Réalisateur et scénariste italien, Elio Petri est né en 1929 à Rome dans une famille d’artisans. Il y reçoit une éducation sévère qui le dégoûte de toute autorité. En rupture avec sa famille, le jeune Elio fait ses premières armes dans la rue et adopte dès son adolescence des positions communistes. Parallèlement, il développe un goût pour le cinéma à travers des ciné-clubs avant de devenir carrément critique de cinéma à la fin des années 40.
Un scénariste très demandé
Quand il fait la connaissance du réalisateur Giuseppe De Santis, ce dernier l’invite à collaborer avec lui en tant que scénariste, mais aussi en tant qu’assistant. Ainsi, Elio Petri signe les scripts de La fille sans homme (1953), Jours d’amour (1954), Hommes et loups (1957), ainsi que plusieurs scénarios destinés à d’autres cinéastes.
Les premiers films en tant que réalisateur
Gravissant un à un les échelons du métier, Elio Petri réalise en solo deux courts métrages au cours des années 50, mais il attend encore jusqu’en 1961 pour tourner son premier long : L’assassin (1961) avec Marcello Mastroianni, un film policier kafkaïen qui révèle un talent immense. Il enchaîne avec Les jours comptés (1962) où ses préoccupations politiques affleurent déjà.
Après quelques films de moindre niveau et des contributions inégales à des films à sketches, il livre la satire dystopique La dixième victime (1965), très stylisée, mais au message un peu trop martelé. C’est avec son film suivant qu’il collabore pour la première fois avec le scénariste Ugo Pirro qui va lui apporter une forme de complémentarité. Cela donne À chacun son dû (1967) qui anticipe déjà les thématiques qui seront développées dans ses grands films suivants. Il poursuit cette veine intimiste avec Un coin tranquille à la campagne (1968) qui confirme sa sensibilité.
Les quatre classiques des années 70
Toutefois, c’est durant les années 70 qu’Elio Petri se révèle un grand auteur. Il signe coup sur coup Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970) qui est une virulente satire des milieux du pouvoir, puis La classe ouvrière va au paradis (1971). Le premier obtient l’Oscar du meilleur film étranger, tandis que le second décroche la Palme d’Or.
Deux récompenses prestigieuses pour deux œuvres très engagées sur le plan politique. Il enfonce le clou avec La propriété, c’est plus le vol (1973), nouvelle satire présentée cette fois au Festival de Berlin d’où il repart bredouille malgré un accueil favorable. Après une courte pause, il s’attaque à la figure emblématique d’Aldo Moro dans le film politique Todo Modo (1976) qui connaît moins de succès malgré une qualité encore présente.
Malheureusement, les producteurs italiens deviennent de plus en plus frileux et Elio Petri est contraint de se tourner vers la télévision durant plusieurs années. Finalement, il autofinance Buone notizie (1979) qui sera son ultime effort. Effectivement, atteint d’un cancer, Elio Petri décède en 1982 à l’âge de 53 ans. Le cinéma italien perdait là l’une de ses voix les plus pertinentes en matière de dénonciation sociale.