Affreux et méchants : la critique du film (2019)

Comédie trash | 1h30min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affreux et méchants, afiche du film de Cosimo Gomez

  • Réalisateur : Cosimo Gomez
  • Acteurs : Marco d’Amore, Claudio Santamaria, Sara Serrajocco
  • Date de sortie: 03 Juil 2019
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : Brutti & cattivi
  • Distributeur : Zelig Films Distribution
  • Éditeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris :
  • Classification : Tous publics avec Avertissement (motivé par des scènes sanglantes et violentes : "Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du public.")
Note des lecteurs

Affreux et méchants est une comédie italienne trash et dégénérée, plutôt percutante, qui pose une atmosphère seyante à la marge du réel, plus proche de l’esprit des comédies sales et méchantes des années 90 d’Alex de la Iglesia, que de celui des années 70 d’Ettore Scola.

Synopsis : Banlieue de Rome. Noël. Un cul de jatte, un nain rappeur, un rasta toxicomane et une femme sans bras. Ils sont quatre gangsters et décident de braquer une banque. Mais le partage du butin ne se passe pas exactement comme prévu…

Affreux et méchants lâche les monstres

Critique : Sorti dans quatre cinémas en France, dont le Publicis à Paris, Affreux et méchants connaît une petite sortie estivale, mais reste néanmoins une proposition de cinéma alternative bienvenue dans tout ce qu’il évoque. Le film fait référence évidente au film d’Ettore Scola, Affreux, sales et méchants (1976), dans son titre original comme français. Pourtant la portée sociale n’est pas la même, le style néo-réaliste non plus, et finalement, au lieu d’assister à une nouvelle smala contemporaine dans les égouts et bidonvilles de Rome, c’est davantage un hommage au cinéma des années 90 que l’on découvre.

Sara Serrajocco dans Affreux et méchants

photo d’Antonello & Montesi / Artwork by Big Jellyfish

Le jour des bêtes

Avec son rasta dégueu, ses personnages patibulaires, son intrigue de casse peuplée de losers, sa réalisation fluide et pop qui préfigurerait presque le cinéma de Guy Ritchie, c’est bien tout le cinéma grunge de la décade des sous-Tarantino qui nous vient à l’esprit, celui de comédies particulièrement violentes, ici mâtiné des accents trash du cinéma de Alex de la Iglesia, celui du Jour de la bête, dont on retrouve l’énergie, le casting d’énergumènes et le goût pour la provocation. La comédie de casse pose une atmosphère qui ressemble aux trublions étranges du cinéaste ibérique et met en scène, dans un joyeux bordel, culs de jatte, nains, femme sans bras… L’esprit cocasse de bêtise généralisée du film de Cosimo Gomez dévoile une humanité de la marge, rabaissée au rang des dégénérés, totalement sale,  crasse, et vulgaire (voir le personnage de rasta à l’haleine de chacal qui en est réduit parfois au surnom de Merda).

Affreux et méchants propose également une narration de déconstruction, consistant à éliminer de façon surprenante tous les protagonistes principaux, pour pouvoir surprendre, ou du moins capter l’attention jusqu’au bout.

Le final moins trash, mais kitsch, moral sans être moralisateur, donne un peu de lumière à cet ensemble nauséabond que finalement on apprécie plutôt bien, pour sa persistance iconoclaste (l’homme de foi qui célèbre Halloween et dévoile un parcours et un visage pas très catholique…) au cœur d’une programmation d’été totalement aseptisée. Rien que pour cela…

Critique : Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 3 juillet 2019

Affreux et méchants, afiche du film de Cosimo Gomez

Photo d’Antonello & Montesi / Artwork by Big Jellyfish

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