De bas étage : la critique du film (2021)

Drame | 1h27min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
De bas étage de Yassine Qnia, affiche du film (2021)

  • Réalisateur : Yassine Qnia
  • Acteurs : Soufiane Guerrab, Souheila Yacoub, Thibault Cathalifaud
  • Date de sortie: 04 Août 2021
  • Année de production : 2021
  • Nationalité : Français
  • Titre original : De bas étage
  • Autres acteurs :
  • Scénaristes : Yassine Qnia, avec la collaboration de Rosa Attab
  • Directeur de la photographie : Ernesto Giolitti
  • Monteur : Alexandre Westphal
  • Compositeur : -
  • Productrice exécutive : Martine Cassinelli
  • Sociétés de production : Why Not Productions, Alba Pictures, avec la participation de Ciné +
  • Distributeur : Le Pacte
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office USA / Monde
  • Budget :
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleur / 5.1
  • Festivals et récompenses : Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2021
  • Illustrateur / Création graphique : © Benjamin Seznec pour Troïka. Photos : Shanna Besson. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Why Not Productions, Alba Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Entre chronique sociale et chronique amoureuse, De bas étage est le portrait psychologique d’un homme inadapté au monde qu’on lui propose.

Synopsis : Mehdi, la trentaine, est un perceur de coffres de petite envergure. Avec ses complices, il tente de s’en sortir mais leurs cambriolages en zone industrielle ne payent plus comme avant et les quelques alternatives professionnelles qui s’offrent à lui ne le séduisent pas.
En pleine remise en question, il tente de reconquérir Sarah, mère de son petit garçon d’un an qu’il adore.

Critique : Le visage fermé, un homme observe une jeune femme à travers la vitrine d’un salon de coiffure. Quelques scènes plus loin, le même regard se pose sur des entrepôts, proies de ses futurs larcins, organisés avec quelques complices à qui il n’accordera pas davantage de compassion.

Soufiane Guerrab dans De bas étage, photo par Shanna Besson

Soufiane Guerrab dans De bas étage, photo par © Shanna Besson

S’appuyant sur un scénario qui chaloupe nonchalamment entre crise existentielle, diatribe politique et histoire d’amour, Yassine Qnia signe un film sur le désarroi d’une jeunesse désabusée qui ne trouve son salut que dans l’illégalité. Si le réalisateur, dont c’est le premier long-métrage (après plusieurs courts remarqués et primés lors de festivals) excelle à restituer, à coup de jeux d’ombres et de lumières, une vie d’ambivalence où s’entrechoquent des images de braquage et celles d’un papa-gâteau, son parti pris de retenue éloigne le spectateur du cœur de l’action, tandis que la trop grande multiplication des thèmes abordés le noie dans un maelström de sentiments diffus, malgré une interprétation de qualité.

Dans son quartier, Mehdi (Soufiane Guerrab) fait office de caïd. Son charisme et son autorité naturelle n’ont eu aucun mal à l’imposer comme chef auprès de quelques amis aussi désœuvrés que lui. Pourtant, à l’heure où fleurissent à tous les coins de rues, caméras et autres systèmes de télésurveillance, les coups sont de plus en plus difficiles à monter. Ses deux acolytes songent donc sérieusement à se reconvertir. Thibault (Thibault Cathalifaud) envisage de commencer une nouvelle vie ailleurs, tandis que M’Barek (M’Barek Belkouk) souhaite ouvrir une pizzeria, projet que Mehdi balaie d’un revers méprisant, lucide sur les obstacles qu’ils vont devoir affronter et le peu de chances de réussite que leur offre la société dans laquelle ils vivent. Il est pourtant dans une impasse. A plus de trente ans, faute de moyens financiers, il est contraint de continuer à vivre chez sa mère, ce qui a poussé sa compagne Sarah (Souheila Yacoub) à le quitter à la naissance de leur enfant.

Souheila Yacoub dans De bas étage, photo par Shanna Besson

Souheila Yacoub dans De bas étage, photo par © Shanna Besson

Confier à Soufiane Guerrab (que l’on a déjà pu apprécier dans La vie scolaire et Patients de Grand Corps Malade) le rôle de ce personnage ténébreux, mélange de violence sous-jacente et de recherche de bonheur conjugal et filial, d’orgueil et de désir maladroit de réhabilitation, relève d’un choix judicieux. De tous les plans, son charisme et sa gravité imprègnent d’humanité un antihéros facilement détestable à qui le récit a la bonne idée de n’accorder aucune complaisance. Face à lui, Souheila Yacoub campe une jeune femme moderne qui, entre mélancolie et détermination, lutte pour sa survie et celle de son fils. Son jeu tout en nuances inspire d’emblée empathie et identification. Les personnages secondaires (tout particulièrement M’Barek Belkouk dont la naïveté et l’enthousiasme font sourire) apportent un éclairage différent sur cette vie que Mehdi estime confisquée et ouvrent la porte vers une note d’espoir.

Bien que partiellement inaboutie, cette première œuvre fait preuve d’une sincérité touchante et laisse entrevoir toute la sensibilité d’un jeune réalisateur en devenir.

 

Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 4 août 2021

De bas étahe de Yassine Qnia, affiche du film (2021)

De bas étage (2021) – Affiche : Benjamin Seznec pour Troïka / Photo : Shanna Besson

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De bas étage de Yassine Qnia, affiche du film (2021)

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