Annabelle : la critique du film (2014)

Epouvante, Fantastique, Spinoff | 1h38min
Note de la rédaction :
2/10
2
Affiche française du premier film Annabelle

  • Réalisateur : John Leonetti
  • Acteurs : Ward Horton, Annabelle Wallis, Alfre Woodward, Tony Amendola
  • Date de sortie: 08 Oct 2014
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Annabelle
  • Scénariste :
  • Distributeur : Warner Bros
  • Éditeur vidéo : Warner Bros Entertainment
  • Date de sortie DVD blu-ray : 1 février 2015
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Box-office France / Paris - Périphérie : 1 538 114 entrées / 512 895 entrées
  • Box-office USA : 84 000 000$
  • Franchise : Conjuring, Annabelle

Annabelle premier du nom est une série B mal fagotée, qui relève d’une production rigide et sans âme, où tout sonne faux, fade et laid, au risque de traîner le vénérable Conjuring dans la fange !

Synopsis : John Form est certain d’avoir déniché le cadeau de ses rêves pour sa femme Mia, qui attend un enfant. Il s’agit d’une poupée ancienne, très rare, habillée dans une robe de mariée d’un blanc immaculé. Mais Mia, d’abord ravie par son cadeau, va vite déchanter.<br> Une nuit, les membres d’une secte satanique s’introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple, paniqué. Et ils ne se contentent pas de faire couler le sang et de semer la terreur – ils donnent vie à une créature monstrueuse, pire encore que leurs sinistres méfaits, permettant aux âmes damnées de revenir sur Terre : Annabelle…

James Wan ne réalise pas Annabelle et cela se voit.

Critique : Quelque chose d’effrayant se dissimule effectivement derrière Annabelle, non la poupée, artefact horrifique sous-exploité de spin-off, mais dans le concrétisation du film éponyme qui désacralise instantanément le matériau originel, The Conjuring : les dossiers Warren, un monument d’effroi et d’efficacité, qui avait traumatisé en 2013 une génération entière de jeunes spectateurs. James Wan réalisait alors. Occupé sur Fast & Furious 7, il s’est contenté de produire l’ersatz improvisé, qui est lui sorti un an et deux mois après le film socle.

Le travail de destruction massive est évident, dès les premières minutes, atones, ronflantes ; il se poursuivra jusqu’à la fin… Warner, studio qui distribue un nombre limité de productions chaque année et qui tend par conséquent à soigner ses produits, est complètement passé à côté du phénomène initial, exploitant sans vergogne, ni finesse, une franchise au fort potentiel, dont on était en droit d’attendre beaucoup, mais qui au final relève d’un navet du niveau de The Last Exorcist 2, Unborn ou encore The Baby, pour relever des productions surnaturelles de la même époque.

Raté artistique total, succès commercial intégral

Annabelle malgré son succès mondial épatant -plus de 250M$ à l’échelle mondiale pour une mise de 5M-, appartient aux ratés où tout sonne faux, des décors en toc aux acteurs particulièrement fades, voire consternants… Le constat de médiocrité est général concernant l’interprétation et peut provoquer quelques rires, il faut dire que les comédiens ne sont pas aidés par des dialogues éloignés de toute réalité narrative et surtout par les lieux communs inhérents aux série B bon marché qu’ils incarnent. Dans ce sens le personnage de l’adjuvant qui protège l’enfant convoitée par le démon, combine à lui-seul toutes les faiblesses d’un projet voué à l’échec artistique au vu du manque d’implication général

Alors que Conjuring épatait par la reconstitution pertinente des années 70 en s’appropriant la texture des films de cette époque, la parodie du « American way of life » que nous livre le réalisateur John R. Leonetti (directeur photo de James Wan sur Insidious et Conjuring) est artificielle. Tous les éléments étaient pourtant là, pour rendre un hommage aux thrillers paranoïaques de la fin des années 60, comme Rosemary’s baby, l’image d’une femme au foyer, laissée à l’écart de la vie active, matrice domestique à élever des enfants et à faire reluire les meubles, une vraie « poupée », placée sous cloche… On convoque également une secte démoniaque qui fomente des plans pour livrer des âmes au Malin… Toutefois, rien de tout cela ne sera jamais développé.

Photo tiré du film Annabelle

Copyrights 2014 Warner Bros Entertainment Inc

Le seuil du vide et de la consternation allègrement franchi

Les produits de consommation des années 60 – la télévision, la machine à coudre, les plaques chauffantes -, sont utilisés pour des moments de ridicule insensé, quand le culte satanique frappe de façon injustifiée une famille où la femme esseulée, et abandonnée à la déraison, n’a même pas besoin de convaincre son époux bien-aimant du Mal qui occupe les lieux, puisqu’il la croit illico et l’emmène voire un prêtre de pacotille. Pourquoi donc s’embarrasser de pertinence psychologique…

Et Annabelle dans tout cela? Piètre expédient du mal, la figurine de porcelaine ne sert à rien, n’engendre aucune émotion, puisqu’elle n’est que le témoin froid et distant de quelques tumultes domestiques. En 5 minutes d’apparition dans The Conjuring, elle provoquait l’effroi. Dans ce spin-off, sa présence suscite la consternation, l’ennui et l’envie irrépressible de quitter la salle.

Pareil résultat méritait un direct-to-vidéo et rien d’autre, mais les goûts indulgents des adolescents en ont décidé autrement. A 5M$ de budget, l’entreprise a été remboursée en quelques séances et de nouveaux dossiers Warren ont été ouverts pour les remercier de leur fidélité. Maigre consolation, ils seront pas  pire. Annabelle 2 sera même une surprise inattendue qui fera encore mieux que son prédécesseur au box-office international.

Voir en VOD 

Critique : Frédéric Mignard

La franchise Conjuring

Les sorties de la semaine du 8 octobre 2014

 

Les poupées maléfiques au cinéma

Affiche française du premier film Annabelle

Copyrights 2014 Warner Bros Entertainment Inc

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