La dame en blanc : la critique et le test DVD (1997)

Drame | 127 minutes
Note de la rédaction :
4/10
4
Jaquette de la dame en blanc (BBC)

  • Date de sortie: 06 Nov 2019
  • Interprètes : Tara Fitzgerald, Justine Waddell
  • Réalisateur : Tym Fywell
  • Nationalité : Britannique
  • Année de production : 1997
  • Scénariste : David Pirie, d'après le roman de Wilkie Collins
  • Editeur : Koba Films
  • Date de sortie DVD : 6 novembre 2019
Note des spectateurs :
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La Dame en blanc est une adaptation peu captivante d’un classique de la littérature anglaise. Reste une histoire comprenant un lourd secret pour ceux ne connaissant pas le roman.

Synopsis : 1849, Londres. Au coeur de l’été torride, le professeur Walter Hartright s’apprête à quitter la ville pour enseigner l’aquarelle à deux jeunes filles de l’aristocratie du Cumberland, Laura et Marian Fairlie. Sur la route, il rencontre en pleine nuit une jeune femme terrorisée, tout de blanc vêtue, semblant fuir un invisible danger…

Les deux soeurs Fairlie et monsieur Hartright

Copyright BBC

Critique : Écrivain britannique ami de Charles Dickens, Wilkie Collins (1824-1889) a connu son haut fait de gloire avec La dame en blanc, parfois traduit par La femme en blanc. Publié en 1860, La dame en blanc est considéré comme un précurseur du roman policier. C’est d’ailleurs une œuvre d’excellente facture puisqu’elle est considérée comme un des meilleurs romans policiers.
Cette histoire a déjà connu une adaptation en France en 1970 avec La femme en blanc. Il s’agissait alors d’une série télévisée de 13 épisodes de 26 minutes, réalisée par Pierre Gautherin.
Bien connue pour ses adaptations des fleurons de la littérature britannique, la BBC s’est lancée dans l’aventure en 1997. La dame en blanc est un téléfilm en deux parties d’une heure chacune environ. Au départ, on est intrigué par cette fameuse dame en blanc, sortant de nulle part, croisée par hasard par le professeur de dessin Walter Hartright. La surprise ne s’arrête pas là car cette femme quasi irréelle ressemble étrangement à Laura Fairlie, une des deux jeunes filles dont doit s’occuper Hartright. Curieuse coïncidence…
Parallèlement, Hartright est rapidement évincé et Laura Fairlie va épouser dans un mariage de raison un homme aussi violent qu’il semble cacher un terrible secret.
Dis comme cela, on a tout de suite envie d’en savoir plus et l’on pourrait penser que l’on va être happé dans cette histoire de famille. Que nenni. L’intrigue donne la désagréable impression de faire du surplace. On s’ennuie ferme et ce ne sont pas les messes basses du mari de Laura et du comte Fosco, ou encore les gesticulations de Marian, la sœur de Fairlie qui vont réveiller âme qui vive.
L’image sombre campe l’histoire dans une intrigue gothique. Toutefois, cette image est vraiment datée. On voit bien que l’on a affaire à un téléfilm pas franchement récent. Et pour cause puisqu’il accuse plus de vingt ans au compteur.

La BBC produit avec La dame en blanc une adaptation simpliste d’un roman riche en rebondissements.

Tara Fitzgerlad seule dans La dame en blanc

Copyright BBC

Toute cette histoire n’est pas vraiment palpitante et il est fort regrettable que la BBC se soit laissée aller à une adaptation simpliste. La construction du roman était novatrice avec plusieurs narrateurs donnant leur version des faits. Ici, une voix off, celle de Marian Fairlie, est la seule nous donnant son sentiment sur ce qui s’est passé.
De même, les personnages ne sont pas vraiment réussis. Laura apparaît vraiment comme une pauvre petite chose fragile. C’est vraiment une oie blanche subissant constamment les événements. Par ailleurs, dans le roman le comte Fosco apparaît comme un homme raffiné, charismatique et énigmatique. Il est réduit ici à un second rôle imbu de lui-même et manipulateur. En fin de compte, c’est seulement le personnage de Marian qui tire son épingle du jeu. C’est une femme forte, courageuse, déterminée à aider coûte que coûte sa sœur. C’est pourquoi elle cherche à briser le secret bien gardé de cette histoire. L’actrice Tara Fitzgerald, vue en 1996 dans le très bon téléfilm La dame de Wildfell Hall, incarne avec conviction le rôle de Marian.
Tout n’est donc pas à jeter dans ce téléfilm, même si la BBC nous a constamment habitués à bien mieux. Dans le cas présent, on est obligé de se satisfaire de peu de choses. On peut compter sur une actrice principale à la hauteur, une musique évanescente participant au côté mystérieux de l’ensemble, un certain sérieux apporté aux costumes d’époque ou encore la résolution de l »histoire (même si elle semble ne jamais venir).
Un autre point notable est tout de même que ce téléfilm évoque de façon pertinente le statut de la femme sous l’ère victorienne, alors sous le joug de l’homme. Et puis en corollaire il y a évidemment les questions liées à la naissance et à l’importance de l’argent dans cette société. La place de la femme reste plus que jamais une question d’actualité mais cela n’est qu’effleuré dans ce téléfilm au rythme sinusoïdal.
A noter pour les âmes romantiques attirées par le logo BBC que l’histoire d’amour entre Hartright et Laura est aussi peu convaincante que le reste…
Il est vraiment dommage que ce téléfilm de la BBC ne soit pas à la hauteur du roman policier. Gageons que la BBC en ait retenu la leçon. En effet, elle vient de produire une nouvelle version de La dame en blanc en 2018 via une mini-série de cinq épisodes.

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Jaquette de la dame en blanc (BBC)Test DVD

Compléments : 0/5

Peut-être conscient de la faiblesse de ce téléfilm estampillé BBC, l’éditeur Koba Films s’est limité à son habituel espace découverte comprenant ici des extraits de La dame de Wildfell Hall, La foire aux vanités (le téléfilm produit en 1998 par la BBC), La maison d’âpre-vent et Femmes et filles.

Image : 2/5

L’image comporte un grain présent par trop présent par instants et se révèle plutôt terne. Cela est d’autant plus préjudiciable que le téléfilm se situe souvent dans des endroits sombres. Pour un DVD distribué en 2019, on était en droit d’avoir bien mieux.

Son : 3/5

Téléfilm disponible uniquement en stéréo, exclusivement en VOSTF. Le son est clairement audible et dénué de défaut particulier.

Critique : Nicolas Bonnes

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