9 jours à Raqqa : la critique du film (2021)

Documentaire | 1h28min
Note de la rédaction :
6/10
6
9 jours à Raqqa, l'affiche

  • Réalisateur : Xavier de Lauzanne
  • Date de sortie: 08 Sep 2021
  • Nationalité : Français
  • Titre original : 9 jours à Raqqa
  • Titres alternatifs : 9 Days in Raqqa (titre international) / 9 Dias em Raqqa (Brésil)
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Xavier de Lauzanne
  • Directeur de la photographie : -
  • Compositeur : Ibrahim Maalouf
  • Société(s) de production : Aloest Productions
  • Distributeur (1ère sortie) : L’Atelier Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Stéréo
  • Festivals et récompenses : Sélection Festival de Cannes 2020
  • Illustrateur / Création graphique : Jean-Matthieu Gautier (photographe), Alain Baron (graphisme)
  • Crédits : Aloest Productions
  • Franchise : 1er volet d'une trilogie documentaire consacrée à l'après Daesh en Syrie et en Irak
Note des spectateurs :

9 jours à Raqqa offre le portrait d’une jeune maire kurde dont la détermination pourtant admirable se dilue dans un traitement trop didactique.

Synopsis : Leila Mustapha, 30 ans, ingénieure en génie civil, trois fois major de sa promotion, est la jeune maire de Raqqa, l’ancienne capitale autoproclamée de l’état islamique en Syrie. Plongée dans un monde d’hommes, elle a pour mission de reconstruire sa ville en ruines après la guerre, de réconcilier et d’y instaurer la démocratie. Une mission hors normes. Une écrivaine française traverse l’Irak et la Syrie pour venir à sa rencontre. Dans cette ville encore dangereuse, elle a 9 jours pour vivre avec Leila et découvrir son histoire.

Parcours exemplaire d’une femme libre en Syrie

Critique : Les pépites, le précédent documentaire de Xavier de Lauzanne démontrait combien le courage et l’espoir pouvaient venir à bout de situations désespérées. Avec 9 jours à Raqqa, premier volet d’une trilogie qui traite de la reconstruction du lien social après la guerre, il accompagne l’écrivaine Marine de Tilly, dont le projet est de raconter le parcours de Leïla Mustapha qui, à trente ans, partage avec un homme arabe -parité ethnique et sexuelle oblige- la fonction de maire de Raqqa, ex-capitale syrienne de l’État islamique.

À travers ce reportage aux accents féministes, il rend hommage à l’énergie d’une jeune femme libre, diplômée, non voilée, bien décidée à incarner la fraternité entre les hommes et les femmes, la réunification entre majorité arabe et minorité kurde et à tourner le dos au passé pour reconstruire la paix dans une ville en miettes.

Un point de vue unique, et donc forcément limité

La caméra fixe des images terrifiantes de quartiers totalement détruits, d’habitants déambulant quotidiennement dans un chaos dont chaque bâtiment garde les stigmates. Dans cette ambiance funeste où le danger continue de roder, la jeune musulmane, poussée par un irrésistible élan de vie, refuse de penser à l’attaque qui peut l’atteindre à tout moment. Semblant à peine sortie de l’adolescence, la silhouette frêle, habillée sobrement, ne manifestant aucun signe d’autorité ni de forfanterie, elle en impose entre optimisme et humilité. Ses échanges avec Marine de Tilly, les conversations avec sa famille, tiraillée entre fierté et crainte, la révèlent tout à la fois spontanée, pudique et mystérieuse.

9 jours à Raqqa, photo d'exploitation

© 2021 Aloest Productions / Photographie : Jean-Matthieu Gautier. Tous droits réservés.

La fascination bien légitime du réalisateur pour ce personnage hors du commun transperce le récit. Une fascination que l’on aurait volontiers partagée à condition qu’elle n’occulte pas d’autres points de vue que l’on attend en vain. Méthodiquement sont décrites des visites de chantiers, agrémentées d’universels problèmes techniques qui installent la narration dans une routine hors sujet tandis que le survol d’un camp de réfugiés ne suscite aucun témoignage. Si les médias ont pour habitude de s’intéresser aux conflits sous un angle essentiellement politique, Xavier de Lauzanne choisit de centrer son regard sur l’humain dont il glorifie la capacité de résilience face à la désolation. Initiative intéressante qui n’aurait rien perdu à s’enrichir de plusieurs voix.

Une musique qui compense en partie le manque d’émotion du documentaire

S’il manque de paroles diversifiées, le documentaire peut néanmoins s’enorgueillir d’être porté par la musique d’Ibrahim Maalouf. Discrète dans les moments les plus tragiques, elle se fait monumentale pour célébrer avec émotion la foi d’un peuple en des jours meilleurs. Le récit, par son caractère convenu, oublie de laisser libre cours à l’émotion, un manque comblé par l’harmonie des accords à la fois puissants et doux de ce trompettiste de talent touché par cette vision humaine posée sur les difficultés de son Moyen-Orient natal.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 8 septembre 2021

9 jours à Raqqa, l'affiche

© 2021 Aloest Productions / Affiche : Jean-Matthieu Gautier (photographe) – Alain Baron (graphisme). Tous droits réservés.

Trailers & Vidéos

trailers
x
9 jours à Raqqa, l'affiche

Bande-annonce de 9 jours à Raqqa

Documentaire

Extrait 1 de 9 jours à Raqqa

Extrait 2 de 9 jours à Raqqa

x