Les meilleures intentions : la critique du film (2020 )

Drame | 1h27min
Note de la rédaction :
6/10
6
Les meilleures intentions d’Ana Garcia Blaya, affiche

  • Réalisateur : Ana Garcia Blaya
  • Acteurs : Javier Drolas, Amanda Minujin, Ezequiel Fontenla, Carmela Minujin
  • Date de sortie: 23 Juil 2020
  • Nationalité : Argentin
  • Titre original : Las buenas intenciones
  • Scénariste(s) : Ana García Blaya
  • Société de production : Bla Bla Cine, Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (INCAA), Nos, Tarea Fina
  • Distributeur : Epicentre Films
  • Editeur vidéo : Epicentre Films
  • Date de sortie vidéo : A suivre
  • Box-office France / Paris-Périphérie : A suivre
  • Classification : Tous publics
  • Festival : Festival CINELATINO Toulouse 2020, Festival de Biarritz Amérique Latine 2019 - Mention spéciale du Syndicat Français de la Critique de Cinéma, Festival International de San Sebastian - TCM Youth awards - 2019, Festival International de Toronto - Discovery- 2019
  • Formats : 1.85 : 1 / 5.1 Dolby Digital
  • Crédits : © Epicentre Films
Note des spectateurs :
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Les meilleures intentions est un film modeste et honnête, qui ne réussit à entraîner son spectateur que tardivement.

 Synopsis : Début des années 90. Amanda, l’aînée de 10 ans, son frère et sa sœur vivent alternativement sous le toit de leurs parents séparés à Buenos Aires. Le statu quo est bouleversé lorsque leur mère annonce vouloir déménager avec son compagnon au Paraguay en amenant les enfants avec elle. Amanda se sent plus proche de son père « bohème », sa mère étant plus stricte mais plus responsable. Elle devra se battre pour faire entendre sa voix.

50 nuances de père

Critique : De manière explicite, Les meilleures intentions est placé sous le patronage écrasant de J. D. Salinger, avec le projet, à partir de motifs autobiographiques, de raconter sans fards le quotidien d’une enfance quelque peu malmenée. Sans doute la réalisatrice, dont c’est le premier film, a-t-elle voulu ainsi s’inspirer d’un style constamment tourné vers le non-dit et le sous-entendu ; si elle y parvient parfois, on ne peut s’empêcher de trouver répétitives les séquences purement descriptives. Gustavo, adulescent immature, y promène son goût pour la musique et le tabac, son indolence et ses défaillances. On le voit tenir sa boutique de disques, conduire, danser, boire, mal se réveiller, être en retard, bref ne pas tenir son rôle d’adulte et de père. Même si les trois enfants n’ont pas l’air d’en souffrir, cette vie chaotique filmée par bribes tient du bricolage permanent, au grand désespoir de l’ex-femme, dont on suppose qu’elle a été lassée d’attendre que Gustavo devienne stable. En brèves séquences, la cinéaste dessine un quotidien répétitif ; dès le début, avec le réveil des enfants, la place du père est plutôt à côté, décalée, alors qu’Amanda, la fille aînée, prend le rôle de l’adulte. On sent non pas une usure (Amanda souhaitera rester avec son père au moment où sa mère et son nouveau compagnon partent au Paraguay), mais une habitude établie. Gustavo, relégué au rang de témoin, et pas toujours attentif, se laisse porter par des événements sur lesquels il n’a pas prise et auxquels il s’adapte comme il peut, c’est à dire mal. À l’image de sa voiture dont la portière ne ferme pas, mais aussi de ce que les autres pensent de lui malgré leur attachement (son ami Nestor lui dit qu’il « est le bâton dans les roues » et passe son temps à râler contre lui), cet antihéros apathique souffre d’une inadéquation entre son monde et le monde réel. Cela ne le rend pas forcément sympathique, et le jeu très retenu de l’acteur principal y est pour beaucoup, sauf par contraste avec les « intégrés », notamment le nouveau compagnon, figure à peine esquissée et traitée pourtant sans schématisme.

Les meilleures intentions d’Ana Garcia Blaya, film 2020 2

© Epicentre Films, Bla Bla Cine, Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (INCAA), Nos, Tarea Fina

Un film sans prétentions, intègre et jamais déshonorant

Reste que le film se décentre vite : Gustavo n’est pas le vrai protagoniste. Ana Garcia Blaya s’intéresse davantage à Amanda, à qui, à dix ans, échoit le rôle de mère : elle organise, contrôle, s’occupe seule de demander une bourse. Et protège aussi bien son père que sa fratrie. C’est, on l’a dit, un peu de sa vie que raconte la réalisatrice, d’où cette focalisation particulière. Néanmoins, le personnage reste assez théorique et ne prend d’épaisseur que quand sa mère déménage, c’est à dire quand elle trouve l’occasion de s’opposer. Mais elle est à l’image du film, qui ne décolle vraiment que dans le dernier tiers, quand enfin un enjeu relance l’intérêt. La cinéaste prouve alors son savoir-faire en des séquences douces-amères (l’entrevue de dos dans la voiture, la discussion pleine de silences entre père et fille) qui laissent enfin poindre une émotion réelle.

À travers les deux protagonistes, Ana Garcia Blaya interroge en nuances la place du père dans la société contemporaine, et les conséquences sur les enfants. Son regard, s’il n’est pas bien neuf, a pour lui un refus d’embellissement que traduisent des couleurs ternes, et une attention aux détails quelquefois bienvenus. Cela n’en fait pas une œuvre inoubliable, mais un film sans prétentions, intègre et jamais déshonorant.

François Bonini

Sorties de la semaine du 15 juillet 2020

Les meilleures intentions d’Ana Garcia Blaya, affiche

© Epicentre Films

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