Kavinsky, musicien culte aux sonorités de synthpop, avait largement réorienté la musique électronique des années 2010.
Kavinsky a d’abord été acteur : il apparaît dans des longs métrages des années 2000, dirigé notamment par Quentin Dupieux : dans Steak, il incarne un chef de bande. Il s’impose ensuite dans la musique.
Avec un style électro-rétro évoquant celui de son pote Mr. Oizo, Kavinsky se démarque et redonne de l’émotion aux bandes-son futuristes des années 80, lorsqu’il propose le single Nightcall en 2010. À l’heure des fichiers musicaux encore téléchargés sur iTunes, Kavinsly, de son vrai nom Vincent Belorgey, se bâtit une réputation internationale, à des années-lumière de ses origines humbles d’enfant des classes moyennes.
Lorsque son morceau noctambule illustre le chef-d’œuvre de Nicolas Winding Refn, Drive, le succès dépasse le culte grandissant des fichiers audio échangés sur Internet. Les images du taiseux Ryan Gosling au volant de sa Chevrolet et la chanson de Kavinsky en fond resteront à jamais étroitement associées tant elles se complètent. Nightcall atteindra même la dixième place des meilleures ventes de singles en France. Et l’artiste sera convié à interpréter le morceau avec la chanteuse belge Adèle lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques, en 2024, renforçant sa carrure internationale.
Le tube sera suivi par l’épique Roadgame et Outrun, un album concept magnifiquement produit au sonorités des vieux synthés culte de son enfance. Celui-ci accouchera de quelques singles comme le tronesque Protovision et surtout Odd Look qu’ils réinterprètera plus tard avec la méga star canadienne The Weeknd.
Sur le même modèle, le musicien français réitère en 2022 avec l’album Reborn, œuvre musicale puissamment cinématographique et visuelle, nourrie à ses délires nostalgiques de garnement d’une époque qu’il n’aura jamais voulu quitter.
Son décès, le 29 juillet 2026, à l’âge de 50 ans, résonne comme un choc pour tous.