Acteur et poète, Bernard Letrou est né en 1943 à Paris. Au cours des années 60, le jeune homme est invité à jouer dans quelques courts-métrages audacieux comme La vie brève de Monsieur Meuçieu (Jean-Denis Bonan, 1962), tandis qu’il incarne un nouveau Christ dans un autre court du même réalisateur intitulé Tristesse des anthropophages (1966). Plus professionnel que le précédent, ce second court est tout bonnement interdit de diffusion par la censure française.
De quoi attirer la curiosité de cinéastes de la marge comme Jean Rollin qui offre au poète le rôle masculin principal de Le viol du vampire (Jean Rollin, 1968), d’ailleurs monté par Jean-Denis Bonan. Le film fait scandale lorsqu’il sort dans les salles en plein cœur de mai 68. Pourtant, cela ne pousse pas Bernard Letrou vers une grande carrière d’acteur. Si on le revoit furtivement dans La petite vertu (Serge Korber, 1968) et qu’il tient le rôle du narrateur dans La femme bourreau (Jean-Denis Bonan, 1968), il disparaît ensuite totalement des écrans pour se consacrer à une carrière plus littéraire.
Bernard Letrou décède en 2011 des suites d’un cancer du poumon à l’âge de 67 ans.