De cendres et de braises : la critique du film (2019)

Documentaire, Cinéma social, Cinéma du réel | 1h23min
Note de la rédaction :
7.5/10
7.5
De cendres et de braises affiche du film

  • Réalisateur : Manon Ott
  • Date de sortie: 25 Sep 2019
  • Nationalité : Français
  • Image : Noir et blanc
  • Musique : S Akosh S.
  • Distributeur : Docks 66
  • Editeur vidéo : Inconnu
  • Date de sortie vidéo : Inconnue
  • Box-office France / Paris Périphérie : Non disponible
  • Festivals : Documentaires Ecrans Les Festival au Jury du Prix (2018), Documentaires Ecrans Les Festival au Andé’d Moulin du Prix (2018), l le Filmer Festival au contemporain travail du restitution la de Prix (2019)

De cendres et de braises définit avec la grandeur d’un cinéma social magnifiquement pensé, les ratés du capitalisme, le mythe de l’inclusion et la beauté de la diversité, dans un quartier sensible des Mureaux.

Synopsis : Portrait poétique et politique d’une banlieue ouvrière en mutation, De Cendres et de Braises nous invite à écouter les paroles d’habitants des cités des Mureaux, près de l’usine Renault-Flins. Qu’elles soient douces, révoltées ou chantées, au pied des tours de la cité, à l’entrée de l’usine ou à côté d’un feu, celles-ci nous font traverser la nuit jusqu’à ce qu’un nouveau jour se lève.

De cendres et de braises donnent la parole à l’histoire pour éclairer le présent

Critique : Avant, après. A l’instar de Souvenirs d’un futur radieux de José Vieira, qui s’intéressait aux bidonvilles qui accueillaient les ouvriers à Massy, dans les années 60, et qui revenait sur les lieux, à notre époque, Manon Ott perpétue un travail remarquable sur l’empreinte de notre histoire récente sur nos blocs de béton. C’est aux Mureaux, dans l’ombre des usines Renault qui accueillaient près de 23 000 ouvriers dans les années 70, avant de ne rassembler que quelques 4 000 ouvriers, essentiellement venus de l’interim aujourd’hui, qu’elle a posé son regard, social, profondément humain.

A la différence de Vieira, son regard est aussi artistique. Avec son compagnon, Grégory Cohen, également chercheur en sciences sociales comme elle, et réalisateur, elle a conjugué son travail sociologique à une démarche artistique, invariablement poétique, intemporelle et universelle, dans le choix d’un noir et blanc somptueux. La beauté du ghetto, lieu d’insécurité sociale, de misère humaine, se fond avec les images d’archives d’hier, notre histoire récente, celles des communautés maghrébines et africaines venues s’établir à la force d’un travail à la chaîne harassant, que refusent aujourd’hui les Français, y compris bon nombre de jeunes des quartiers qui rêvent d’une autre philosophie du travail. L’époque était au collectif. La nôtre semble être à l’individualisme.

De cendres et de braises de Manon Ott

© TS Productions, Flammes, Docks 66 – Photo : Manon Ott

De nombreux entretiens jalonnent le film, tous des plus passionnants. Outre les chants hip hop sur le mal-être d’une jeunesse déracinée, on trouve le témoignage de Momo, ancien braqueur qui a purgé sa peine et qui a découvert le combat politique, le communisme et Rimbaud en prison. Son appel à une réponse politique des problèmes qui crispent chacun est un discours fort, que l’on retrouve indirectement chez un jeune, conscient de la désaffection du quartier pour les suffrages et des conséquences politiques évidentes. Mais pour qui voter?

Les ratés du capitalisme, le mythe de l’inclusion et la beauté de la diversité

On ne choisit pas sa famille, mais on ne choisit pas qui l’on va aimer non plus. Une femme noire évoque l’amour, sa rencontre avec un futur taulard. Décidément. Presque un thème récurrent dans ce microcosme, où il est pourtant ici question d’amour, et de vrai amour. Ses vérités sont belles à entendre et suscite l’enthousiasme face au choix des intervenants, tous impeccables dans leurs diversités historiques et générationnelles, et le choix cinématographique prégnant.

Magnifique sourire d'une habitante des Mureaux, dans De cendres et de braises

© TS Productions, Flammes, Docks 66 – Photo : Manon Ott

Pendant un an, Manon Ott et son compagnon, assistant réalisateur sur le film et directeur de la photo, se sont imprégnés du quartier en posant leurs valises entre les murs. Ils ont bâti le film avec les habitants, et ont instauré un long parcours collaboratif dans un magnifique climat de confiance qui se ressent à l’écran. De cela, ressort une intégrité artistique et sociologique qui force le respect, au détour de plans scrupuleusement beaux, comme cette ouverture et fin sur un jeu de fenêtre qui s’allument et s’éteignent comme les balbutiements d’une journée, autour d’une nuit de mystère.

En définitive, De cendres et de braises relate à merveille l’échelle du temps, les ratés du capitalisme, le mythe de l’inclusion et la beauté de la diversité.

Critique  : Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 25 septembre 2019 

 

De cendres et de braises affiche du film

© TS Productions, Flammes, Docks 66
Photo : Manon Ott

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De cendres et de braises affiche du film

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