Félins : la critique du film documentaire (2012)

Documentaire animalier | 1h29min
Note de la rédaction :
7/10
7
Félins, affiche du film Disney Nature

  • Réalisateur : Keith Scholey Alastair Fothergill
  • Date de sortie: 01 Fév 2012
  • Titre original : African Cats : Kingdom of Courage
  • Nationalité : Américain
  • Casting vocal : Samuel L. Jackson (VO), Pascal Elbé (VF)
  • Compositeur : Nicholas Hooper
  • Société de production : Disney Nature, Big Cat Productions Limited
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Editeur vidéo : Walt Disney France
  • Date de sortie DVD & Blu-ray : 5 juin 2012
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 784 226 entrées / 187 428 entrées
  • Box-office USA : 15 428 747 $
  • Budget : 5 000 000$
Note des spectateurs :

Après Pollen et Les ailes pourpres, Félins de Disneynature s’inspire du succès du Roi Lion en redonnant à sa majesté des savanes le premier rôle, dans une œuvre belle et souvent impressionnante.

Synopsis : Félins nous présente trois personnages face à leurs destins : Mara, fille d’une lionne blessée mais obstinée trouvera-t-elle sa place dans le clan ? Sita, courageuse femelle guépard, mère célibataire de cinq nouveau-nés, parviendra-t-elle à protéger ses petits des prédateurs qui les guettent et Kali, lion majestueux parviendra-t-il à reconquérir son territoire avec l’aide de ses fils ?

Félins pour l’autre

Critique : L’échec impitoyable des productions Disneynature sur les flamants roses (Les ailes pourpres) et les pollinisateurs (Pollen) n’a pas forcément sonner le glas du documentaire animalier, comme l’a démontré le majestueux Félins.

Cette œuvre de proximité avec les deux plus gros chats d’Afrique, d’un côté le lion et son harem, et de l’autre le guépard et ses trois enfants espiègles, offre, en CinemaScope, deux aventures parallèles qui viennent se recouper le temps d’une scène du récit (en VF, c’est Pascal Elbé qui narre). Deux histoires pour le prix d’une avec des acteurs dont les pattes gigantesques et les gueules mythiques viennent caresser l’écran tellement la caméra s’approche au plus près de ces féroces animaux.

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Copyrights : Disneynature – The Walt Disney Company

Les bêtes impressionnent, de par leur beauté, leur comportement solitaire ou en groupe. On apprend à les côtoyer, à s’insérer dans leur clan. Leur aventure d’une vie est universelle et évoque les trajectoires humaines. La jeunesse pleine de vie et de malice des petiots, la vigueur des adolescents qui doivent apprendre à chasser pour s’affranchir des parents, puis l’âge de la maturité où les responsabilités sont partagées, notamment chez les lions claniques, avant le déclin du troisième âge. Ils doivent se serrer les griffes pour traquer dans des stratégies communes et protéger leur espace des menaces extérieures, notamment de l’avidité d’autres lions plus robustes, qui profitent de la décrue pour traverser le fleuve rempart où grouillent les crocodiles, afin d’étendre leur territoire. Très capitaliste ces félins qui en veulent toujours plus ? On connaît la chanson.

Un Disneynature de bon cru

La société Disneynature, créée en 2008 et désormais reléguée à la plateforme Disney+, trouve là des vedettes d’une majesté exceptionnellent qui parle immédiatement plus à nos oreilles et à nos yeux que les insectes fluets ou les bancs de flamants des précédents métrages de la société. Documentaire supérieur à ses deux aînés, Félins captive dès les premiers instants. Fasciné, on aime se jeter dans l’arène des fauves, tantôt placides, tantôt féroces, dans des décors plus grands que nature. La photographie aux tonalités chaudes retranscrit magnifiquement les couleurs d’un monde intemporel, une contrée sans homme, au cœur des vastes plaines du continent qui nourrit l’imaginaire des enfants depuis la nuit des temps.

Les auteurs du documentaire, Alastair Fothergill (Un jour sur TerrePlanète bleue) et Keith Scholey (ancien directeur du département histoire naturelle de la BBC, qui a supervisé des séries comme The Life of birdsThe Life of mammalsPlanète bleue…) se défendent d’avoir recouru à une transformation des comportements ou réécrit la réalité des savanes. Ils filment des instants uniques, captés sur deux années, entre 5h30 du matin et 19h30 chaque soir, comme le face-à-face royal entre un lion et un crocodile à la mâchoire infernale. Parfois le documentaire dévoile l’insolite.

Une scénarisation pour les enfants

On pourrait reprocher à la démarche de vouloir expliciter les aventures par les mots. C’est un spectacle pour enfants, avec donc une histoire contée pour capter leur attention. Toutefois, la pédagogie est préférée à l’anthropomorphisme qui diminue toujours les spectacles de ce genre. Dans ce travail d’esthète à la saveur picturale des journées africaines arides, les adultes seront happés par la vigueur des animaux et apprécieront les plans grandioses, quand les enfants se laisseront davantage guidés par les récits de Fang, un vieux lion miteux détrôné, de Layla, sa lionne ostracisée, ou de Sita, le guépard, magnifique mère courage qui élève seule ses trois enfants, dans la course constante. Avec sa vélocité, on ne la plaindra pas.

Face aux fauves du Masai Mara, cette gigantesque réserve naturelle du Kenya, le coup de cœur est immédiat ! Les mômes en voudront tout de suite un pour Noël ! Ils se contenteront de streamer à nouveau la bête sur la plateforme Disney, puisque le DVD ou blu-ray sont passés de mode. A sa sortie en 2012, la major qui ne contrôlait pas encore le monde avait accompagné la sortie prestigieuse du film, d’une quantité de peluches à grosses pattes et bonnes bouilles, d’albums illustrés, de jeux, stickers et d’un superbe livre de photos. On se serait presque laisser tenter par cette avalanche mercantile.

Frédéric Mignard

Sortie de la semaine du 1er février 2012

Félins, affiche du film Disney Nature

Copyrights : 2012 The Walt Disney Company (France) S.A.S

Box-office :

Avec 771 106 entrées France, Félins a été un beau succès en France, essentiellement en province, porté par les vacances du mois de février. Exposé sur une combinaison de 354 salles, il réalise 198 180 entrées en première semaine et se stabilise (163 000 spectateurs, 133 000, 102 000…). Le distributeur gonflera progressivement son circuit jusqu’à 402 écrans pour sa 4e semaine.

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