Le troisième bijou des réalisateurs de L’Iceberg et Rumba : La Fée est l’un des plus grands succès du trio burlesque, Dominique Abel, Fiona Gordon, et Bruno Romy. Une ode à la ville du Havre et à son incroyable cinégénie.
Synopsis : Dom est veilleur de nuit dans un petit hôtel du Havre. Un soir, une femme arrive à l’accueil, sans valise, pieds nus. Elle s’appelle Fiona. Elle dit à Dom qu’elle est une fée et lui accorde trois souhaits. Le lendemain, deux vœux sont réalisés et Fiona a disparu. Mais Dom est tombé amoureux de la Fée Fiona et veut la retrouver.
Critique : Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy, le trio de réalisateurs à qui l’on doit les irrésistibles L’iceberg et Rumba nous convient à leur troisième conte burlesque.
Le titre explicite donne le ton, celui d’une comédie magique inhérente à un univers fantaisiste où tout est possible. Tout, y compris la rencontre d’un pauvre employé d’hôtel malchanceux avec une fée un peu dingue, que l’on retrouve enfermée à l’hôpital, en haut d’une tour urbaine, où elle attend la délivrance et son preux chevalier au physique humble d’un conte régional du grand Nord (de la France).
Les personnages dignes de films muets, aux allures dégingandées, empruntés à l’univers de Jacques Tati, se contorsionnent dans un microcosme de décors plus beaux que nature (la cinégénie du Havre, transcendée par la mise en scène rigoureuse et géométrique du trio). Ils se rencontrent, se découvrent, s’aiment ou s’entre-aident… poursuivis par les autorités, les infirmiers, le décorum des institutions…
Cinéma de la marginalité où les vrais beaux sentiments bourgeonnent comme de bonnes idées, fable sociale où le message (mine de rien, on parle de beaucoup de choses ici, même du problème de l’identité ou des Sans-papiers qui cherchent à fuir de l’autre côté de la Manche) n’est jamais dans la lourdeur, La Fée est une œuvre populaire au cœur noble, à l’image de ses irrésistibles auteurs.
Le trio donne beaucoup, dans l’émotion et le rire, se mettant à nu, sans jamais frôler le ridicule. Dans cet humour burlesque, on y puisera une générosité intarissable et revigorante. Indéniablement l’un des coups de cœur incontournables de la rentrée 2011.
Avec 30 000 entrées pour sa première semaine, La Fée a été un joli succès au démarrage. En effet, le 3e essai du trio burlesque composé de Bruno Romy, Dominique Abel et Fiona Gordon n’était projeté que dans 61 salles, d’où une belle moyenne de 507 spectateurs par écran.
En deuxième semaine, MK2 Diffusion décide donc d’élargir la programmation à 84 cinémas. Avec un circuit qui s’élève à 88 salles en troisième semaine et à 100 salles en quatrième semaine, la comédie burlesque demeure relativement stable, attirant respectivement 11 000 puis 10 000 spectateurs. Ce qui fait un peu plus de 70 000 spectateurs en quatre semaines. Un score encourageant pour un budget réduit de 3 000 000 d’euros qui démontre un vrai bouche-à-oreille, une réelle appétence pour ce cinéma burlesque atypique.
Au total, La Fée se produira devant 88 942 amateurs de péloche décalée, soit le deuxième plus gros succès du trio, derrière Rumba et ses 144 000 entrées. Un résultat à la hausse par rapport à L’Iceberg, leur premier film, qui n’avait réalisé que 57 000 spectateurs en 2006. Quant à Paris pieds nus en 2017, il marquera une certaine baisse avec 62 000 entrées, malgré la cinégénie de son décor parisien.
Kino Lorber, distributeur spécialisé dans la diffusion de films étrangers aux États-Unis, soignera une sortie dans deux cinémas le week-end du 24 février 2012. Malheureusement, le succès sera restreint avec 4 199 $ et une petite 92e position. Mais qu’importe, le film restera pas moins de 17 semaines à l’affiche et verra ses recettes grimper jusqu’à 38 000 $. Quelle endurance.
Malgré sa binationalité franco-belge, La Fée ne fera pas d’étincelles en Belgique avec seulement 11 salles lors de sa sortie le 28 septembre 2011, et au total 66 000 dollars de recettes. Les Belges ont-ils jamais su défendre ce patrimoine irrésistible qui est le leur? Pas forcément, ce total est plus ou moins le même que celui de Rumba qui a pourtant réalisé 60 000 entrées de plus en France.

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