Le malin : la critique du film (1979)

Drame | 1h45min
Note de la rédaction :
8/10
8
Le Malin de John Huston (1979)

  • Réalisateur : John Huston
  • Acteurs : Brad Dourif, Ned Beatty, Harry Dean Stanton, John Huston
  • Date de sortie: 24 Oct 1979
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Wise Blood
  • Année de production : 1979
  • Scénariste(s) : Benedict Fitzgerald & Michael Fitzgerald, d'après l'oeuvre de Flannery O'Connor
  • Directeur de la photographie : Gerry Fisher
  • Compositeur : Alex North
  • Société(s) de production : Ithaca Films Inc, Anthea Film
  • Distributeur : Swann Diffusion
  • Distributeur (reprise) : Carlotta
  • Date de reprise : 7 octobre 2020
  • Éditeur(s) vidéo : Lumières (VHS), Editions Atlas (VHS), Carlotta Films (DVD, 2 disques)
  • Date de sortie vidéo : 8 octobre 2008 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 83 490 entrées / 41 786 entrées
  • Box-office nord-américain Inconnu (sorti le 14 décembre 1979 par New Line)
  • Budget : 1 000 000$
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs - DCP / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Ferracci (affiche originale), Dark Star, L'Etoile Graphique (affiche reprise)
  • Crédits : ©1979 Ithaca Films Inc. Tous droits réservés.
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Le malin est un jalon dans la carrière de John Huston, qui aborde l’Amérique des illuminés et des prédicateurs itinérants de manière brillante, cinglante et surtout effrayante !

Synopsis : De retour de l’armée, Hazel Motes retrouve sa maison familiale à l’abandon et décide de partir pour la ville afin d’y faire « des choses qu’il n’a encore jamais faites ». Il rencontre Asa Hawks, un prédicateur escroc qui se fait passer pour aveugle. Celui-ci est accompagné de sa fille Sabbath Lily, laquelle tente de séduire le jeune homme. Agacé par l’imposture et la foi pervertie des gens qu’il rencontre, Hazel décide de fonder un nouveau culte : l’Église sans Christ…

Le Malin de John Huston (1979),

© 1979 Ithaca Films Inc. Tous droits réservés Tous droits réservés

Le malin au plus profond des enfers de la religion

Critique : Avec Le malin, John Huston, cinéaste iconoclaste, n’en est pas à son premier film d’allumé. Citons en vrac les dérangeants Les désaxésLa nuit de l’iguaneFreud, passion secrèteReflets dans un œil d’or… Des œuvres majeures auxquelles ce film, tardif dans la carrière du cinéaste (il avait plus de 70 ans quand il a entrepris le tournage), s’apparente immédiatement. En effet, à travers cette adaptation fidèle de La sagesse dans le sang de Flannery O’Connor, le réalisateur s’attache à décrire les tourments d’êtres singuliers, entre hallucination et dépression, aveuglement et démence, comme il l’avait si souvent fait auparavant. Alors que l’auteure catholique s’amusait à se moquer des dérives sectaires d’une certaine forme de protestantisme, dans son sud moite et ardent, John Huston, lui, éternel voyageur devant l’âme, fait une incursion en Géorgie, totalement révélatrice d’une Amérique qu’il ne connaissait pas. Celle des états sudistes bigots, prenant tout son sens aujourd’hui, mais qui au début des années 80 traînait son influence avec un archaïsme forcément anachronique, lié aux fondements même de l’Amérique.

Le Malin de John Huston (1979),

-© 1979 Ithaca Films Inc. Tous droits réservés Tous droits réservés

Huston, toujours fidèle aux auteurs qu’il adapte (Joyce, Tennessee Williams…), profite de sa rencontre avec le style poétique d’ O’Connor, pour mettre en scène la descente dans les enfers de la religion d’un personnage comme il les affectionne tant, en l’occurrence, celui d’Hazel Motes, un jeune homme tempétueux, en proie à une perturbante crise de rébellion, qui, à son retour de l’armée, le mène sur les sentiers de la contestation et de la remise en question. Sa fascination perverse pour les escrocs de rues, pasteurs et autres prêcheurs de pacotille qu’il abhorre, le conduit à devenir prédicateur malgré lui (autour d’un culte antireligieux !), et, dans son obstination à s’ériger contre les autres, il va lui-même se laisser gagner par la folie douce, puis, progressivement, par une violence, qui l’emporte finalement sur sa raison.

Brad Dourif, halluciné hallucinant

Dans ce personnage, ténébreux et insaisissable, on retrouve tout l’amour du réalisateur pour les figures excessives vouées à l’autodestruction. Incarné par un Brad Dourif au visage juvénile déjà halluciné et effarant, et porté par une mise en scène éclatante aux couleurs de la peinture naturaliste américaine de l’avant-guerre, Le malin est indéniablement un jalon dans la carrière de John Huston, et ce malgré son échec retentissant au box-office. Il ravira notamment tous les amateurs de curiosités qui s’inscrivent dans la mouvance d’un cinéma psychologique trouble et hypnotisant, qui, entre 1967 et la fin des années 70, foisonnait (L’autreNe vous retournez pasCérémonie secrète…).

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 24 octobre 1979

Le Malin de John Huston (1979)

Illustrateur : Ferracci – Tous droits réservés

Le DVD

Proposée en 2008, cette belle édition du Malin nous permet de revenir sur une œuvre méconnue mais essentielle dans la filmographie de John Huston.

Les Compléments : 4 / 5

Outre une préface au film de 6 minutes (signée Patrick Brion) que Carlotta nous propose de découvrir avant ou après le film, au choix, l’éditeur a sorti du placard un extrait de l’émission Ciné Regards du 21 octobre 1979, dans lequel le critique de Positif Michel Ciment interviewe John Huston. Ce dernier affiche beaucoup de prestance et une sérénité communicative, qui au-delà des questions, toutes judicieuses, rendent ce document extrêmement précieux. Un autre intervenant de Positif, Christian Viviani, maître de conférences à l’Université de Paris I, revient plus globalement sur la carrière du cinéaste pour y resituer le personnage d’Hazel lors d’un exercice que l’on retrouve avec toujours autant de plaisir sur les suppléments de l’éditeur, toujours enclin à nous offrir un minimum d’analyse. Il est, en revanche, dommage de ne pas avoir de module sur l’écrivaine, Flannery O’Connor ou au moins une petite étude comparée entre le film et le matériau littéraire originel. La galette comporte également une bande-annonce.

Image : 4 / 5

Le master de 2008, clair et subtil, offrait alors une vision unique à ce jour du Malin, même si l’on pouvait lui reprocher un manque de profondeur dans les noirs. Il n’en demeurait pas moins, alors, d’une très grande qualité. La reprise salle 2020 bénéficie d’un master haute définition tout autre.

Son : 3 / 5

Les pistes française et originale sont toutes deux soignées, mais le doublage accorde une trop grande proéminence aux voix, créant un déséquilibre. La VO est donc plus que recommandable, offrant une belle clarté au détriment des effets. Il faut dire que Le malin à l’époque, était sorti en salle avec le Mono d’usage.

Frédéric Mignard

Le Malin de John Huston (1979), affiche reprise

Illustrateur : Darkk Star, L’Etoile Graphique © 1979 Ithaca Films Inc. Tous droits réservés Tous droits réservés

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Le Malin de John Huston (1979)

Bande-annonce de Le malin

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