un prétexte pour que l’héroïne professeure des écoles et notre antihéros mettent en place tout un stratagème pour dévier l’attention des culottes courtes des horreurs environnantes qu’ils font passer pour un jeu grandeur nature.

De ce décalage entre le réel affreux et l’attitude d’une institutrice tout droit sortie de la Mélodie du bonheur découle la volonté de susciter l’humour. Cela marche parfois, mais l’intrusion du personnage antipathique joué par Josh Gad (le fou de La Belle et la Bête, version live), acteur au jeu insipide qui aime en faire trop, tend à rabaisser le programme.

In fine, la viande jetée en pâture aux spectateurs n’est pas avariée, mais souffre d’une cuisson paradoxalement “trop” à point pour laisser la loufoquerie sa laisser aller. En gros, cette comédie aurait mieux fait d’établir une filiation avec l’Ozploitation des années 70 et 80, ou quand les Australiens produisaient des séries B démentes qui défiaient tout les règles pour mieux laisser leur trace dans les couloirs du bis.

Frédéric Mignard

Les sorties cinéma de la semaine du 16 octobre 2019

 

Little Monsters : des zombies australiens comiques, affiche

© 2019 Little Monsters Holdings PTY LDD, Create NSW Screen Australia, Factory Originals
Affiche : Dark Star L’Etoile Graphique

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