Le cochon de Gaza : la critique du film (2011)

Comédie | 1h39min
Note de la rédaction :
7/10
7
Affiche du Cochon de Gaza, de Sylvain Estibal

  • Réalisateur : Sylvain Estibal
  • Acteurs : Sasson Gabai, Baya Belal
  • Date de sortie: 21 Sep 2011
  • Nationalité : Français, Belge, Allemand
  • Distributeur : StudioCanal
  • Éditeur vidéo : StudioCanal Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 7 février 2012
  • Box-office France / Paris-périphérie : 303 722 entrées
  • Récompenses : César du Meilleur premier film
Note des lecteurs

Une vraie bouffée d’oxygène qui place dos à dos Israéliens et Palestiniens autour d’un cochon providentiel, tombé du ciel ! Un très beau moment de cinéma, assez rare dans la comédie.

Synopsis : Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon tombé d’un cargo. Bien décidé a se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable. Le pauvre Jafaar se lance alors dans un commerce rocambolesque et bien peu recommandable…

Critique : Réalisé par l’auteur du Dernier vol, le journaliste et écrivain Sylvain Estibal, Le cochon de Gaza est né d’une idée tombée du ciel ! Un cochon vietnamien, issu d’un cargo, se retrouve en pleine mer, empêtré dans les filets d’un pauvre pêcheur palestinien un peu simplet. L’animal considéré sur son territoire comme impur, apparaît là où l’homme attendait thons et autres poissons providentiels qui auraient pu les sauver, sa femme et lui, de leurs dettes.

Jacques Tati et Charlot trouvent un cochon

Une malédiction donc, ce gros cochon tant fantasmé. Est-ce la première fois qu’il en voit un en vrai ? C’est ce qu’il croit… Lui, le benêt que tout le monde raille sur le marché alors qu’il ne vend que de la vulgaire friture quand les autres agitent leur pêche de poids, lui dont la misérable propriété est coiffée par un avant-poste israélien et qui doit donc cohabiter avec l’ennemi envahisseur jusque dans son salon…

De la poisse, l’antihéros maladroit du Cochon de Gaza, souvent ridicule mais toujours attachant, va essayer d’en faire son gagne-pain. Ce Charlot du Moyen Orient, magistralement interprété par Sasson Gabay (vu dans La visite de la fanfare), va dissimuler son compagnon d’infortune et essayer d’en extirper, dans le plus grand secret (on ne plaisante pas avec cet animal « démoniaque » en Palestine), tout le profit possible. Il parvient ainsi, après maintes péripéties (l’une empruntant même à l’humour potache des Américains), à revendre la semence de l’animal à une Israélienne, postée de l’autre côté du rideau de fer. Elle aussi élève des porcs dans le plus grand secret, puisque le cochon est également persona non grata en Israël où il ne peut même pas fouler le sol de ses sabots (on lui fait porter des chausse-pieds !).

Cochon de Gaza, de Sylvain Estibal

©2011 Photo Sylvain Estibal

Le Cochon de Gaza renvoie dos à dos Israéliens et Palestiniens

En multipliant les situations cocasses, Sylvain Estibal ose le pari de renvoyer dos à dos les pires ennemis, Israéliens et Palestiniens qui finalement, comme tous voisins, même dans la contrainte de la cohabitation, se ressemblent bien, y compris dans les dérapages de leurs religions.

Raillant la violence le temps d’une séquence hallucinante, en faisant du gentil pêcheur un kamikaze qui va bien se garder de tuer son prochain, lui le premier, l’auteur déploie un discours de tolérance grossier dans ses ficelles et ses évidences, mais dont l’humour libérateur sert de catharsis formidable face au bourbier diplomatique entre Israéliens et Palestiniens (le film date de 2011 et rien n’a changé !). Leur dialogue de sourd peut paraître surréaliste à bien des Occidentaux. Et oui, nous les cochons, on les appelle Babe, et au cinéma, ils font rêver les enfants depuis les deux chefs d’œuvre de George Miller, Le cochon devenu berger et Le cochon dans la ville.

Un César et un vrai beau succès en salle

… Et aujourd’hui, dans Le cochon de Gaza, l’animal nous fait mourir de rire. Et comme l’on devient tous végans, il ne finira même pas dans notre assiette…

Gros succès dans les cinémas art et essai, le film a servi 300 000 Français, et fut récompensé pour cela par le César de la Meilleure première œuvre. Malheureusement, le romancier et journaliste Sylvain Estibal n’est plus retourné au cinéma.

Critique de Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 21 septembre 2011

Affiche du Cochon de Gaza, de Sylvain Estibal

©2011 StudioCanal

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Affiche du Cochon de Gaza, de Sylvain Estibal

Bande-annonce du Cochon de Gaza

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