La communion : la critique du film (2020)

Drame | 1h56min
Note de la rédaction :
8/10
8
La communion de Jan Komasa s'affiche

  • Réalisateur : Jan Komasa
  • Acteurs : Eliza Rycembel, Bartosz Bielenia, Aleksandra Konieczna
  • Date de sortie: 04 Mar 2020
  • Nationalité : Polonais
  • Titre original : Corpus Christi
  • Scénariste : Mateusz Pacewicz
  • Distributeur : Bodega Films
  • Editeur vidéo : Inconnu
  • Date de sortie vidéo : Inconnue
  • Box-office France - Paris Périphérie : A suivre
  • Festivals & mentions : Festival de Venise 2019 - Sélection Venise Days Festival de Toronto TIFF 2019 Label Europa Cinemas 2019 du meilleur film européen FIFIB 2019 - Mention spéciale à Bartosz Bielenia Arras Film Festival 2019 - Sélection Visions de l'Est FIFAM 2019 - Séances Coups de cœur 32èmes Rencontres Cinématographiques de Cannes - Prix du Syndicat Français de la critique de cinéma Festival Kinopolska 2019 - Grand Prix / Prix du Public Les Arcs Film Festival 2019 - Sélection Playtime Le Sommet des Arcs 2019 Sélectionné à l'Oscar du Meilleur Film International 2020

Porté par un comédien au charme magnétique, La Communion nous bringuebale sans complaisance entre spiritualité et violence, entre deuil et pardon.

Synopsis : Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu’il a commis l’empêche d’accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L’arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule cette petite communauté conservatrice.

Critique : Tout en posant un regard implacable et ironique sur la vie d’un petit village empêtré dans une histoire douloureuse, le jeune réalisateur polonais Jan Komasa à qui l’on doit Suicide room et Warsaw 44 prend un plaisir évident à remettre en cause le bien-fondé des institutions. A travers ce match inattendu entre un prêtre alcoolique et délétère, sûr du pouvoir que lui confère son statut de religieux adoubé par sa hiérarchie et le pseudo-séminariste au passé trouble mais à l’authenticité fédératrice, il secoue sans ménagement les bases d’un conservatisme catholique encore profondément ancré dans une partie de la population polonaise, même s’il est ici davantage question de dénouer les enchevêtrements de conflits nés au cœur de villages perdus que de s’élever contre la religion.

La communion et la quête difficile de rédemption

Inspiré de faits réels, La communion suit le parcours hors du commun de Daniel, un jeune délinquant qui usurpe la qualité de prêtre pendant quelques mois. A la sortie du centre de redressement, il est envoyé dans une menuiserie à la campagne, là où personne ne le connaît. La fréquentation du père Tomasz, qui cherche un remplaçant pour pouvoir partir en retraité, éveille en lui une dimension spirituelle, mais ses frasques judiciaires l’empêchent d’accéder à une carrière religieuse. Habitué à franchir les obstacles, il entre dans l’église et se qualifie lui-même prêtre. Sa fraîcheur, ses sermons directs et honnêtes dépouillés des filtres de l’institution ont tôt fait de toucher le cœur de cette population. Etant lui-même à la recherche de la rédemption, il sait trouver les mots justes pour tenter de réconcilier les âmes déchirées autour d’un tragique accident de voiture survenu il y a déjà de nombreuses années.

Le coup d’essai se transforme en coup de maître. Le jeune voyou et en perte de repères se transforme en prêcheur vénéré.

La Communion

Crédits : Aurum Films

Le mensonge s’amplifie et fascine. Le récit de La communion se focalise sur la personnalité de plus en plus brouillée de l’imposteur, tiraillé entre ses pulsions, son désir de réinsertion et son ardeur à maintenir sous son joug des brebis égarées qui trouvent en lui l’occasion inespérée de retrouver un peu de sérénité.

Une œuvre vibrante, bien au-delà des préceptes religieux

Habilement, Jan Komaza tient son personnage principal, à qui Bartolz Bielena prête fort à propos son visage angélique et son regard bleu métallique, éloigné de tout dualisme. S’il profite du désarroi d’une assemblée en souffrance pour racheter ses propres fautes, il n’en oublie pas moins d’inciter ses membres à enfouir les vieilles rancœurs.

La caméra, curieuse et complice, s’attarde sur les visages des comédiens et nous transmet fidèlement leurs émotions, doutes et espoirs. Baignant dans un climat de froideur et de dureté, le film parvient toutefois à trouver un juste équilibre entre drame et légèreté et fait de cette incitation à communier autour de l’idée du pardon, impénitents de toute sorte confondus, une œuvre vibrante, bien au-delà des préceptes religieux.

Critique : Claudine Levanneur 

Sorties de la semaine du mercredi 4 mars 2020

La communion de Jan Komasa s'affiche

Distribution : Bodega Films – Graphisme : La Gachette – Crédits : Aurum Films

Pour en savoir plus, consulter le site officiel de Bodega Films

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Bande-annonce de La Communion

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