Anna, un jour : la critique du film (2019)

Drame, Drame psychologique | 1h38min
Note de la rédaction :
3/10
3
Anna, un jour : affiche du film

Note des spectateurs :

On regarde d’un œil distrait le parcours chaotique d’Anna, une mère de famille surbookée que la réalisatrice noie sous une pluie de détails fastidieux, sur une journée de son existence. Anna, un jour a été sélectionné à la Semaine de la Critique, à Cannes, en 2018.

Synopsis : Anna a la quarantaine, trois enfants, un mari, un emploi et quelques soucis financiers. Elle passe son temps à courir, entre le travail, la maison et les enfants. Elle aime son mari, mais elle sent qu’elle est en train de le perdre. Submergée par le rythme frénétique de ses journées, elle se retrouve dans cette période fragile, où l’on ne sait comment changer, où l’on réalise qu’il y a des choses que l’on ne pourra pas recommencer. Anna arrivera-t-elle à sauver ce qui est précieux et unique dans sa vie ?

Caotica Anna

 Critique : Les portraits de mères de famille débordées ont largement et universellement nourri le cinéma, donnant ainsi naissance à des comédies pleines d’allant comme Une famille à louer, de Jean-Pierre Améris, en 2015, ou d’émotion telles Tully de Jason Reitman en 2018, deux ingrédients qui n’entrent nullement dans la composition de ce premier long-métrage de la réalisatrice hongroise Zsofia Szilagyi.

S’inspirant de la journée-type d’une de ses amies, elle détaille par segments de dix minutes les charges quotidiennes supportées par toutes les mères du monde, s’attachant à n’en dévoiler que leur côté le plus sombre. Et nous voilà face à des enfants qui s’ils ne tombent pas malades, sont insupportables pendant que le mari, soupçonné d’infidélité, redouble d’ingéniosité pour échapper aux tâches domestiques.

Anna, un jour est le portrait peu réjouissant d’une vie de famille banale

Anna est la colonne vertébrale de cette famille somme toute banale. C’est à elle qu’il incombe de pourvoir aux soins et à l’éducation des enfants, d’organiser sa vie professionnelle en même temps que de se charger de la bonne tenue de la maison. Il ne lui reste que de trop rares instants pour souffler. Et quand enfin elle peut quitter sa maison-prison, de nouvelles difficultés l’attendent sur son trajet entre problèmes de voitures et circulation routière.

Une démonstration brute, à peine sauvée par l’interprétation magistrale de son actrice centrale

C’est ainsi qu’est patiemment dressé le tableau peu réjouissant d’une vie de famille plus proche du sacrifice assumé que d’une belle tranche de bonheur. Nul doute que la journée d’une mère de famille ressemble à un puzzle composé de mille petits tracas quotidiennement répétés soigneusement mis bout à bout. Mais quand le cinéma se contente de nous les livrer dans leur réalité brute sans parvenir à les rehausser d’une bulle de magie, on cherche alors l’intérêt d’une telle démonstration. D’autant que la réalisatrice choisit de condenser en à peine plus de 24h (du jeudi soir au samedi matin) toutes les difficultés vécues du seul point de vue d’Anna, ajoutant à la vacuité de son sujet un sentiment d’étouffement.

On retiendra pourtant l’interprétation de l’actrice principale (Szofia Szamosi) qui restitue avec une précision magistrale cette lassitude si chère à la réalisatrice et si pesante pour le spectateur pendant qu’une mise en scène, adepte des atmosphères sombres et des cadrages approximatifs n’accorde ni véritable rythme (à part celui d’un enfermement qui va crescendo) ni la moindre once d’émotion à cette histoire dont on finit par se détourner.

Critique : Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 19 juin 2019

Anna, un jour : affiche du film

Copyrights 2019 : Damned Distribution

 

 

 

 

 

 

Trailers & Vidéos

trailers
x
Anna, un jour : affiche du film

Bande annonce de Anna, un jour

Drame, Drame psychologique

x