Les rivaux du rail : la critique du film et le test blu ray (1965)

Western | 1h29min
Note de la rédaction :
4,5/10
4,5
Les rivaux du rail : affiche du western

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Les rivaux du rail vaut le détour uniquement pour la beauté de ses paysages et une scène d’action étonnante. Le reste est d’une banalité confondante.

Synopsis : Les années 1870. Bien qu’elle ait officiellement obtenu l’autorisation de construire une ligne de chemin de fer à travers les Montagnes Rocheuses, la compagnie Denver & Rio Grande se heurte vite à une société rivale dont le représentant, McCabe, ne recule jamais devant la violence. Directeur des travaux de la première, Jim Vesser le sait d’autant mieux qu’il le connaît pour avoir combattu à ses côtés pendant la Guerre de Sécession…

Des travaux dans les rivaux du rail

© 1952 Paramount Pictures. Tous droits réservés.

Critique : 1952 constitue clairement une grande année pour le western. Ainsi on trouve Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann, Les affameurs d’Anthony Mann ou encore La maîtresse de fer de Gordon Douglas. Et c’est à ce moment que sort Les rivaux du rail. N’y allons pas par quatre chemins : ce western est très moyen. Et encore, en le disant de la sorte on se montre plutôt indulgent.

Un western aux paysages magnifiques

Le film évite le naufrage grâce à ses deux principales qualités : ses paysages extérieurs et ses scènes de train. Denver and Rio Grande (titre original du film) donne l’occasion d’admirer la beauté des paysages filmés et notamment les montagnes du Colorado. Ainsi ces superbes extérieurs (forêts, rivières) sont magnifiés par un technicolor apportant un côté vintage apprécié. On sent que le réalisateur Byron Haskin a pris du plaisir à filmer ces paysages qui sont tout de même une véritable prouesse technique. Et il est évident que le cinéaste s’est également montré à son avantage pour filmer les trains. Les amateurs apprécieront. On est même bluffé par la séquence de la collision entre deux trains. Cette scène est spectaculaire et d’autant plus remarquable qu’il n’y a évidemment pas d’effets spéciaux. C’est sans conteste la meilleure scène du film. Mais le reste laisse franchement à désirer.

… Mais souffrant d’un scénario médiocre

Mort d'un personnage dans les rivaux du rail

Le scénario est le premier coupable au rang des accusés. En effet, aucune finesse ni crédibilité, aucun rebondissement mais un amoncellement de clichés. Le film est d’une naïveté confondante : à ma gauche on a les gentils et à ma droite les méchants. Qui va s’en sortir ? C’est vraiment très difficile à imaginer ! Les rivaux du rail feraient presque passer Star Wars comme une œuvre philosophique dans sa dichotomie entre le bien et le mal. De plus, le script est tellement mauvais qu’il sacrifie des acteurs de premier plan. Sterling Hayden, l’acteur mythique de Johnny Guitar (1953) est très mal utilisé et peine à convaincre. Que dire de sa disparition pouvant faire penser à la fin atterrante de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises ?

Les acteurs ne sont pas à la fête

Et puis l’actrice Laura Elliot remporte la palme de la plus mauvaise actrice. Dans le rôle du traître, elle est vraiment affligeante ; son volte-face final est ridicule. Au sein d’une distribution à la dérive, l’acteur Edmond O’Brien, qui bénéficie du rôle principal, est le seul à tenir la route. Il faut juste s’habituer à son physique peu commun – un homme assez costaud – pour un héros de western. Évidemment, l’acteur n’est pas aidé par le script et on lui prête une histoire d’amour vraiment inutile. Tout comme le second couple de l’histoire, censé amuser le spectateur dans un registre comique. C’est juste ringard et stupide.

En fait, Les rivaux du rail est un western de la Paramount pas très folichon. Et il est certain que Byron Haskin, victime d’un mauvais script, n’arrive jamais à rehausser le niveau. C’est dommage car il est capable de bien mieux. On lui doit notamment l’original de La guerre des mondes (1953) et Le roi des îles (1954) avec Burt Lancaster.

En fin de compte, Les rivaux du rail vaut uniquement pour son aspect rareté et la beauté de ses décors extérieurs. Seuls les fans de train et les aficionados de westerns y trouveront leur compte. Les autres risquent de trouver le temps long.

Collection Western de Légende

Les rivaux du rail : affiche du western

© Paramount Pictures

Jaquette du blu ray des rivaux du rail

Test blu-ray

Compléments : 3/5

Patrick Brion effectue son habituelle présentation des westerns de la collection Sidonis Calysta. Et lors de celle-ci (8 minutes), il n’est pas tendre avec Les rivaux du rail, qu’il qualifie de film inégal. Il trouve le scénario mauvais mais retient notamment la beauté des paysages et le choc des deux trains. Dans le second bonus, Bertrand Tavernier effectue une présentation plus longue (18 minutes) du film. Son avis rejoint globalement celui de Patrick Brion. Dès lors, une question se pose : pourquoi avoir sorti ce film en blu-ray compte tenu de sa qualité relative ?

Image : 4/5

L’image a bénéficié d’un excellent travail de restauration. Elle permet d’apprécier dans des conditions quasi optimales le superbe technicolor du film. Et les magnifiques plans d’extérieur sont un régal pour les yeux !

Son : 3/5

Le son proposé est un DTS-HD master audio 2.0 en version originale ou en version française. Les anglophones seront ravis de disposer de sous-titres amovibles. Pas de souffle constaté. Toutefois, les dialogues manquent d’ampleur en version française.

Critique : Nicolas Bonnes

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