Danielle Darrieux

Actrice
Affiche (réédition) de Madame de... de Mac Ophuls

Personal Info

  • Nationalité : Française
  • Date de naissance : 1ᵉʳ mai 1917 à Bordeaux (France)
  • Date de décès : 7 octobre 2017 à Bois-le-Roi (France)
  • Crédit visuels : Madame de... : © 1953 - Gaumont

Biographie

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Danielle Darrieux, mémoire du cinéma français, a été l’icône de plusieurs générations de spectateurs. Jeune fille espiègle et romantique des années 30, elle sera l’incarnation du charme et de la féminité française de l’après-guerre aux années 60, avant de devenir une guest-star incontournable des écrans, tout en poursuivant une carrière théâtrale.

Danielle Darrieux : une longévité de carrière exceptionnelle

Darrieux débute à quatorze ans dans Le Bal de William Thiele (1931), une comédie dans laquelle elle pousse la chansonnette. S’ensuivent une série d’œuvrettes présentant le même schéma, prisées en ce début des années de parlant et qui mettent en lumière son charme mutin, des metteurs en scène comme Billy Wilder ou Robert Siodmak (exilés en France), la dirigeant à merveille. Le personnage se pare de romantisme avec Mayerling d’Anatole Litvak (1936), dans lequel elle donne la réplique à Charles Boyer.

Le triomphe du film lui ouvre les portes de Hollywood où elle tourne une exquise comédie méconnue, La Coqueluche de Paris de Henry Koster (1938). De retour en France, elle retrouve le romanesque dans la première version de Katia, sous la direction de Maurice Tourneur. Mais c’est surtout son époux Henri Decoin qui contribue à faire d’elle la première star française dans des comédies où Darrieux peaufine son image de jeune fille moderne et espiègle, de Retour à l’aube (1938) à Premier rendez-vous (1941), dans lequel elle fredonne la mélodieuse « Charade », en passant par Battements de cœur (1940). Le jeu à la fois sobre et enjoué de Danielle, parfois teinté de gravité (Abus de confiance), en fait une actrice au registre étendu. L’Occupation l’intronise vedette attitrée de la firme franco-allemande Continental (ce qui lui vaudra peu de problèmes à la Libération) et elle atteint le sommet de sa popularité.

L’apogée des années 50 pour l’une des plus grandes stars du cinéma français

Copyright Gaumont

L’après-guerre est un peu le creux de la vague pour Danielle Darrieux, en dépit de la jolie réussite d’Au petit bonheur de Marcel L’Herbier (1946), où son jeu est digne des grandes interprètes de la comédie américaine. Après Ruy Blas de Pierre Billon, adapté par Jean Cocteau (1948), elle retrouve le succès avec le brillant vaudeville Occupe-toi d’Amélie de Claude Autant-Lara (1949). Hollywood la sollicite à nouveau pour L’Affaire Cicéron de Joseph L. Mankiewicz (1952) : elle incarne une comtesse polonaise destinée à duper l’espion James Mason. Mais c’est surtout la rencontre avec Max Ophuls qui va faire d’elle l’une des actrices les plus prestigieuses du cinéma. Dans un sketch de La Ronde, en 1950, elle incarne avec brio une coquette qui trompe son mari ; dans l’épisode « La Maison Tellier » du Plaisir (1952), elle est la prostituée qui apporte un rayon de bonheur dans la journée de Jean Gabin ; dans Madame de…, en 1953, Ophuls lui offre son plus beau rôle, celui de Louise, comtesse frivole qui passe de l’insouciance superficielle au désespoir amoureux : L’actrice atteint le sublime dans ce qui est l’une des plus belles performances du septième art.

Elle retrouve son ex-mari Decoin pour La Vérité sur Bébé Donge (1952), sombre et magistrale adaptation de Simenon, dans laquelle elle joue une meurtrière froide et calculatrice. Parallèlement, elle poursuit sa carrière internationale et incarne la mère de Richard Burton (de huit ans son cadet !) dans Alexandre le Grand de Robert Rossen (1956). Darrieux est à l’apogée de sa carrière et a modelé son image de cinéma, celle d’une femme élégante et gracieuse, grave dans ses instants de bonheur et un brin ironiquement drôle dans ses moments tragiques. De cette brillante décennie des années 50, il faut aussi retenir sa composition de Madame de Rénal dans Le Rouge et le noir de Claude Autant-Lara (1954), et son rôle de résistante dans Marie-Octobre de Julien Duvivier, en 1959.

Une actrice culte qui se consacre aussi au théâtre, à la chanson et à la télévision

Les années 60 sont celles de la quarantaine et la comédienne trouvera de jolis succès au théâtre, où elle incarnera, jusqu’en 2003, des œuvres de Musset, Sagan, Feydeau, Colette ou Éric-Emmanuel Schmitt. En 1968, elle participe à un récital de chansons dans un cabaret parisien et remplace un an plus tard Katharine Hepburn à Broadway dans la comédie Coco : le public lui octroie une standing ovation. Au cinéma, La Nouvelle Vague ne la néglige pas : Claude Chabrol dans Landru (1963) ou Dominique Delouche dans 24 heures de la vie d’une femme (1968) lui donnent de beaux rôles de maturité, et l’actrice jouera avec enchantement les guest-stars dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967) ou Le Cavaleur de Philippe de Broca (1979). Dans le premier film, elle est la mère des jumelles Deneuve-Dorléac et la seule à chanter sans doublage. C’est d’ailleurs le même cinéaste qui sera à l’origine de son come-back dans le film culte Une chambre en ville, en 1982 : elle est à nouveau divine dans le rôle de la colonelle solitaire qui sous-loue une pièce à l’ouvrier Richard Berry. L’année suivante, Paul Vecchiali, son admirateur de toujours, lui offre un bel écrin avec le touchant et nostalgique En haut des marches, où elle se surpasse dans un crescendo émouvant.

Depuis, on retiendra ses compositions exquises dans des films où elle se meut avec aisance dans l’univers de nouveaux cinéastes : on a en mémoire la mère effacée et écorchée de Catherine Deneuve dans Le Lieu du crime d’André Téchiné (1986), la retraitée menant l’enquête dans Corps et biens de Benoit Jacquot (la même année), la mère calculatrice de Daniel Auteuil dans Quelques jours avec moi de Claude Sautet (1988), la sœur de Micheline Presle et Paulette Dubost dans Le Jour des rois de Marie-Claude Treilhou (1991), la malicieuse Eva dans Ça ira mieux demain de Jeanne Labrune (2000), l’aïeule déjantée de 8 femmes de François Ozon (2002), la mère sereine de Nathalie Baye dans Une vie à t’attendre de Thierry Klifa (2003), l’ancienne actrice de Nouvelle chance d’Anne Fontaine (2006), la douairière assassinée dans L’Heure zéro de Pascal Thomas, d’après Agatha Christie (2007) ou encore la voix de la grand-mère dans le film d’animation Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Elle tourne son dernier film en 2010 : Pièce montée de Denys Granier-Deferre, avec Jean-Pierre Marielle.

Danielle Darrieux a obtenu un César d’honneur, trois Victoires de la meilleure actrice du cinéma français, un Molière d’honneur, un 7 d’or, un prix collectif au festival de Berlin, un Globe de Cristal d’honneur et le Molière de la comédienne en 2003 pour Oscar et la Dame Rose. La Cinémathèque française avait organisé une rétrospective de ses films en 2009. Deux excellents ouvrages lui ont été consacrés : Danielle Darrieux, une femme moderne de Clara Laurent (éd. Hors Collection, 2017) et Danielle Darrieux : Stradivarius de l’écran de Jean-Noël Grando (éd. Un Autre Reg’Art, 2018).

Gérard Crespo

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Affiche (réédition) de Madame de... de Mac Ophuls

Bande-annonce de Une chambre en ville

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