Daniel Darc, Pieces of my life : la critique du film (2019)

Documentaire, Musical | 1h41min
Note de la rédaction :
7/10
7
Daniel Darc Pieces of my life

  • Réalisateur : Thierry Villeneuve Marc Dufaud
  • Date de sortie: 24 Juil 2019
  • Nationalité : Français
  • Avec Daniel Darc, Frédéric Lo, Georges Betzounis
  • Distributeur : UFO Distribution
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris - Périphérie :
  • Festival : F.A.M.E - Prix du public

Documentaire parcellaire, Daniel Darc, Pieces of My Life a le grand mérite de nous plonger dans l’intimité d’un artiste culte, travaillé par la transcendance. Poignant.

 

Synopsis : Chanteur de Taxi-girl, groupe culte des années 1980 à l’aura sombre et romantique, Daniel Darc allait rapidement susciter toutes sortes de légendes urbaines. Les années 1990 passent et sa trace se perd… Il faudra attendre 2004 et le miraculeux retour avec Crèvecoeur pour qu’il retrouve le succès, jamais démenti, jusqu’à sa disparition prématurée, ce 28 février 2013. À travers des images inédites et intimes filmées pendant 25 ans, Daniel Darc – Pieces Of My Life témoigne de sa façon de vivre, avec ses moments de fulgurances et d’excès, ses solitudes, ses errances et ses abîmes.

 

Des documents rares filmés au cours des années 90

Critique : Dans les années 90, le journaliste musical et romancier Marc Dufaud se prend d’amitié pour Daniel Darc et décide de le filmer à plusieurs reprises, comme pour témoigner de l’existence de ce chanteur depuis longtemps disparu des écrans de télévision. Il faut dire que la voix de Taxi-Girl, groupe mythique du début des années 80, n’a pas vraiment su rebondir après l’éclatement de la formation qui comprenait également un certain Mirwais, futur producteur de Madonna durant les années 2000, ainsi que sur son petit dernier, Madame X.

S’en sont suivies plusieurs années d’errance au cours desquelles le chanteur n’a pas nécessairement été inactif, mais les feux des projecteurs ne sont plus braqués sur lui.

Daniel Darc de Taxi Girl

Crédits : Sombrero & Co, UFO Distribution

C’est durant cette décennie 90 maudite que Marc Dufaud le filme à plusieurs reprises en toute intimité. Ces documents exceptionnels sont présentés dans ce documentaire, dans une forme forcément parcellaire, mais qui parvient à dessiner le portrait attachant d’un homme traversé de doutes, de contradictions et en même temps furieusement punk dans l’âme. Car la particularité de Daniel Darc est qu’il n’a jamais transigé sur rien, que ce soit dans sa vie ou à propos de son art. On le découvre ici au quotidien, souvent au bout du rouleau, ce qui crée une proximité assez rare avec l’artiste.

 

Un artiste total à la recherche d’une transcendance

Comme si sa vie n’était en fait qu’un vaste happening artistique, Daniel Darc semble se mettre en scène à chaque instant. Il se décrit lui-même comme étant un poseur et il est vrai qu’il semble attentif à sa propre légende. Il cultive ainsi cette éternelle figure du bad boy qui serait aussi un poète maudit, comme le fut autrefois un Arthur Rimbaud. Pour autant, rien de prétentieux là-dedans, mais bien une envie de tutoyer les extrêmes, dans la transcendance divine ou l’abjection de la défonce. Aspirant sans cesse à une forme d’apothéose, Daniel Darc semblait vouloir atteindre les sommets à chaque seconde, soit par la poésie, la drogue ou la religion.

Ce portrait n’est aucunement réalisé de manière classique et les néophytes auront sans doute des difficultés à se repérer dans ce documentaire qui malmène la chronologie pour mieux épouser les tourments intérieurs de l’artiste. Certes, on apprend des choses sur sa vie, mais la plupart du temps de manière détournée.

 

Un gros regret toutefois : le manque d’extraits musicaux

On peut d’ailleurs regretter que les auteurs n’accordent pas plus de temps à la musique. Certes, on suit les séances de préparation de l’album du retour Crèvecoeur avec Frédéric Lo, mais la période précédente est quelque peu expédiée, de même que celle du temps de Taxi-Girl. En fait, les auteurs privilégient les documents personnels à ceux issus des archives télévisuelles, ce qui est un plus indéniable, mais qui empêche le long-métrage d’être totalement complet.

Ils signent en tout cas un documentaire poignant où l’on sent à chaque instant leur amour pour un artiste complet, travaillé par des doutes abyssaux, creusets de son inspiration. Si la drogue est évoquée par un plan furtif le montrant en train de se piquer, elle ne constitue en rien le cœur d’un film qui préfère voir le protagoniste sous un angle artistique et non comme une curiosité digne des faits divers sordides. Ce respect ne fait pas de Daniel Darc, Pieces of My Life une hagiographie, mais bien un film-hommage envers une figure importante de l’underground français de ces dernières décennies. Un artiste inégal et torturé que l’on respecte pour son absence totale de compromissions. Il méritait bien un hommage à sa mesure.

Ce projet rock dans l’âme a été présenté au Festival international de films sur la musique (F.A.M.E.), en février 2019, où il a remporté le Prix du Public. C’est UFO, distributeur décalé, qui le propose sur les écrans estivaux. Une overdose de musique et de sentiments vertigineuse dans ce documentaire au goût abrupt des années 90.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 24 juillet 2019

 

Daniel Darc Pieces of my life

Crédits : Sombrero & Co, UFO Distribution

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Daniel Darc Pieces of my life

Bande-annonce de Daniel Darc Pieces of Life

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