Réalisateur et scénariste italien, Mario Caiano a commencé par faire des études de philologie, tout en se formant au métier de réalisateur par l’assistanat. Dès 1952, Mario Caiano se fait repérer en tant que scénariste et aussi assistant-réalisateur auprès de cinéastes comme Camille Mastrocinque et Sergio Grieco. Il tourne ainsi des comédies pour le premier et des péplums pour le second, dans un style très classique. Il œuvre également sur de nombreux scripts de films d’aventures et notamment de cape et d’épée, genre qu’il affectionne particulièrement.
Lorsqu’il passe à la réalisation en 1962, Mario Caiano devient un homme à tout faire au service de l’industrie du divertissement, un faiseur plutôt doué. Il commence avec le péplum Ulysse contre Hercule (1962), puis passe au genre cape et épée avec Le signe de Zorro (1963) et La griffe du coyote (1963). Puis, il revient au péplum avec Goliath et l’Hercule noir (1963), Maciste et les cent gladiateurs (1964) et La fureur des gladiateurs (1964).
Toutefois, il sent le vent tourner et part en Espagne pour réaliser quelques westerns qui demeurent d’une facture très classique : Mon colt fait la loi (1964) et Pour un whisky de plus (1964). En fait, Mario Caiano passe clairement à la vitesse supérieure avec ce qui allait devenir un grand classique du cinéma gothique. Les amants d’outre-tombe (1965) avec Barbara Steele est assurément son chef d’œuvre. Pourtant, il n’a pas réitérer dans le genre, ce qui est bien dommage.
Vers 1966, il commence à prendre acte de l’évolution du genre du western et livre quelques spaghettis corrects comme La vengeance de Ringo (1966), Adiós hombre (1967) et Un train pour Durango (1968), ce dernier évoluant vers la parodie. Parallèlement, il a livré quelques eurospy de bonne tenue. Vers 1972, il succombe à la mode du giallo avec l’étrange L’œil du labyrinthe (1972) qui n’est pas totalement abouti et lorgne plutôt vers le thriller psychanalytique. En 1973, il passe carrément au western soja avec le marrant Shanghaï Joe (1973), puis succombe à la mode putassière du nazisploitation avec Fräulein SS (1977).
Toutefois, de cette dernière partie de carrière, on retiendra surtout son incursion dans le poliziottesco comme …a tutte le auto della polizia… (1975), Commando terreur (1976), le surcoté Assaut sur la ville (1977) et Antigang (1977). Finalement, Mario Caiano passe à la télévision où il réalise la série à succès Fermate il colpevole et une planquée de téléfilms et feuilletons jusqu’en 2002 où il prend une retraite bien méritée.
Il nous quitte en 2015 à l’âge de 82 ans, laissant l’image d’un artisan consciencieux du cinéma commercial transalpin.
