La jeune fille à l’écho : la critique du film (2020)

Comédie dramatique, Film pour enfants | 1h06min
Note de la rédaction :
8/10
8
La jeune fille à l'écho

  • Réalisateur : Arūnas Žebriūnas
  • Date de sortie: 02 Sep 2020
  • Année de production : 1964 (inédit en France jusqu'en 2020)
  • Titre original : Paskutine Atostogu Diena
  • Nationalité : Lituanien
  • Acteurs : Lina Braknyte, Valeriy Zubarev, Bronius Babkauskas
  • Directeur de la photographie : Jonas Gricius (sous le nom de Jonas Gritsius)
  • Compositeur : Algimantas
  • Distributeur : ED Distribution
  • Editeur vidéo : ED Distribution
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Formats : 1:37.1 / Noir et Blanc / Mono
  • Crédits : ED Distribution
  • Illustrateur / Graphiste : Soazig Petit
  • Festivals : Grand Prix au Festival de Cannes dans la catégorie jeunesse en 1965, Voile d'Argent festival de Locarno en 1965
Note des spectateurs :
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La Belle en DVDAcheter La Belle d’Arūnas Žebriūnas Ici

La jeune fille à l’écho de Arūnas Žebriūnas est une pépite du cinéma lituanien qui sort de l’ombre cinquante-cinq ans après son passage à Cannes. Un récit initiatique lumineux et poétique.

Synopsis : C’est le dernier jour des vacances pour Vika. Vêtue de sa robe ample, les cheveux au vent, elle arpente le littoral déjà maintes fois foulé par ses pieds nus au cours de l’été. Libre de ses mouvements et de la présence des adultes, cette petite fille hardie, cor de chasse autour du cou, laisse son innocence et sa curiosité la guider, sans crainte. Vika s’amuse de tout ce qui lui est offert : les vagues deviennent pistes de danse, le sable immense ardoise et les coquillages une chorale marine. Entre plongeons et baignades, elle rend visite à ses amis, rochers anthropomorphes, dont elle seule détient les secrets du langage. De nature effarouchée, elle ne se laisse pas impressionner par le groupe de garçons, autres résidents de cette plage hors du monde et du temps. Vika leur tient tête jusqu’à démonter leurs jeux de pouvoir. Romas, un nouvel arrivant intrigué par cette petite fille intrépide, obtient sa confiance et sa sympathie. Elle le conduit jusqu’au creux des regs pour lui confier son secret.

Critique : Le cinéma de Arūnas Žebriūnas est quasiment inconnu en France. En 2018 La Belle, drame de l’enfance à valeur initiatique, réalisé en 1969, trouvait le chemin de la lumière. Une splendeur. En 2020, E.D. Distribution exhume une autre pépite du cinéaste lituanien imaginée en 1964, restée pendant cinq décennies inédites en France, et pourtant consacrée d’un Grand Prix à Cannes 1965, dans la catégorie jeunesse.

Toute la virtuosité du cinéma de l’Est des années 60

La jeune fille à l’écho, à peine long d’une heure, est la quintessence de tout ce que l’on peut attendre du cinéma de l’Est de cette époque, qu’il soit tchèque ou polonais, à savoir une réalisation brillante, charpentée d’angles somptueux, qui arpente des plans travaillés jusqu’à l’orgueil. On y retrouve également la beauté lumineuse propre à la photographie en noir et blanc de chefs opérateurs obsédés par un maniérisme qui a tant réussi à Wajda et donne un cachet particulier à une cinématographie globale. La maestria visuelle accentue la relative simplicité de la trame qui gagne en robustesse de par cet halo de mise en scène.

 

La jeune fille à l'écho, photo promotionnelle

© ED Distribution

La jeune fille à l’écho est un nouveau conte de l’apprentissage où l’on retrouve l’héroïne de La Belle, et d’autres enfants au bord d’une plage accidentée et rocheuse. Le poids écrasant du soleil et des falaises impose un respect pictural et une grande valeur métaphorique. Dans une cosmogonie de l’image, l’enfance se trouble, se déchire, se perd et se retrouve au carrefour des possibles. Sans manichéisme, Arūnas Žebriūnas dépeint les rencontres d’une fin d’été d’une jeune fille qui va valider l’amitié d’un jeune garçon pris pour cible par une bande de sales gosses, mais qui va la trahir.

La jeune fille à l’écho, un conte au pays des naïades

Dans son monde aquatique, de coquillages et d’écume, la jeune naïade semblerait sortie d’une mythologie ; quelques personnages adultes aident à l’identifier dans une certaine réalité ou les derniers plongeons estivaux revêtent un aspect crépusculaire, comme un monde qui s’achève avec le moment du départ, le grand moment du retour… Imbibée de liberté et de fantaisie, la jeune fille est à l’image de la réalisation qui paraît audacieuse pour notre temps. Clairement, on ne pourrait plus filmer avec un tel détachement la nudité de l’enfant, dans son rapport au corps. L’enfant fait partie des éléments d’un décor grandiose qui la resitue dans une nature tour à tour bienveillante, fœtale, ou grondante, ce qui, dans ce dernier cas, n’est pas sans évoquer des spectacles adultes comme Plein Soleil ou Soudain l’été dernier.

Classique instantané dans sa magie pour enfants, svelte et poétique, La jeune fille à l’écho a cette cruauté d’appartenir aux vestiges d’un cinéma artisanal qui ravivait le conte par l’art pictural. Une toile de maître qui confine le souvenir dans un perpétuel écho qui ne veut pas se taire. On l’appelle l’enfance.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 2 septembre 2020

La jeune fille à l'écho

Design : Soazig Petit

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La jeune fille à l'écho

Bande-annonce de La jeune fille à l'écho

Comédie dramatique, Film pour enfants

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