A la dérive (Adrift) : la critique du film (2018)

Drame | 1h36min
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
A la dérive (Adrift), affiche

  • Réalisateur : Baltasar Kormákur
  • Acteurs : Shailene Woodley, Sam Claflin
  • Date de sortie: 04 Juil 2018
  • Année de production : 2018
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Adrift
  • Titres alternatifs : En pleine tempête (Québec), À Deriva (Portugal), A la deriva (Espagne), Die Farbe des Horizonts (Allemagne), Vidas à Deriva (Brésil)...
  • Scénaristes : Aaron Kandell, Jordan Kandell,
  • D'après l'œuvre de : Tami Ashcraft, Susea McGearhart, David Branson Smith,
  • Directeur de la photographie : Robert Richardson
  • Monteur : John Gilbert
  • Compositeur : Volker Bertelmann
  • Producteurs : Aaron Kandell, Jordan Kandell, Baltasar Kormákur, Shailene Woodley
  • Sociétés de production : STX Entertainment, Huayi Brothers (Hong Kong), Lakeshore Entertainment, Pantagruel Productions (Royaume-Uni), Pantagruel Productions (Royaume-Uni)
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport (France) / STX Entertainment(USA)
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie vidéo (DVD, Blu-ray, VOD) : : 7 novembre 2018
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 154 573 entrées / 31 871 entrées
  • Box-office USA / Monde 31 445 012$ / 59 945 012$
  • Budget : 35 000 000$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Coueurs - DCP / Dolby Atmos
  • Festivals et récompenses : 4 nominations aux Teen Choice Awards (2018)
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © STX Entertainment -Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

A la dérive est une version adolescente, très fleur bleue, du puissant thriller marin All is lost, avec Robert Redford. Cette version féminine permet à Shailene Woodley de livrer une belle prestation dans une œuvre efficace, savamment calibrée pour le public des jeunes adultes.

Synopsis : Tami Oldham et Richard Sharp décident de convoyer un bateau à travers le Pacifique et se retrouvent pris au piège dans un terrible ouragan. Après le passage dévastateur de la tempête, Tami se réveille et découvre leur bateau complètement détruit et Richard gravement blessé. À la dérive, sans espoir d’être secouru, Tami ne pourra compter que sur elle-même pour survivre et sauver celui qu’elle aime.

A la dérive, récit d’une tragédie maritime pour adolescents

Critique All is Lost, survival en plein océan de J.C. Chandor, totalement muet, avec le vétéran Robert Redford comme seul protagoniste, qui décrochait ni plus ni moins son meilleur rôle en vingt ans, regorgeait de qualité en tant que film d’auteur. Elles ont toutes disparu de Adrift. Le pitch est identique, puisque dans les deux cas l’on évoque le naufrage d’un voilier en plein océan, une survie qui relève de l’exploit au quotidien. Toutefois, le public visé n’est pas le même. Aux crevasses du visage fermé de l’ex-star des sixties, succède la juvénilité d’un casting qui s’est démarqué jusqu’à présent dans des productions dites adolescentes, à savoir Shailene Woodley (Nos étoiles contraires, Divergente), et Sam Claflin (Hunger Games, Avant toi). Les adultes ne connaissant pas le casting, ils sauront se détourner instinctivement de cette œuvre, fleur bleue dès son visuel promotionnel, qui ne répondra pas à la rigueur requise pour pleinement apprécier le calvaire de deux individus asséchés par le soleil et affamés dans un désert océanique, salement amochés. La presse américaine a d’ailleurs été très partagée, sans condamner le film qui a des qualités réelles pour ceux qui se nourrissent de ce type d’émotions faciles. Le public, peu enclin aux huis clos à ciel ouvert, ne s’est pas déplacé pour autant.

 

Sam Claflin et Shailene Woodley dans A la dérive

Sam Claflin et Shailene Woodley dans Adrift – Copyrights STXfilms

Les producteurs préfèrent l’amour en mer

Il est vrai que cette adaptation du récit autobiographique de Tami Ashcraft, authentique survivante de ce drame marin épique qui s’est déroulé au début des années 80, entrave la chronologie de la tragédie par des allers-retours constants, vers un passé proche et idyllique, celui d’une romance mignonne, pour dynamiser l’errance du voilier à la dérive pendant plus d’un mois. Comme si le quotidien de misère, et donc la nature même du survival en haute mer, n’était pas suffisant pour retenir pleinement l’attention des jeunes spectateurs. Ainsi, c’est bel et bien la motrice romantique, celle d’une rencontre romanesque à Tahiti, quelques mois auparavant, avec demande en mariage, qui donne finalement chair au récit.

Le choix des producteurs – Shailene elle-même figure à la production – est évident : il faut plaire au public d’un type de produits à la mode pour jeunes adultes, ceux de Baby Driver à La Face cachée de Margo : c’est la raison pour laquelle un tâcheron impersonnel, le réalisateur Baltasar Kormákur, a été embauché. On se souvient de son survival montagneux Everest, un demi-échec public au box-office, qui aimait tirer sur la corde sensible, sans jamais chercher à transcender les émotions évidentes des personnages. Mais on peut reconnaître au cinéaste une capacité évidente à travailler dans des conditions de tournage éprouvantes, et ses films ont la cote une fois leur carrière engagée en vidéo streaming. In fine, Everest a été un succès sur la durée.

A la dérive avec Shailene Woodley

Sam Claflin et Shailene Woodley dans Adrift – Copyrights STXfilms

Shailene Woodley s’applique et surtout s’implique

Dans cette catégorie d’œuvres pour jeunes gens sensibles, peu portés sur la psychologie adulte qu’ils ne connaissent forcément pas, A la dérive est loin d’être le pire des saccharoses, peut-être parce que l’actrice principale, Shailene Woodley, arbore toujours une présence qui dépasse les simples canons superficiels auxquels les stars de son âge sont souvent cantonnées. Elle sait exprimer une gamme d’émotions et rendre crédible une situation de naufrage pour laquelle elle a beaucoup apporté, dans son implication physique évidente, mais surtout dans sa quête de réalisme psychologique. Sa sensibilité est un peu celle du film, et avec l’efficacité de la réalisation de Kormákur, elle faisait de cette odyssée maritime un spectacle ad hoc pour le début des vacances d’été 2018 d’une jeunesse qui s’apprêtait à prendre le chemin des stations balnéaires. Les adultes, eux, n’y sont pas allés. Peut-être ont-ils revu En pleine tempête de Wolfgang Petersen, pour sa fibre sociale et ses effets spéciaux monstres, et surtout All is Lost pour sa radicalité philosophique. A chaque âge son cinéma.

Les sorties de la semaine du 4 juillet 2018

Frédéric Mignard

A la dérive (Adrift), affiche

Sam Claflin et Shailene Woodley dans Adrift – Copyrights STXfilms

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A la dérive (Adrift), affiche

Bande-annonce de A la dérive (Adrift)

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