Réalisateur, scénariste et producteur américain, George Sidney est né en 1916 à Long Island dans la ville de New York au sein d’une famille d’artistes. Ancien acteur, son père était régisseur de théâtre, avant de devenir le gérant d’une salle de cinéma. Progressivement, Louis K. Sidney se rapproche de la MGM, ce qui va permettre à son fils George d’entrer dans la compagnie dès 1932, après avoir préalablement étudié la musique.
George Sidney, un adolescent à la MGM
A seulement seize ans, George Sidney accède à des postes importants et devient l’un des plus jeunes assistants de l’histoire du cinéma. Il a tout juste 20 ans lorsqu’il dirige son tout premier court-métrage pour la série intitulée Our Gang. Le jeune homme continue à s’initier par le biais du court-métrage (il en tourne environ 25 en seulement quelques années) et parvient à décrocher la réalisation d’un premier long-métrage intitulé Free and Easy (1941) qui est une série B.
Après deux autres films sans grande importance (dont Pilote numéro 5 en 1943), la MGM lui ouvre grand la porte des grosses productions avec la comédie musicale La parade aux étoiles (1943). Il doit ici gérer le Technicolor balbutiant et parvient à révéler au grand public le danseur Gene Kelly. Le long-métrage est non seulement un succès commercial, mais il obtient aussi trois nominations aux Oscars pour la meilleure photo, mais aussi la meilleure musique.
Le maître de la comédie musicale des années 40-50

© 1945 Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). All Rights Reserved.
Après ce coup d’éclat, George Sidney signe le film de la révélation pour la nageuse et danseuse Esther Williams avec Le bal des sirènes (1944). Très gros succès, le film est depuis devenu un classique du genre. Même tarif avec son long-métrage suivant, l’excellent Escale à Hollywood (1945), devenu culte pour avoir réuni sur un même plateau Gene Kelly, Frank Sinatra et Kathryn Grayson. La comédie musicale a également marqué les esprits pour sa séquence mêlant prise de vue réelle et animation, permettant à Gene Kelly de danser avec Tom et Jerry.
George Sidney enchaîne avec d’autres films du genre, parfois moins marquants comme Ziegfeld Follies (1945), Demoiselles Harvey (1946) ou encore Fééries à Mexico (1946). Pourtant, le cinéaste change brusquement de genre en signant une nouvelle adaptation remarquable des Trois mousquetaires (1948) avec Gene Kelly. En fait, le cinéaste applique sa recette bondissante du film musical au genre de cape et d’épée et signe ainsi un modèle de dynamisme qui a rarement été égalé par la suite. Le film est un pur bijou du cinéma d’aventures, nommé aux Oscars pour sa photographie somptueuse.
L’artiste décidément très en verve, revient à la comédie musicale avec les très bons Annie, la reine du cirque (1950) et surtout le remake Show Boat (1951). Tous ces films sont des succès commerciaux qui obtiennent des nominations aux Oscars sans pour autant être récompensés. En tout cas, George Sidney devient un réalisateur sûr pour les investisseurs. Ainsi, en 1952, il est choisi pour redonner vie au personnage de Scaramouche (1952) avec Stewart Granger et Janet Leigh. Le triomphe est total et le film est un vrai chef d’œuvre du genre. En France, le métrage bondissant tutoie les 3 millions de spectateurs.

© 1948 Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). AllRights Reserved.
Des œuvres plus mineures dans les années 60
Au sommet de sa carrière, George Sidney ne pouvait que connaître un retour de bâton. Il semble moins pertinent avec la comédie musicale Embrasse-moi, chérie (1953) et il se fourvoie totalement avec La chérie de Jupiter (1955) où il retrouvait pourtant Esther Williams. Ce dernier échec l’a poussé à quitter pour la première fois de sa carrière la firme MGM. Il est immédiatement embauché par la Columbia qui lui confie la réalisation du biopic musical Tu seras un homme, mon fils (1956) avec Tyrone Power et Kim Novak. L’année suivante, il connaît un nouveau succès avec La blonde ou la rousse (1957) avec Frank Sinatra et la grande star Rita Hayworth. A cette époque, George Sidney devient son propre producteur et il peut ainsi mieux choisir ses films.
Ainsi, il dirige des films mineurs, mais aussi la comédie musicale Bye Bye Birdie (1962), tandis qu’il tombe un peu plus bas en dirigeant Elvis Presley dans L’amour en quatrième vitesse (1964) qui fait partie de ses dernières créations, souvent décevantes. En 1967, George Sidney décide de se retirer d’Hollywood après plusieurs échecs commerciaux, lui qui représentait alors à merveille le vieil âge d’or hollywoodien, désormais dépassé.
Par la suite, le réalisateur n’a pas délaissé totalement le milieu du cinéma en donnant notamment des conférences et des cours à l’université, mais aussi en présidant la guilde des réalisateurs durant plusieurs années. Finalement, George Sidney s’éteint en 2002 à l’âge de 85 ans, des suites d’un lymphome.