Le fils de l’épicière, le maire, le village et le monde : la critique du film (2021)

Documentaire | 1h51min
Note de la rédaction :
5/10
5
Le Fils de l'épicière, le maire, le village et le monde, affiche du documentaire de Claire Simon

  • Réalisateur : Claire Simon
  • Date de sortie: 01 Sep 2021
  • Année de production : 2020
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Le fils de l'épicière, le maire, le village et le monde
  • Titres alternatifs : The Grocer's Son, the Mayor, the Village and the World (international)
  • Scénariste : Claire Simon
  • Directeur de la photographie : Claire Simon
  • Monteur : Luc Forveille
  • Compositeur : Nicolas Repac
  • Productrices : Rebecca Houzel, Julie Frères, Hanne Phlypo, Madeline Robert
  • Sociétés de production : Petit à Petit Production, Les Films de La Caravane, Clin d'Oeil Films
  • Distributeur : Nour Films
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office nord américain / monde : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / 5.1
  • Festivals et récompenses : IDFA - International Documentary Festival Amsterdam (2020), RIDM - Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (2020), Festival dei Popoli (Italie, 2020)
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Petit à Petit Production, Les Films de La Caravane, Clin d'Oeil Films. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Avec Le fils de l’épicière, le maire, le village et le monde, Claire Simon se lance dans une démonstration trop bavarde et, malgré la présence de personnages passionnés, passe à côté de son sujet.

Synopsis : C’est l’hiver dans le petit village de Lussas, quelque part en Ardèche, et les agriculteurs sont tout entier à la taille des vignes. Parmi eux, Jean-Paul Roux, le maire du village. Jean-Marie Barbe, son ancien camarade de classe et fils des anciens épiciers du village, a lui ouvert une entreprise toute singulière dans son village natal : après la création des Etats Généraux, festival de documentaires, il se lance dans la création d’une plate-forme numérique par abonnements, dédiée aux documentaires d’auteur. C’est la naissance de Tënk, aux allures de start-up, tendance rurale. Aux côtés de Jean-Marie, l’équipe va-t-elle gagner le pari de cette entreprise économique ?

Histoire de Lussas

Critique :  En trente ans, le village de Lussas, perdu au fin fond de l’Ardèche, est devenu l’une des places fortes du documentaire d’auteur, à tel point qu’il s’est récemment lancé dans la construction d’imposants bâtiments dédiés à la production, la réalisation et la formation de ce type de films. Chaque été, à deux pas des champs d’arbres fruitiers, déambule une foule d’aficionados pressée de découvrir des œuvres de qualité dans le cadre du festival Les États Généraux du film documentaire. Le reste de l’année, les membres d’Ardèche-Images continue à œuvrer à la bonne marche de cette petite entreprise qui vient de créer sa plate-forme, baptisée Tënk.

La réalisatrice Claire Simon, connue pour ses nombreux documentaires dont le très remarqué Le concours qui lui valut le prix du meilleur documentaire de cinéma à la Mostra de Venise 2016, nous invite à partager cette aventure dont le but est de « montrer des choses que l’on n’a pas l’habitude de voir. Une manière de changer le regard et donc le monde », pour reprendre les termes de Jean-Marie Barbe, l’initiateur du projet. Vaste programme qui a du mal à tenir ses promesses tant la focalisation presque exclusive sur la gestion des problèmes économiques et politiques incite peu à la connivence.

Le fils de l'épicière, le maire, le village et le monde, photo du film de Claire Simon

© Claire Simon, Nour Films

Le fils de l’épicière, le maire, le village et le monde, et le militantisme

Les acteurs de ce défi courageux ne manquent pourtant ni de charisme, ni d’enthousiasme. Jean-Marie Barbe, enfant du pays et fils de l’épicière, est attaché à sa terre et ne veut pas la voir mourir. Il y impose ses idées militantes et parvient à faire perdurer son festival. S’il est peu réceptif à la contradiction et frôle parfois l’autoritarisme, son engagement et sa force de persuasion auprès des différents organismes et des sponsors en tous genres forcent le respect. C’est donc avec une précision fastidieuse que nous sont détaillés les recherches d’argent et de partenaires, les équilibrages de budgets, le casse-tête des crédits à rembourser, la crainte de l’absence d’abonnés dans une ambiance de désaccords parfois profonds.

De son côté, le jovial Jean-Paul Roux, copain d’enfance de Barbe, vigneron devenu maire de Lussas, use de diplomatie auprès de personnalités politiques versatiles, toujours plus promptes à servir leurs intérêts plutôt que ceux de la communauté. Comble de l’ironie, c’est pourtant la visite de la pimpante Audrey Azoulay, ministre de la Culture de l’époque, habile à jouer de son charme auprès de ces messieurs vite conquis, lors de la pose de la première pierre de la maison du documentaire, qui fait souffler un vent de fantaisie.

Le monde agricole et l’industrie du 7e art logés à la même enseigne ?

Parsemant son récit de réjouissantes scènes de cueillettes de fruits, la réalisatrice tente un parallèle entre le monde agricole et le monde cinématographique, qui tous deux doivent savoir conjuguer passion et énergie, art de la coupe et sens du financement. Pourtant, même s’ils ont en commun d’être soumis à des aléas incontrôlables, (le bon vouloir des politiques et l’adhésion du public pour les uns, les caprices de la météo et le rendement aléatoire des récoltes pour les autres), la greffe tarde à prendre, chacun restant scrupuleusement sur son territoire.

Le futur est flou

Force est de reconnaître que la répétition des démarches administratives freine l’épanouissement de l’objectif avoué de l’auteur : présenter Lussas comme un village futuriste, un exemple d’ouverture culturelle et rurale vers le monde. Aucun argument probant, pas plus que l’esquisse de quelques images du mariage du facétieux Patrice Bauthéac (un ingénieur revenu cultiver ses terres après avoir parcouru le monde), avec une œnologue chilienne accompagnée de sa famille venue de la lointaine Amérique, n’annoncent un réseau d’échanges mondiaux tant agricoles que culturels.

En conclusion, Jean-Marie Barbe nous donne rendez-vous dans un siècle. Peut-être alors que ce projet, sans doute plus en phase avec une vision idéalisée de la réalisatrice qu’avec la réalité, aura finalement trouvé son sens.

Claudine Levanneur

Sorties de la semaine du 1er septembre 2021

Le Fils de l'épicière, le maire, le village et le monde, affiche du documentaire de Claire Simon

© Nour Films

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Le Fils de l'épicière, le maire, le village et le monde, affiche du documentaire de Claire Simon

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