The Dirt : la critique du film (2019)

Drame, Biopic | 1h44min
Note de la rédaction :
7/10
7

Note des lecteurs

Contre toute attente, l’adaptation de l’autobiographie du groupe le plus irrévérencieux de la vague Glam Metal parvient à s’affranchir du politiquement correct sans jamais porter aux nues ses protagonistes. Découvrez notre critique.

Synopsis: Un biopic sur le groupe de rock Mötley Crüe, adapté du livre “The Dirt: Confessions of the World’s Most Notorious Rock Band”.

Critique : Adapter The Dirt, l’une des autobiographie les plus adulées par les amateurs de Rock (et des autres) relevaitdu casse-tête impossible. Et pour cause, le récit par ses membres de la carrière du groupe de Glam Metal Motley Crue tient en grande partie sa réussite de son débridage total. Constitué de multiples points de vue, souvent contradictoires, l’ouvrage est un enchaînement d’anecdotes. Toutes plus immorales et dramatiques les unes que les autres, dont la plupart ne serait pas transposables à l’image sans risquer une classification sévère.

Comment retranscrire sur l’écran lisse de Netflix la folie du livre sans en lisser tout le propos ?

Pourtant, dès 2006, la Paramount et MTV commencent à œuvrer dans le sens d’une adaptation sur grand écran des frasques du gang bariolé. Après 11 années de désillusion et autres reports, c’est – situation dorénavant classique – Netflix qui empoche les droits de la bête et relance le projet en bombardant aux commandes Jeff Tremaine. Choix relativement cohérent, ce dernier étant habitué à filmer des sommets de bêtise et d’irresponsabilités à la télévision et au cinéma pour Jackass.

Deux craintes majeures pouvaient assombrir le tableau, la première étant la plus évidente : comment retranscrire à l’écran la folie du livre sans en lisser tout le propos ? Dès les premières images, Tremaine frappe fort : la sagesse ne sera pas pour aujourd’hui. Sexe, drogues (à foison), rock’n’roll, voire même violence conjugales et homicides involontaires… Une bonne partie des mésaventures du Crue est reprise au cours du métrage, détails et gros plans à l’appui, au fil d’une réalisation clippesque, assez à propos, bien que la très clinquante photographie et le découpage parfois surchargé puissent déplaire.

Critique The Dirt / Copyrights The Dirt 2019 – une exclusivité Netflix. Tous droits réservés.

 

La deuxième crainte se situait à l’exact opposé : comment, au milieu de ce déluge de scènes trash et violentes, ne pas tomber dans l’apologie puérile de la philosophie douteuse de Nikki Sixx et de sa bande ? La encore, le défi est brillamment relevé, et jamais le métrage ne semblera iconiser la démarche de ses quatre stars. D’overdoses en mariages ratés, en passant par un accident de la route aux conséquences dramatiques, c’est un sentiment d’écœurement plus que d’admiration qui nous étreindra, la véritable descente aux enfers de ces quatre paumés dépassés par un succès auquel ils n’étaient pas préparés est parfaitement dépeinte.

…un dernier quart d’heure en roue libre !

C’est du côté de la distribution que le métrage semble parfois patauger. Celle-ci n’est pas vraiment aidée par de curieux choix. Iwan Rheon incarne un Mick Mars sensé être bien plus âgé que ses compères, ce qui ne se verra jamais à l’écran. Quant à ses acolytes, ils semblent figés dans une éternelle jeunesse à mesure que les années passent (ce que les photos d’archives du groupe ne confirment vraiment pas). Mention spéciale tout de même à la surprise MGK, le rappeur interprétant un Tommy Lee bien plus touchant que ses compères, aux failles moins apparentes.

Une bonne surprise !

Le tout finira assombri par un dernier quart d’heure en roue libre, tentant de laisser place à l’émotion après une abrupte rupture de ton au timing franchement mal géré. Pire, c’est probablement le seul moment ou le film s’affranchit de la réalité : Vince Neil, pourtant de notoriété publique la personnalité la plus bordeline de cette joyeuse bande, y étant présenté comme une innocente victime, subissant encore et toujours le cours des événements. De là à penser que le chanteur peroxydé nous ait fait une Brian May-Roger Taylor, il n’y a qu’un pas que nous franchirons allègrement.

Malgré ces quelques menus défauts, The Dirt reste une très bonne surprise en des temps ou le biopic se laisse malheureusement aller au révisionnisme et à l’aseptisation. Amateurs du groupe ou non, le coup d’œil est mérité.

Critique de Marvin Montes

 

Copyrights The Dirt 2019 – une exclusivité Netflix. Tous droits réservés.

 

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