Réalisateur, scénariste, producteur et monteur britannique, Ben Wheatley est né en 1972 dans la région de l’Essex en Angleterre. Il a débuté sa carrière en tant qu’animateur et réalisateur de petits courts-métrages. Puis, il a abordé la publicité, tout en continuant à livrer des courts programmes diffusés sur internet. Cela lui ouvre au milieu des années 2000 les portes de la télévision britannique où il réalise quelques épisodes de séries.
Débuts remarqués dans le cinéma indépendant
En 2009, il décide de passer au long-métrage en tournant en huit jours la comédie Down Terrace qui demeure inédite en France. Il revient à la télévision où il dirige notamment la star comique locale Steve Coogan. Mais c’est véritablement son deuxième film, le culte Kill List (2011) qui le révèle pleinement aux cinéphiles. Le long-métrage, inégal et très étrange, est une vraie bête de festival (il a notamment gagné le Grand Prix du jeune festival Hallucinations collectives), ce qui lui offre une sortie discrète en salles (pour un résultat de 22 990 curieux sur l’ensemble de l’Hexagone).
Après avoir signé d’autres téléfilms, il revient avec la comédie grinçante Touristes (2012) qui fait preuve d’un humour méchant jubilatoire. Le métrage enchante 66 855 spectateurs français et confirme la place de choix de Ben Wheatley au sein d’un nouveau cinéma britannique audacieux. La même année, le réalisateur est convié à la réalisation d’un court segment pour l’anthologie ABC of Death (2012). Puis, il retient encore l’attention avec une œuvre très originale en noir et blanc intitulée English Revolution (2013) qui est présenté en exclusivité à L’Etrange Festival mais qui ne trouve pas de distributeur en France.
La démarche du réalisateur semble se radicaliser et il poursuit dans cette veine étrange avec High-Rise (2015), adapté du roman complètement fou de J.G. Ballard. Le résultat est aussi inégal que déstabilisant. Ils n’ont été que 29 886 aventuriers du septième art à faire le déplacement.
Vers un public plus large…

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Après des choix aussi radicaux, Ben Wheatley semble vouloir toucher à nouveau le public et livre avec Free Fire (2016) un pur film d’action qui ne trouve que 11 159 clients en France. Ben Wheatley se lance ensuite dans le drame avec l’inédit Happy New Year, Colin Burstead (2018). En 2020, il accepte de tourner pour Netflix un remake de Rebecca avec Armie Hammer, preuve d’une volonté de toucher un public plus large.
Le réalisateur dingue de travail profite ensuite du confinement lié à la pandémie pour tourner le petit film In the Earth (2021) avec une équipe réduite dans une forêt isolée. Là encore, le métrage reste inédit dans nos salles. Au sortir de la pandémie, Ben Wheatley accepte contre toute attente de diriger un gros film de studio : En eaux très troubles (2023) lui permet de s’offrir le plus gros budget de sa carrière et une visibilité inédite. Une réorientation durable pour ce cinéaste en devenir ?