Jean-Pierre Melville

Réalisateur, Scénariste, Producteur, Acteur
Le samourai, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 20 octobre 1917 à Paris (France)
  • Date de décès : 2 août 1973 à Paris (France)
  • Crédit visuel : © 1967 Pathé Production - Filmel - Fida Cinematografica / Illustration : René Ferracci. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, scénariste, producteur et acteur français, Jean-Pierre Melville (de son vrai nom Jean-Pierre Grumbach) est un autodidacte. Né dans une famille juive aisée, il dispose très jeune d’une caméra Pathé-Baby avec laquelle il filme sa famille. Par la suite, il se passionne pour le cinéma américain. Il fait la Seconde Guerre mondiale dans la cavalerie française, puis part à Londres pour participer aux Forces françaises libres. C’est durant cette période qu’il adopte son pseudonyme de Melville.

Un auteur qui se cherche

Après la guerre, Jean-Pierre Melville se lance dans le cinéma en créant sa propre compagnie de production. Il se fait la main sur le court-métrage 24 heures de la vie d’un clown (1946), puis tourne en totale indépendance Le silence de la mer (1949) d’après un texte de Vercors. Le long-métrage connaît un bel écho auprès du public avec 1 373 872 entrées pour une œuvre austère.

Comme Jean Cocteau tombe sous le charme de ce premier film, il confie à Jean-Pierre Melville l’adaptation cinéma des Enfants terribles (1950). Le long-métrage est assurément une grande réussite, mais qui doit tout à Cocteau. Le public répond moins présent avec seulement 719 844 entrées sur toute la France. Considéré par la profession comme un intellectuel, Melville ne parvient pas à s’insérer dans le système de production traditionnel. Afin de montrer ses capacités d’adaptation, il tourne un mélodrame plus classique intitulé Quand tu liras cette lettre (1953), avec Juliette Gréco. Si le film trouve son public (1 161 319 entrées), les critiques sont moins élogieuses.

Le polar comme genre de prédilection

Il trouve finalement son style propre avec Bob le flambeur (1956) qui est un film de gangsters atypique. Cette fois, la critique est plus emballée, mais le public ne suit pas vraiment (720 358 entrées). Melville confirme l’originalité de son style avec Deux hommes dans Manhattan (1959) qui est par contre un bide retentissant avec seulement 308 524 spectateurs. C’est à cette époque que Melville devient une figure admirée des jeunes critiques des Cahiers du Cinéma. Godard en fait même le parrain de la Nouvelle Vague en le faisant jouer dans A bout de souffle (1960).

Pourtant, Melville ne se laisse pas aspirer par le mouvement et va continuer à mener une carrière de solitaire, approfondissant peu à peu son style propre, austère et désabusé. Il adapte Béatrix Beck avec Léon Morin, prêtre (1961) où il oppose Jean-Paul Belmondo à Emmanuelle Riva. Le film, bien qu’austère, est un succès avec 1 703 578 spectateurs. Il retrouve l’univers du film noir qui lui sied mieux avec Le doulos (1962), encore porté par Belmondo. 1 477 845 fans de polar à la française l’ont suivi dans les salles. La riche collaboration entre Belmondo et Melville se poursuit avec L’aîné des Ferchaux (1963) d’après Simenon pour un résultat similaire au box-office (1 484 948 entrées).

Le temps des chefs-d’œuvre

Si le style de Melville est déjà bien affirmé, le réalisateur va toutefois pousser sa logique d’austérité encore plus loin en supprimant de plus en plus le dialogue. Il signe alors une série de chefs-d’œuvre qui demeurent des incontournables du cinéma français. Cela démarre avec Le deuxième souffle (1966), magnifié par la présence de Lino Ventura. Le long-métrage est un beau succès (1 919 952 entrées) et confirme la place à part du cinéaste.

Il ose ensuite se servir du charisme de Delon pour une œuvre quasiment muette intitulée Le samouraï (1967). Là encore, le public répond présent avec 1 935 047 spectateurs. A noter que le film s’est inspiré du cinéma japonais, mais qu’en retour, le long-métrage fait l’objet d’un culte absolu au pays du Soleil-Levant.

Avec L’armée des ombres (1969), Melville adapte Joseph Kessel et en profite pour y glisser ses souvenirs de la Résistance. Il signe sans aucun doute le plus beau film sur le sujet. Le public est présent (1 501 132 entrées), même si l’on pouvait espérer un résultat supérieur au vu du casting. Il atteint le sommet de sa carrière avec le crépusculaire Le cercle rouge (1970) qui est le dernier film de Bourvil. Le triomphe est total (4 343 102 entrées) et sa cinquième place annuelle amplement méritée. Certes, le long-métrage a été porté par la disparition de Bourvil, mais il ne faut pas oublier qu’Alain Delon et Yves Montand sont alors au sommet de leur carrière.

Un décès prématuré

En 1972, Melville retrouve Alain Delon dans Un flic (1972), d’une qualité nettement inférieure aux œuvres précédentes. Le budget est conséquent et le public ne se presse pas avec un résultat (1 464 806 entrées) en demi-teinte qui touche beaucoup le réalisateur désormais quasiment ermite.

Jean-Pierre Melville travaille à un nouveau film lorsqu’il est frappé par un AVC en 1973. Il décède peu de temps après à l’âge de 55 ans.

Virgile Dumez

Filmographie :

Réalisateur :

  • 1946 : Vingt-quatre heures de la vie d’un clown (court-métrage)
  • 1947 : Le Silence de la mer
  • 1950 : Les Enfants terribles
  • 1953 : Quand tu liras cette lettre
  • 1955 : Bob le flambeur
  • 1959 : Deux hommes dans Manhattan
  • 1961 : Léon Morin, prêtre
  • 1962 : Le Doulos
  • 1963 : L’Aîné des Ferchaux
  • 1966 : Le Deuxième Souffle
  • 1967 : Le Samouraï
  • 1969 : L’Armée des ombres
  • 1970 : Le Cercle rouge
  • 1972 : Un flic

Filmographie

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Le samourai, l'affiche

Bande-annonce d'A bout de souffle

Réalisateur, Scénariste, Producteur, Acteur

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